Les expériences et la vie dans les IFMK

Publié le 27 May 2022 à 14:23
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LES ENJEUX D’UN E-PORTFOLIO OU PORTFOLIO ELECTRONIQUE POUR UNE FORMATION PROFESSIONNELLE PAR COMPETENCES EFFICIENTE

L’un des points centraux de la réingénierie des formations paramédicales est la valorisation d’une pédagogie organisée dans une perspective socioconstructiviste qui valorise la co-construction des connaissances et des compétences plutôt que la transmission de savoirs. Cette approche pédagogique implique une circulation de l’information fluide et permanente entre les différents acteurs de la formation. Elle exige aussi de structurer l’évaluation des compétences professionnelles dans une dynamique interactive, en feedback permanent, que la seule succession chronologique des évaluations ne permet pas.

Quels sont les enjeux d’une exploitation performante des informations issues des évaluations des compétences ?
Organisée autour de l’objectif d’acquisition des dix compétences indispensables pour l’exercice du métier, cette approche valorise la réflexivité des trois acteurs de la formation, l’étudiant, l’institut de formation et les tuteurs de stage, et renforce la nécessité de leur coordination par une communication performante.

L’institut de formation, qui organise le parcours de formation, doit faire coincider le plus possible les apports de connaissances et les situations d’apprentissage favorables à la construction progressive des compétences, en tenant compte de l’évolution individuelle de l’étudiant. Ainsi, il doit être en mesure de suivre ce parcours très précisément, notamment dans sa partie pratique, afin de pouvoir réajuster aussi vite que possible le parcours de stage en cas d’insuffisances diagnostiquées.

L’étudiant doit, pour sa part, construire ses compétences en acquérant des savoirs multiples (savoirs théoriques, savoirs procéduraux, savoir-faire techniques, sociaux, cognitifs, etc.). C’est au travers des situations de stage qu’il a la possibilité d’exercer ses compétences progressivement. En effet, ce n’est que dans l’action qu’il activera ses savoirs, en s’adaptant à une situation donnée, et en analysant la pratique qu’il met en œuvre. Pour cela, il doit anticiper les situations de stage, définir des objectifs de formation et les éléments à travailler en les consignant par écrit. Il doit aussi bénéficier d’un retour d’informations sur ses actions, sur les capacités qu’il a développées et sur les éléments qu’il doit encore travailler.

Le tuteur de stage est lui le pivot de la formation dans l’approche par compétences, par l’accompagnement professionnel quotidien qu’il prodigue au stagiaire, particulièrement, en lui apportant le regard externe, critique et expert, qui lui permet d’avoir une démarche réflexique sur sa pratique et ainsi de l’améliorer. Son diagnostic sur les points forts ou les capaciLes expériences et la vie dans les IFMK Les enjeux d’un e-portfolio ou portfolio électronique pour une formation professionnelle par compétences efficiente tés à développer est essentiel pour adapter les objectifs de formation aux besoins particuliers de l’intéressé.

La communication entre les trois parties est donc fondamentale. Elle doit être efficace tant sur le plan de la pertinence et de la fiabilité des informations échangées que sur le plan de la rapidité et de la réactivité des échanges. En outre, les données rapportées par les trois acteurs doivent produire une représentation fiable de la progression de l’étudiant. C’est le rôle du portfolio, livret de suivi qui accompagne l’étudiant tout au long de son parcours de stages. Il trace les acquisitions progressives de ses compétences et doit attester en fin de formation la maîtrise des compétences indispensables à l’exercice du métier.

Les limites du portfolio papier
Les premières formations paramédicales réformées utilisent des portfolios sous forme de livrets papier. Or, à l’usage, il s’avère que ces outils sont d’une lourdeur importante tant pour les tuteurs qui les remplissent que pour les instituts qui les analysent, obligeant souvent à des recopiages ou à des photocopiages fastidieux. In fine, les informations manuscrites ne pouvant être traitées que de manière linéaire, elles n’offrent pas un reflet synthétique de la maîtrise des compétences acquises. Il est donc difficile d’en tirer des informations pertinentes pour garantir les acquisitions de compétences validant le diplôme.

C’est pourquoi, il nous semble stratégique de disposer d’un outil qui permette de suivre l’évolution de l’étudiant en stage et concoure à améliorer ses compétences grâce à une facilité d’utilisation, une rapidité d’accès à l’information et un traitement des informations pertinent.

L’alternative numérique : le portfolio électronique
L’enjeu est de créer un outil ergonomique qui favorise une représentation fiable des compétences de l’étudiant que la seule juxtaposition de données consignées dans un cahier n’autorise pas.

Un portfolio numérique ou e-portfolio peut aider à résoudre cette problématique. Basé sur le partage des informations produites par les différents acteurs par l’intermédiaire d’interfaces connectées, il permet de prendre connaissance des données en temps réel, de les avoir à disposition à tout moment et de suivre l’évolution des acquisitions. En outre, le traitement approprié des données recueillies au fur et à mesure du parcours de stages, peut permettre, grâce à des requêtes spécifiques, de fournir une image synthétique des compétences acquises ou des faiblesses récurrentes en vue de faire évoluer les objectifs de formation en stage.

En novembre 2012, nous avons sollicité l’INSUP (Institut supérieur de formation permanente)1 , qui avait, depuis 2010, déjà conçu de tels outils pour des publics de stagiaires divers, pour élaborer une maquette pour un e-portfolio destiné à la formation initiale des masseurs-kinésithérapeutes. L’idée étant de formaliser une proposition alternative, plus ergonomique et interactive que le portfolio papier, en vue de la mise en œuvre de la réforme des études en septembre 2013.

L’outil pédagogique est partagé entre l’Institut de Formation, les tuteurs encadrant les stages et les étudiants grâce à trois interfaces spécifiques, sécurisées par des codes d’accès personnalisés, et reliées entre elles.

Ce e-portfolio permet de suivre la progression des différents éléments de compétences au cours d’un stage, aussi bien pour l’institut que pour le tuteur et pour l’étudiant. Tous pouvant accéder à tout moment à toutes les évaluations et autoévaluations du stage en cours et des précédents stages.

Le stagiaire y fixe ses objectifs de formation, s’autoévalue avant le stage, pendant et en fin de stage. L’espace n’étant pas contraint, il peut effectuer autant d’autoévaluations intermédiaires que de besoin, en fonction de sa pratique en stage, de ses expériences, etc. Il peut aussi consigner au jour le jour des observations, des remarques, dans un espace personnel en forme de journal de bord, données qui lui seront utiles pour construire ses rapports de stage. De surcroit, toutes ses compétences seront incrémentées dans un CV évolutif et lui permettront de voir son capital professionnel se construire progressivement. Cette démarche valorisante le place d’emblée dans la dynamique du développement professionnel continu désormais exigé. En outre, une foire aux questions et une bibliothèque partagée lui permettront de bénéficier d’informations utiles apportées par l’institut et par les terrains de stage.

Pour le tuteur, le e-portfolio est un outil simple d’utilisation. Il facilite l’évaluation des compétences grâce à des menus déroulants ergonomiques et évite les doubles saisies. Le tuteur ayant accès au parcours de stages de l’étudiant (avec ses expériences spécifiques) et aux évaluations précédentes, peut mieux accompagner le stagiaire dans son évolution. Enfin, grâce à une banque de CV, il peut déceler de futurs collaborateurs.

Les données des évaluations renseignées par le tuteur étant directement rebasculées sur l’interface de l’Institut de formation, il n’y a aucune perte de temps ni d’informations. Le référent stages de l’Institut de formation en est informé en temps réel grâce à un système d’alerte par mail adressé de manière automatique.

Grâce à des requêtes appropriées, le e-portfolio permet d’analyser l’évolution des compétences, en générant des graphiques qui peuvent montrer leurs progrès au fur et à mesure des stages, en fonction des domaines de spécialités, ou encore de la population suivie. Il permet aussi de montrer de manière synthétique les compétences maîtrisées, ou, au contraire, celles non acquises ou non pratiquées. Ce traitement des informations est un atout indéniable pour une gestion fiable des dossiers en vue de la délivrance des ECTS et de la validation du diplôme. Pour ce faire, il faudra déterminer précisément les valeurs relatives des différents éléments de compétences pour pondérer les évaluations. Ce travail est encore à réaliser pour affiner la pertinence du portfolio.

A l’ère numérique, il semble incontournable de placer le suivi de l’acquisition des compétences, élément central de la réforme, dans un environnement qui permet d’optimiser la circulation des informations et le traitement des données pour le confort et l’efficience de tous les acteurs. C’est un challenge que nous devons réussir pour le futur très proche de la mise en place du nouveau référentiel de la formation des masseurs-kinésithérapeutes.

1 L’Institut supérieur de formation permanente est une association Loi 1901, créée en 1978 dont les missions sont d’accompagner les demandeurs d’emploi vers l’activité professionnelle ou le retour à l’emploi et de concevoir les formations et les outils pédagogiques de demain. En 2011, l’INSUP a créé en partenariat avec l’Association régionale des Missions Locales et la DIRECCTE d’Aquitaine un outil de Tutorat et Capitalisation des compétences (TCC), qui est un portfolio numérique par extranet sécurisé permettant de repérer et de capitaliser les compétences des jeunes en recherche d’emploi. C’est fort
de cette expérience que l’INSUP propose désormais cet outil à tous les professionnels.

Pour en savoir plus sur les portfolio et les e-portfolio, sur Internet : http://eduscol.education.fr/numerique/dossier/archives/portfolionumerique/notion-de-portfolio et http://www.robertbibeau.ca/portfolio.html#3 sites consultés le 5 septembre 2013.

Valérie LOZANO,
directrice de l’IFMK du
CHU de BORDEAUX

La génération Y, reflet d’un monde qui change
Intervention effectuée lors de la 3ème journée nationale du SNIFMK à LILLE, le 22 mars 2013.

Avec ce thème de la « génération Y », nous sommes au cœur de débats d’une société marquée par de profonds changements : crise de l’école, crise de l’autorité, crise de la légitimité politique, chômage des jeunes…

Nous allons évoquer la Génération Y, mais elle est très hétérogène, diverse. Diversité entre les jeunes des beaux quartiers, et les jeunes des banlieues et des zones rurales les plus pauvres, entre les fils d’ouvriers et d’employés (dont 3 sur 10 seulement atteindront la terminale) et les fils de cadres supérieurs (dont plus de 60 % rejoindront l’enseignement supérieur).

Cette jeunesse peut pourtant se catégoriser de façon globale sous le qualificatif de « génération Y » qui lui est souvent donné, à côté d’autres qualificatifs : e-génération ; génération WHY ?

Nous vous proposons des réflexions à partager, surtout pas des « recettes », des modes d’emploi.

Quelles sont les caractéristiques de cette GY ?

Quel écart s’est creusé entre les modes de vie de nos générations et cette GY ?

Peut-on encore envisager de transmettre d’une génération à la suivante des valeurs, des codes, des principes, une culture, un sentiment commun d’appartenance à un monde qui se poursuivrait ? Ou bien y a-t-il rupture, avec cette génération Y, de ce mode de transmission (ils sont sur une autre planète) ?

Comment les formateurs vivent-ils et travaillent-ils avec cette génération Y ?

Comment cette génération regarde-t-elle le travail et l’entreprise ?

Que pouvez-vous leur apporter ?

Que peuvent-ils vous apporter ?

Trois générations coexistent dans le monde professionnel
Dans l’entreprise, et au sein de nos établissements de formation supérieure, trois générations coexistent.

  • Les Baby Boomers : les idéalistes (1945-1965). Ce qui les caractérise :
  • La contribution à un bien commun (reconstruction après-guerre).
  • L’estime de soi et l’importance de sa carrière
  • L’Invention d’une société de consommation qui met en valeur la réussite sociale…
  • La valeur du travail qui procure développement personnel, respect et reconnaissance statutaire.
  • La Génération X : les sacrifiés (1965-1980) : X pour anonymat d’une génération consciente de son éclatement, confrontée à la crise de l’emploi, à l’émergence du sida, à Tchernobyl et qui prend conscience que le progrès n’est pas inébranlable.

Cette génération des « réseaux » humains voit dans le travail l’occasion de contribuer à un bien collectif et des possibilités de développement personnel.

  • Génération Y : les pragmatiques (1980-1996)

Le travail est pour eux source de dépassement de soi, d’autonomie, et ils y revendiquent flexibilité et besoin de diversité.

La génération Z arrive : elle est née et vit avec internet. Elle sera très marquée par la communication, les réseaux collaboratifs et les connexions, la créativité favorisée par des TIC très évoluées.

Génération Y : Tanguy ? Zapping ? Geek ?
La génération Y est donc constituée des jeunes nés entre 1980/1996. Ils sont en France 13 millions, soit 21 % de la population.

Différents noms lui ont été donnés :

  • Génération Tanguy, car elle quitte plus tard le domicile familial du fait du rallongement des études, du coût de l’immobilier, de la difficulté à trouver un emploi. On note même une certaine hésitation à quitter le monde de la jeunesse pour affronter les réalités de la vie adulte. La relation à la famille a changé. La voici dans une famille qui joue le rôle de filet de sécurité, qui est un lieu d’affection et d’aide économique, un espace plus tolérant que normatif. On est passé de la famille repère à la famille refuge.
  • Génération Kramer contre Kramer, car beaucoup sont les enfants de familles séparées et recomposées. L’autorité parentale y peine souvent à s’exprimer. Les croyances et valeurs y sont moins affirmées, beaucoup moins imposées que précédemment (négociation).
  • Génération Zapping, car elle se lasse vite, veut voir sans attendre les résultats attendus d’un effort particulier, et peut changer d’orientation dès les premières difficultés. Son rapport au temps s’inscrit plutôt dans l’immédiateté. Les enthousiasmes comme les déceptions sont éphémères. Les événements ne sont pas analysés et maturés mais immédiatement repris, relancés ou abandonnés.
  • Génération Geek, car elle est très présente sur le web et s’adapte sans difficulté à ces évolutions. On a pu parler de « digital native », et, avec une certaine inquiétude devant leur perméabilité à tout ce qui est sur le web, de « digital naïve ».
  • Génération friends ou Génération Tribu car elle partage beaucoup avec ses amis, notamment via les réseaux sociaux. C’est là qu’elle existe pour certains véritable- -ment, qu’elle s’y fait ses opinions, ses rencontres, y a ses « vrais » amis.
  • Génération rebelle, car elle remet en cause l’autorité, l’ordre établi et toute forme de hiérarchie qui n’a pas prouvé sa validité à ses propres yeux. C’est pourquoi on a pu également l’appeler « génération Why ». Le jeune de la GY aura de la difficulté à exécuter une mission dont il ne comprend pas l’utilité ou la raison ou si cette mission n’est pas directement contributive d’un projet partagé. D’une façon générale, dans la famille comme dans l’entreprise ou la vie associative, c’est un modèle de fonctionnement en réseau qui est admis, où l’autorité n’est jamais sacralisée.
  • Génération confort, par son souci de la qualité de vie, du salaire et des capacités qu’il donne à s’offrir plus que le nécessaire…. La GY veut conserver sa liberté de faire ce dont elle a envie.
  • Génération « j’y ai droit » car elle est convaincue d’être en permanence dans son bon droit quand elle revendique quelque chose.

Les quatre « i » de la génération Y
Ces définitions de la GY se résument par le concept des « quatre i » : Individualisme, Interconnexion, Impatience, Inventivité.

  • Individualisme : c’est la recherche de l’épanouissement professionnel et privé qui prime. Il s’agit de « se faire plaisir » dans la sphère privée et professionnelle. Les notions de « droits et devoirs » lui sont moins présentes à égalité de valeur que chez ses ainés.
  • Interconnexion, car la jeunesse vit dans le monde du numérique où les réseaux virtuels se superposent, voire remplacent les liens classiques de relations humaines. Elle n’a aucune crainte vis-à-vis de l’extension de ces nouvelles technologies
  • Impatience, car la GY semble vouloir tout, tout de suite. Elle peut mal comprendre de ne pas voir réaliser ses souhaits et ses attentes à court délai. C’est une génération de l’immédiateté, de l’image en rafale et fugace. Les formateurs ont en particulier la mission de lui apprendre à prendre du recul.
  • Inventivité, car cette génération, au demeurant très marquée par les effets de mode, sait s’affranchir des codes pour créer avec esprit de liberté. C’est une génération qui sera aussi plus marquée par l’esprit et l’envie d’entreprendre, par la création d’activités et d’entreprises.

Il faut également observer comme caractéristiques de cette génération :

  • Une sensibilité forte à l’écologie et au développement durable et responsable.
  • Un sentiment national peu marqué mais une réelle prise de conscience européenne (ils n’ont quasiment pas connu les monnaies nationales). Les étudiants participent de plus en plus à des programmes d’échanges européens
  • La conscience de vivre dans un monde incertain, aux équilibres politiques et économiques fragiles.

Elle avait quelques années lors de la chute du mur de Berlin, symbole de la fin d’un monde bipolaire marqué par la théorie de la dissuasion nucléaire. Elle avait 20 ans lors des attentats du 11 septembre, témoins d’un monde où, si les menaces ne sont plus aux frontières, la menace n’a plus de frontières.

  • Enfin, la GY est nourrie constamment d’informations et d’images venant du monde entier.

Nous consommons des informations tout le temps. Nous sommes passés d’une société des médias à une société de l’immédiat. C’est une possibilité de connaissances et de découvertes sans pareil. Mais les rafales de messages brefs et d’images cherchent souvent à attirer le regard et faire naître des émotions sans aller bien audelà. Ce sont l’émotion et le fugace qui l’emportent sur la compassion et le réfléchi.

Une génération déracinée ou libérée ?
Est-ce que pour la Génération Y, les ruptures constatées sont sources de déracinement, et donc d’errance, ou de liberté avec toutes les vertus attachées à ce mot ?

Seulement 1 % des jeunes de la génération Y sont élevés dans un milieu rural. Formidable changement par rapport à toutes les générations précédentes ! C’est la ville qui désormais crée la norme. La ville, animée mais aussi anxiogène, surpeuplée et pourtant si pleine de solitude.

Cette GY habite la ville. Elle y dispose d’une proximité de services et d’une variété d’opportunités culturelles et ludiques qu’ignoraient les générations précédentes.

Son espérance de vie tend vers quatre-vingt ans. Comment envisage-t-on la vie conjugale et de famille, les valeurs travail et loisir, la vieillesse, quand il faut voir si loin ?

Nous vivions jusqu’à présent d’appartenances géographiques ou sociologiques. Les grandes institutions jouaient le rôle de matrice républicaine : l’école et le service national, le maître d’école et l’officier, l’église, les partis politiques également « produisaient » du citoyen à partir d’une autorité que bien peu remettaient en cause.

Pas un jour désormais où ne sont cités la crise de l’autorité, la crise de l’école, la crise du politique, le manque de références basiques de certains jeunes. Si ces collectifs sont dilués au profit de l’individu, comment leur faire admettre que la société des hommes est avant tout collective, qu’elle doit être respectueuse de chacun mais que ce n’est pas la règle du « chacun pour soi » ?

Il ne faut pas enfin esquiver la question de la place de l’argent dans notre société, omniprésente dans l’environnement : jeux d’argent, publicités, achats en direct sur les sites internet, « exemples » que constituent les salaires de certains sportifs, acteurs ou grands dirigeants que cette GY est la première à aduler et/ou à jalouser.

Notre société de consommation incite au « toujours plus », aiguise les désirs et l’envie pour pousser à l’achat, promeut la vertu du profit.

On s’interroge de plus en plus, et surtout la Génération Y, sur la validité et la viabilité de ce modèle, probablement intenable sur le long terme, et trop provocant pour ceux qui en sont exclus pour ne pas susciter de remous sociaux.

Beaucoup de jeunes ont conscience des excès et des limites de notre modèle de société. Mais ils savent également qu’il faut savoir produire pour nourrir, financer pour développer. Ils comprennent qu’il n’y a pas de politique sociale sans économie solide. C’est pourquoi, de plus en plus parmi eux - nous pouvons en témoigner - réfléchissent sur les voies et moyens de poursuivre le progrès technique et la recherche du bienêtre matériel avec les notions d’équité, de partage.

De plus en plus s’engagent dans des actions de solidarité. Ils ne rêvent plus de révolution ou d’un monde parfait mais d’une société suffisamment bonne. De plus en plus regardent l’économie sociale et solidaire comme une économie porteuse de sens.

Au final - et c’est sans doute là une de ses caractéristiques essentielles - cette Génération se sent moins liée que nous l’étions par rapport à nos ascendants, aux principes enseignés.

Elle porte une exigence de liberté et, en même temps, elle souhaite participer aux décisions.

Elle est particulièrement à l’aise dans les démarches innovantes, elle aime sortir des cadres pour créer, entreprendre, apprendre, mais elle est un peu « perdue » si on ne lui donne pas de cadres, de repères.

L’enseignement supérieur sait-il s’adapter ?
On le voit bien depuis des années : la façon d’enseigner est complètement chamboulée et pas seulement par les innovations techniques et l’emploi des TIC. Alors que tous les savoirs sont disponibles instantanément, que devient le travail des formateurs ? On est loin des anciennes règles qui codifiaient la relation du sachant à l’apprenant. Le cours, qui permet d’apporter des connaissances, devient de plus en plus synthèse, analyse, explications, discernement, exercice pratique…

Avons-nous les procédés pédagogiques adéquats pour enseigner - éduquer - les jeunes d’aujourd’hui et les mettre de plain-pied dans le monde qu’ils connaîtront ?

Avons-nous une ambition d’éducation pas seulement technique, scientifique et professionnelle ?

Devons-nous prendre en charge également l’éveil de nos étudiants aux dimensions sociales, culturelles, spirituelles, de ce qui fera leur humanité ?

Autrement dit, comment l’enseignement supérieur peut-il mieux préparer les jeunes de la Génération Y ?

Selon l’AERES : « En France, le développement de compétences transversales, tout comme l’autonomie, la capacité à travailler en équipe, et l’esprit critique, n’est pas considéré, à tort, comme un objectif aussi important que la transmission des connaissances ».

En matière de pratiques pédagogiques, il nous faut revisiter quelques fondamentaux :

  • Continuer à promouvoir la vérité « universitaire » : cherchée, énoncée, débattue, pour éviter la culture patchwork, la pensée butineuse : apprendre à discerner…
  • Développer les études de cas, l’apprentissage par problème.
  • Apprendre à nos étudiants à percevoir la hiérarchie des informations qui sont disponibles sur les ressources électroniques, sur les bases de données.
  • Adopter les nouvelles méthodes pédagogiques.
  • L’enseignement à distance qui ouvre des perspectives totalement nouvelles sur la façon de dispenser un cours et sur le nombre d’étudiants potentiels.
  • Faire raisonner par construction, développer toujours plus l’approche co-disciplinaire d’un sujet, apprendre aux étudiants à décloisonner (en intégrant notamment les aspects éthiques, sociologiques, philosophiques, l’apport des sciences humaines).
  • Développer la formation humaine : prise de responsabilité, engagement désintéressé, vie et communication positive en groupe, leadership, ouverture aux mondes, mais aussi approche du développement durable et responsable.

Après tout, le plus important dans l’acte d’éducation, ce n’est plus seulement acquérir les seules compétences du programme officiel. C’est savoir dénicher, souligner et faire exprimer tous les talents, et accompagner les efforts faits par les jeunes pour développer ces talents.

Conclusion
Parler de la Génération Y, c’est parler de la jeunesse, et donc de notre responsabilité à son égard. C’est réfléchir à ce vers quoi nous voulons aller avec elle avant qu’elle ne tienne les rênes. C’est sans doute là la plus belle des missions de la formation et des formateurs.

C’est aussi l’occasion de se poser la question : quelles valeurs souhaitons-nous transmettre à cette génération ? On peut notamment lui proposer :

  • D’être innovante dans une économie de marché responsable et solidaire ;
  • De gagner de l’argent tout en contribuant au « bien commun » de la société ;
  • De savoir conjuguer innovation/créativité avec responsabilité économique et sociale et avec solidarité ;
  • De veiller à la communication entre les générations, au sein des équipes et dans toutes les organisations.

Francis DEPLANCKE
Directeur des relations extérieures
Université catholique de Lille

 

L’INDEXATION-TELEVERSEMENT DES MEMOIRES DE FIN D’ETUDES DANS KINEDOC.ORG

Une réponse concrète aux enjeux de la ré-ingénierie de la formation initiale et de développement de la masso-kinésithérapie en résonance avec l’intérêt croissant pour la littérature grise dans le monde.

Mots-clés : autoformation, auto-archivage mutualisé, documentation, indexation-téléversemement, Internet, Kinédoc, littérature grise, plagiat, solidarité internationale, universitarisation

Auteur : Paul LYONNAZ - Masseur-kinésithérapeute, co-fondateur et webmestre-coordonnateur de Kinedoc.org (A-P3M), Formateur intervenant à l’IFMK de Nantes (IFM3R), membre de l’association FORMATICSanté courriel : [email protected]

La recherche documentaire est une étape primordiale dans l’élaboration de cette production didactique qu’est le travail de fin d’études de masso-kinésithérapie. L’« universitarisation » de la formation initiale en masso-kinésithérapie en France, de surcroît à un niveau Master, réclame que l’étudiant soit de plus en plus acteur de sa formation. « Organiser la recherche d’informations à l’ère du numérique » est d’ailleurs l’un des 5 domaines de compétences du référentiel national du Certificat Informatique et Internet (C2i® niveau 1 v2) requises en fin de cursus licence dans l’enseignement supérieur [1]. A l’ère du numérique, savoir « s’étayer à la pensée des autres » [2] avec discernement, via la documentation professionnelle et scientifique et l’Internet, est désormais une compétence à part entière dans le cœur du métier de la MK. En termes d’ingénierie de formation, cela signifie que notre profession doit investir le champ de l’autoformation accompagnée et se donner les moyens de disposer de ressources formatives et éducatives adéquates. KINEDOC.org a été conçu pour répondre efficacement et gratuitement à de tels enjeux.

la littérature grise : un intérêt croissant dans le monde
Selon l’AFNOR1 , la littérature grise correspond à tout « document dactylographié ou imprimé, produit à l’intention d’un public restreint, en dehors des circuits commerciaux de l’édition et de la diffusion et en marge des dispositifs de contrôle bibliographiques » [3]. Exemples de littérature grise : rapports d’études ou de recherches, actes de congrès, mémoires et thèses, brevets, etc.

L’intérêt pour la littérature grise pour la recherche scientifique et l’éducation n’est pas récent, et il ne cesse de croître dans le monde. En 1992, naissait GreyNet International (www.greynet.org), organisme international dédié à la recherche et la formation sur la littérature grise dans lequel l’INIST-CNRS2 est partie prenante. En 2009, la 11ème conférence internationale de GreyNet à Washington était intitulée « The Grey Mosaic - Piecing it all together »3 [4]. Elle réunissait 57 organismes et 17 équipes de chercheurs et professionnels qui présentaient leurs travaux. L’université de Lille 3 et l’INIST avaient alors présenté les résultats d’une étude montrant que 74 % des archives ouvertes en France sont des « documents gris ». En 2001, GreyNet en partenariat avec l’INIST-CNRS a lancé le projet OpenGrey (www.opengrey.eu) : une base mutualisée de références bibliographiques multidisciplinaires et européennes sur l’Internet dédiée à la littérature grise. Elle comprend plus de 700 000 références mutualisées par 14 partenaires européens. Les documents intéressant la masso-kinésithérapie y sont cependant peu nombreux. Ce projet traduit cependant un mouvement global de valorisation des travaux de littérature grise.

En 2004, la célèbre revue internationale et scientifique Lancet a primé et publié un article consacré aux « effets inhibiteurs de la recapture de la sérotonine chez les enfants déprimés » [5]. Il s’agissait d’une analyse confrontant la revue systématique des données publiées versus les résultats non publiés (littérature grise) sur le bénéfice-risque de médicaments. Selon Denis Pouchain, membre du Conseil national des généralistes enseignants (CNGE), cet article a permis d’inverser le contenu des recommandations pour la pratique clinique que le National Institute for Clinical Excellence (NICE) - équivalent de la Haute Autorité de Santé (HAS) en France - s’apprêtait à émettre [5]. Cet exemple illustre d’une part l’intérêt scientifique de la littérature grise et d’autre part une certaine garantie par rapport à d’éventuels conflits d’intérêts puisque les contenus de littérature grise sont encore le plus souvent non marchands.

Les initiatives de mise à disposition en ligne de « documents gris » se multiplient mais la valorisation de la littérature grise nécessite une démarche structurée au risque de faire tomber les productions « dans les profondeurs du « web invisible» » [6]. « En France, les mémoires d’étudiants au niveau Master ne représenteraient que 0,1 % du contenu des archives ouvertes nationales » [6]. Même s’il réclame des efforts partagés, l’auto-archivage ou dépôt institutionnel via une plate-forme mutualisée est identifié comme le choix organisationnel le plus pertinent [6]. Il permet en effet de tendre vers une « gestion homogène et standardisée » des fichiers validés par un circuit de modération autogéré par le fait que le mémoire ait été soutenu, que sa version numérique est conforme à la version transmise au Jury pour la soutenance et qu’il respecte le secret médical, le droit d’auteur et la propriété intellectuelle [6].

Par ailleurs, outre le coût quasi nul de l’auto-archivage mutualisé grâce à l’indexation, il est avéré qu’un tel dispositif d’archives ouvertes contribue à la visibilité de l’institution porteuse, et en cohérence avec sa force de contribution. Le trafic de consultation d’une plate-forme mutualisée instaure en effet un cercle vertueux en termes de référencement et de visibilité des données sur l’Internet [6]. Enfin, la démarche de dépôt institutionnel dans une base documentaire commune répond à la nécessité patrimoniale de sauvegarde à long terme des documents avec l’apport de la numérisation-indexation en antériorité et au fil de l’eau.

En plus des actes de congrès, plus de 5000 mémoires sont déjà indexés dans KINEDOC.org, dont plus d’un tiers sont accessibles en téléchargement intégral direct et gratuit. Ces mémoires indexés représentent un tiers du fonds d’indexation de KINEDOC.org [7].

Cette possibilité de « référenciation »4 à la littérature grise, notamment pour les étudiants [6], les formateurs et les chercheurs, s’inscrit dans cette dynamique internationale que nous évoquions plus haut. Outre les données cliniques et professionnelles ainsi accumulées, l’engagement pérenne de l’ensemble des IFMK à indexer et téléverser les mémoires de leurs étudiants ouvre au minimum la perspective de travaux d’évaluation-recherche pour l’amélioration continue de la qualité de l’accompagnement des étudiants dans l’élaboration de leur mémoire. Les données qu’offre KINEDOC.org peuvent permettre des analyses approfondies d’échantillons de mémoires (thématiques, structures rédactionnelles, méthodes, plagiat). Faire de l’évaluation-recherche sur la production écrite non publiée en masso-kinésithérapie pourrait même devenir une thématique investie par les étudiants cadres MK notamment ?

A propos de la qualité des mémoires de fin d’études MK
Un des freins à l’indexation du travail écrit de fin d’études peut être l’appréciation de sa faible puissance scientifique, de ses défauts de rigueur, de réflexion et/ou de rédaction.

Le risque principal d’un filtrage ou de l’abstention de l’indexation selon quelques critères déterminés hors d’une politique nationale voire supranationale est d’amputer le patrimoine accessible de notre profession de données pouvant être importantes pour l’ingénierie de la formation, la démarche qualité de l’accompagnement du travail écrit de fin d’études voire la recherche. La part des cas cliniques est encore forte dans les travaux en France et aussi limitée soit-elle, la problématisation produite par l’étudiant dégrossit des terrains potentiels d’évaluation-recherche qui peuvent nourrir des travaux futurs. Ces travaux constituent une collecte de données cliniques émanant de situations réelles, de vrais patients (ce n’est pas rien), parfois mêmes des cas cliniques rares. Le formateur pourrait aussi y trouver un matériau didactique pour élaborer des situations-problèmes (études de cas, simulations, sujets d’examens, etc.). Enfin, au plan symbolique, le travail écrit de fin d’études constitue le premier acte écrit d’inscription dans la profession. L’indexer et le reconnaître comme appartenant au patrimoine du savoir en MK est un acte d’intégration et de confraternité qui a du sens.

A propos des risques du plagiat
Récemment, plusieurs scandales de plagiat ont été révélés dans le monde. En février 2011, la perte du titre de docteur et la démission du ministre de la défense allemand, Karl-Theodor Zu Guttenberg, en est un exemple fameux [9]. Sa thèse de doctorat en droit, soutenue en 2007, contiendrait 76 % de contenu plagié. Plus récemment, en Suisse, un professeur d’économie et vice-recteur de l’université de Fribourg a dû, lui aussi, remettre sa démission suite à la dénonciation de son plagiat à répétition [10]. Même des auteurs scientifiques de renom se voient épinglés pour des pratiques plus subtiles d’auto-plagiat, qui consistent à publier des portions entières d’articles antérieurs rédigés par le même auteur par ailleurs sans citer les références concernées [11]. Cette pratique visant à « asseoir ses idées » dans la communauté scientifique et professionnelle est grave, a fortiori si elle correspond à des conflits d’intérêts. La problématique du plagiat mobilise le monde universitaire et la blogosphère [12]. On peut citer notamment des sites comme www.archeologie-copier-coller.com ou www.plagiarism.org.

Selon une enquête sur les usages de l’Internet commandée par l’Université de Lyon en 2007 [13] sur un échantillon de plus de 1000 étudiants et enseignants en école d’ingénieurs :

  • Peu d’étudiants (4,8 %) avouent « bricoler un travail de dernière minute », avec les sources qu’ils ont « trouvées » ;
  • 1 professeur sur 2 pense que « les étudiants font ce qu’ils peuvent avec ce qu’ils trouvent » ;
  • 1 enseignant sur 4 pense que les étudiants ne font que compiler les sources trouvées lorsqu’ils effectuent des travaux de recherche documentaire ;
  • Internet est très majoritairement cité (9 étudiants sur 10) comme principale source de documentation ;
  • Les sources provenant d’Internet représentent en moyenne 65 % de l’ensemble des sources utilisées ;
  • En moyenne, les répondants déclarent que 25 % des travaux contiennent au moins un passage contenant du « copier-coller » depuis l’Internet ;
  • Près de 30 % des étudiants utilisent les travaux d’autres élèves comme « source documentaire » ;
  • 60 % des professeurs estiment que les citations ne sont pas convenablement identifiées dans les travaux des étudiants ;
  • 80 % des étudiants déclarent avoir recours au « copier-coller » ;
  • 9 enseignants sur 10 ont déjà été confrontés au « copier-coller » ;
  • 2 % des étudiants pensent que le plagiat est une pratique sans risque de sanction ;
  • 3 % des étudiants pensent que les professeurs « ne voient pas la différence » entre un document plagié et non-plagié.

L’Université Libre de Bruxelles (ULB) a opté pour un avertissement très clair à ses étudiants en rappelant sur son site Internet, dédié à ses archives et à ses bibliothèques, la définition du plagiat et les sanctions disciplinaires applicables (cf. Encadré n°1).

En droit français, le plagiat est assimilable à la contrefaçon [14] qui est reconnue comme un délit en référence à l’article L335-3 du Code de la Propriété Intellectuelle. Les dispositions pénales pour contrefaçon prévoient jusqu’à trois ans d’emprisonnement et 300 000 euros d’amende [15].

Le Conseil National de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche (CNESER) a sanctionné en mai 2011 un étudiant ingénieur en BTP, plagiaire dans son mémoire de fin d’études. Alors que l’étudiant appelait à la clémence au motif qu’il avait de bonnes notes dans son cursus, qu’il reconnaissait la bêtise de ses manquements et qu’il risquait de perdre son emploi, le CNESER a prononcé l’exclusion de l’Université de Limoges de deux ans et l’annulation de l’épreuve concernée par la fraude. Sans cette décision clémente en appel, cet étudiant aurait vu appliquer la première décision du conseil disciplinaire de l’Université de Limoges qui avait prononcé en exécution immédiate l’exclusion pour deux ans de l’établissement et l’annulation de l’ensemble des épreuves du Master [16]

Le simple rappel à la réglementation ainsi que des bonnes pratiques de la citation des références documentaires constituent une démarche nécessaire de prévention primaire du plagiat.

Les directeurs et tuteurs de travaux écrits portent par ailleurs la responsabilité de contribuer à détecter le plagiat en amont de la remise du mémoire. Il existe par ailleurs une offre gratuite et payante de logiciels de dépistage de similitudes ou logiciels « antiplagiat » [17].

Un livre blanc intitulé « Respecter le droit d’auteur, prévenir le plagiat » a été rédigé sous la direction de Christine Vaufrey (Thot Cursus®) et le fournisseur de solutions antiplagiat Compilatio® [18]. Rappelant que le plagiat constitue bien une fraude, le livre souligne qu’« il est plus facile d’interdire que d’autoriser », même si on sait que cela ne sera pas respecté. Les auteurs évoquent l’allégorie explicite qu’il ne viendrait à personne l’idée d’interdire la conduite automobile sous prétexte que beaucoup dépassent les limites de vitesse autorisées : interdire systématiquement l’exploitation de contenus (dont le « copier-coller ») sur Internet est tout simplement impossible. Par extension, limiter l’accès direct et intégral aux mémoires des étudiants sur l’Internet est une tentation compréhensible mais aussi dérisoire que paradoxale, alors qu’ils constituent une ressource éducative précieuse pour la communauté internationale des étudiants et plus largement des professionnels. Il faut aussi plus de temps et de ressources humaines pour traiter une demande d’accès à un document que pour le mettre à disposition en ligne en .PDF sur KINEDOC.org par exemple.

S’engager dans la démarche de mutualisation par l’indexation-téléversement des mémoires des étudiants MK dans KINEDOC.org

Enfin, KINEDOC.org intègre les valeurs de la solidarité internationale, des valeurs auxquelles les étudiants semblent tenir [19]. La Belgique, le Liban, la Suisse, le Maroc, l’Algérie, le Sénégal, Québec, etc. autant de diversités de savoirs à connaître et à reconnaître. Les instituts de formation en France doivent montrer l’exemple du partage pour recevoir en retour l’accès libre à un patrimoine international de la masso-kinésithérapie / physiothérapie francophone d’une richesse insoupçonnée. Gageons qu’au final, grâce à ce principe de co-développement solidaire, l’ensemble des patients confiés aux compétences des masseurs-kinésithérapeutes / physiothérapeutes francophones dans le monde en bénéficieront aussi. Indexer et téléverser, c’est contribuer au bien commun. Engagez-votre Institut ! (cf. encadré n°2).

REMARQUE : L’équipe de KINEDOC.org recherche des bénévoles pour participer à un nouveau chantier d’indexation qui s’est ouvert en 2012 concernant 800 mémoires numérisés des MCMK diplômés de l’IFCS Bois-Larris. Pour devenir contributeur, contactez Aymeric Le Neindre : [email protected]

Le plagiat - Extrait du site Internet de l’Université Libre de Bruxelles
“ Qu’est-ce que le plagiat ?
Le plagiat, c’est l’ « Utilisation des écrits d’autrui sans mention d’emprunt. » (1). Le plagiat constitue donc un vol, un pillage d’idées et de théories appartenant à d’autres : en évitant de mentionner de qui elles émanent, les fraudeurs se les attribuent donc, au détriment de leurs créateurs.

Concrètement, le plagiat, c’est :

  • « Copier textuellement un pas sage d’un livre, d’une revue ou d’une page Web sans le mettre entre guillemets et/ou sans en mentionner la source.
  • Insérer dans un travail des images, des graphiques, des données, etc. provenant de sources externes sans indiquer la provenance.
  • Résumer l’idée originale d’un auteur en l’exprimant dans ses propres mots, mais en omettant d’en indiquer la source.
  • Traduire partiellement ou totalement un texte sans en mentionner la provenance.
  • Utiliser le travail d’une autre personne et le présenter comme le sien (et ce, même si cette personne a donné son accord) » (2).

Comment s’engager dans la démarche d’indexation-téléversement des mémoires de votre institut ?
Participer est simple, gratuit et rapide. L’indexation-téléversement s’effectue directement via l’Internet et sous le contrôle et la responsabilité de chaque institut. Il suffit de prendre contact avec Aymeric Le Neindre à [email protected] pour procéder à l’ouverture d’un compte d’indexation avec les nom, prénom, adresse email du référent d’indexation désigné (indexeur) par votre institut (exemple : documentaliste). L’identifiant et le mot de passe qui vous sont retournés vous ouvrent l’accès à l’interface d’indexation en ligne qui est disponible 24/24h et 7/7j.

L’indexeur est accompagné selon une ergonomie facilitatrice et par des aides contextuelles à chaque étape du parcours d’indexation d’un document ; un administrateur d’indexation vous accompagne et répond aux questions. Une fois le dispositif appréhendé, l’opération d’indexation d’un mémoire prend 3 à 5 minutes. Le travail d’indexation est d’autant plus facilité que les données d’indexation (résumé, motsclés, etc.) et le fichier numérique compressé en .PDF (6 à 8 Mo Max préconisé) ont été soigneusement préparés et remis par les étudiants.

La règle de nommage du fichier du mémoire est la suivante :
[Ville-2013-NOMétudiant-thème].pdf
L’équipe de KINEDOC.org préconise de demander à chaque étudiant de fournir un seul .PDF du mémoire complet (annexes comprises) et un fichier texte (.txt, .rtf ou .doc) contenant le résumé et les mots-clés ordonnés par ordre alphabétique et séparés par une virgule. Il est suggéré l’idée que les délégués des étudiants de la promotion soient chargés de rassembler, classer et transmettre en une seule fois les supports au référent d’indexation de votre établissement. Si cela est fortement recommandé, il n’est cependant pas obligatoire de mettre en ligne le document intégral du mémoire; dans ce cas, seule sa notice descriptive est accessible aux internautes avec ou sans lien vers le document sur le site hébergeur, en accès libre ou restreint. De même certains IFMK demandent une participation financière pour accéder au texte intégral, dans ce cas le lien indiqué lors de l’indexation renvoie sur le site où la transaction peut être faite.

Une page web dédiée aux IFMK - http://ifmk.kinedoc.org - récapitule les données d’accompagnement en ligne pour le (ou les) responsable(s) d’indexation-téléversement des mémoires des étudiants. Vous y trouverez notamment :

  • Un modèle de contrat librement adaptable permettant la clarification de la gestion des droits de diffusion entre l’étudiant et l’IFMK (engagement du respect de l’anonymat et du secret médical, autorisation de diffusion, etc.) ;
  • L’accès au mode opératoire et aux recommandations d’indexation-téléversement (format, taille et nommage du fichier, etc.) ;
  • L’accès à des outils et supports d’aide à la compression et compilation en PDF ;
  • Un récapitulatif des points que nous avons évoqués plus haut dans cet encadré. Une nouvelle version de KINEDOC.org est en cours de développement. Elle permettra notamment l’import de notices de référencement bibliographique au format UNIMARC et selon le protocole OAI-PMH. Il existe une page dédiée aux questions fréquentes - http://faq.kinedoc.org - et vous pouvez à tout moment obtenir des informations et un accompagnement spécifiques en écrivant à [email protected].

Références :

  1. Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche. Certificat Informatique et Internet de l’Enseignement supérieur. Bulletin officiel n°28 du 14/07/2011 - URL : http://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/pid20536/bulletin-officiel.html?cid_bo=56848 - Consultée le 11/02/2013.
  2. VIAL M. Itinéraire de recherche. URL : http://www.michelvial.com/html_mv/itineraire_recherche_mv.html - Consultée le 11/02/2013
  3. Wikipedia - Littérature Grise – URL : http://fr.wikipedia.org/wiki/Littérature_grise - Consultée le 11/02/2013.
  4. PROST H, SCHOPFEL J, STOCK C. The Grey Mosaic - Piecing it all together – 11th International Conference on Grey Literature, Washington, USA, 2009 : URL : http://archivesic.ccsd.cnrs.fr/sic_00601556_v1/ - Consultée le 11/02/2013.
  5. Whittington CJ, Kendall T, Fonagy P, Cottrell D, Cotgrove A, Boddington E. Selective serotonin reuptake inhibitors in childhood depression: systematic review of published versus unpublished data (Effets des inhibiteurs de la recapture de la sérotonine chez les enfants déprimés revue systématique des données publiées versus les résultats non publiés). Lancet 2004 ;363 :1341-5. / Référence citée dans l’article en ligne. HUE B. Les pièges des bonnes pratiques médicales. URL : http://droit-medical.com/perspectives/6-la-forme/36-pieges-bonnes-pratiques-medicales - Consultée le 11/02/2013.
  6. MANN V. La valorisation des mémoires des étudiants sur une archive ouverte institutionnelle : un fonds et un contexte spécifique. Mémoire de stage. Master 1, mention Information, Communication, Documentation. Université Lille 3 Charles-de-Gaulle, UFR IDIST, 2010 : 18, 21-3, 27-8, 44-55.
  7. LYONNAZ P. Kinedoc.org récompensé par le prix Coup de cœur du jury de l’Université d’été de la e-santé. Kinesither Rev 2011;(117):4-14
  8. VIAL M, CAPARROS-MENCACCI N. L’accompagnement professionnel ? Méthode à l’usage des praticiens exerçant une fonction éducative. Ed. De Boeck Université, Bruxelles, 2007 : 190-246.
  9. fr. Le titre de docteur retiré au ministre allemand accusé de plagiat. 23/02/2011 - URL : http://www.lemonde.fr/europe/ article/2011/02/23/le-titre-de-docteur-retire-au-ministre-allemand-accuse-de-plagiat_1484411_3214.html - Consultée le 11/02/2013
  10. AUDETAT M. Un prof de l’Uni de Fribourg plagie à répétition. Le Matin Dimanche, Le Matin.ch, 16/07/2011 – URL : http://www.lematin.ch/actu/ suisse/l’universite-de-fribourg-un-vice-recteur-plagie-repetition-0 - Consultée le 14/12/2011.
  11. GEDDA M. Publications de T. Papo et A.C. Siegrist. Analyse méthodologique. Association E3M. Février 2011. PDF en ligne : 16 pages – URL : http://myofasciite.fr/Contenu/Divers/AnalyseGeddaSurPapoSiegrist.pdf - Consultée le 11/02/2013.
  12. MANAC H. E. Universitaires et blogueurs, ils traquent le plagiat sur le Net. Rue89.com, 26/11/2010 – URL : http://www.rue89.com/2010/11/26/ universitaires-et-blogueurs-ils-traquent-le-plagiat-sur-le-net-177441 - Consultée le 11/02/2013.
  13. SIX DEGRES, SPHINX DEVELOPPEMENT. « De la documentation… au plagiat ». Enquête sur les usages de l’Internet à l’Université de Lyon. Septembre 2007 – URL : http://www.compilatio.net/files/sixdegres-univ-lyon_enquete-plagiat_sept07.pdf - Consultée le 11/02/2013.
  14. net - Plagiat et contrefaçon. URL : http://leplagiat.net/Page047.html - Consultée le 14/12/2011
  15. République Française – Article L335-3 du Code de la propriété intellectuelle – URL : http://www.legifrance.gouv.fr/affichCodeArticle.do?idArticle= LEGIARTI000020740345&cidTexte=LEGITEXT000006069414 – Consultée le 11/02/2013.
  16. Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche. CNESER. Sanctions disciplinaires. Bulletin officiel n°41 du 10 novembre 2011. URL : http://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/pid20536/bulletin-officiel.html?cid_bo=58194&cbo=1 - Consulté le 11/02/2013.
  17. DUTEILLE O. Comparatif Logiciels anti-plagiat. Etude 2007. Maj : nov.2010 – UPPA CRATICE – PDF en ligne – URL : https://webcampus.univpau.fr/fichiers_webcampus/divers/Logicielsantiplagiat.pdf - Consultée le 11/02/2013.
  18. VAUFREY C. Respecter le droit d’auteur, prévenir le plagiat. Un livre blanc réalisé à partir des articles de Thot Cursus. Compilatio.net, Cursus.edu. PDF en ligne : 84 pages - URL : http://cursus.edu/media/upload/livre-blanc-plagiat-final2.pdf - Consultée le 11/02/2013.
  19. FNEK - La Solidarité internationale : ça te parle ? BDK n°25, Octobre 2011 : 21 – En ligne - URL : http://www.fnek.fr/sites/default/files/bdk25.pdf - Consultée le 11/02/2013

Article paru dans la revue “Syndicat National de Formation en Masso-Kinésithérapie” / SNIFMK n°4

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Publié le 1653654209000