Le SYNGOF vous informe : État des lieux de la gynécologie médicale

Publié le 13 May 2022 à 23:40
#Gynécologue-obstétricien

En 2018, on recensait 82 postes par an aux ECN (épreuves classantes nationales) contre 20 par an entre 2003 et 2008. Nous vous présentons ici la synthèse d’une étude réalisée par Alice BIALOT, Trésorière de l’AIGM1

ELISABETH PAGANELLI**

Pour rappel, la filière gynécologie médicale qui avait été fermée en 1987, fut réouverte en 2003 sous la forme d’un DES suite au combat du Comité de Défense de Gynécologie Médicale (CDGM), du soutien d’universitaires, de sociétés savantes de gynécologie médicale et de personnalités politiques.

Aujourd’hui, la spécialité gynécologie médicale est essentiellement tournée vers l’exercice libéral (80%). Les praticiens sont accessibles pour toutes les femmes. La spécialité bénéficie d’une prise en charge personnalisée tout au long de la vie, axée sur la prévention, le diagnostic, les soins, la surveillance, et porte une attention particulière à certaines étapes importantes de la vie : l’adolescence, l’instauration de la contraception, la grossesse, la ménopause.

Une pénurie de praticiens
Cette pénurie est la conséquence logique de 16 années, entre 1987 et 2003, sans former de gynécologues médicaux.
Ainsi, on comptait 1 136 praticiens (libéraux et salariés) au 1er janvier 2017 pour 28 millions de femmes en âge de consulter, 62% d’entre eux ayant plus de 60 ans. En dix ans, 809 gynécologues sont partis à la retraite et n’ont pas été remplacés, soit une baisse de 42%2. En 2018, 6 départements n’ont plus aucun gynécologue médical, 16 n’en ont plus qu’un seul2.

Réforme de l’internat de gynécologie médicale en 2017
L’action du CDGM a permis la création d’un DES en 2003. En 2017, l’internat a été réformé. La formation de 4 ans initialement articulée en 8 semestres s’effectue désormais en 3 phases réparties sur 4 ans : Phase socle (un an) : 1 semestre en gynécologie obstétrique et 1 semestre en gynécologie médicale / endocrinologie / oncologie / médecine de la reproduction.
Phase d’approfondissement (2 ans) : 1 ou 2 semestre(s) en gynécologie obstétrique, 2 semestres en gynécologie médicale / endocrinologie / oncologie / médecine de la reproduction, 1 stage libre.
Phase de consolidation (1 an) : 1 stage de 1 an ou 2 stages de 6 mois.
Elle donne l’accès à de nombreuses formations supplémentaires :
• DU et DIU (DIU d’échographie pelvienne et obstétricale, DIU de contraception, DIU de gynécologie de l’enfant et de l’adolescente, DIU de colposcopie, DU d’hystéroscopie, DIU de pathologie mammaire…).
• DESC (FST à partir de la réforme de l’internat) : Cancérologie, Médecine et Biologie de la Reproduction - Andrologie, Médecine légale et expertise médicale - Préjudice corporel.
Mais aussi à l’activité de recherche (Master, Thèse de sciences, dans des domaines variés : hormonologie, reproduction, carcinogénèse, génétique, imagerie, pharmacologie…) et à des activités Post-internat : clinicat, assistanat.

Un nombre d’inscrits en DES en forte augmentation
Nous sommes passés de 20 postes par an aux ECN entre 2003 et 2008, à 82 postes en 2018 (contre 66 prévus au JO).
En 2018, on recensait 320 anciens internes de GM. Sur les 260 dont les données sont disponibles :
• 181 DESC (69,6%), oncologie, PMA, médecine légale.
• 37 Master 2 (14,2%).
• 14 Thèses de sciences (6%).
• 233 post-internats (89,6%) dont : 58 clinicats (25%) et 102 assistanats partagés (44%), 82 assistanats spécialistes (35%).

A l’issue de leur internat, 136 exercent en activité libérale (52,2%), 70 en PH (26,9%) et 4 en MCU-PH et 2 PU-PH (2,3%).
A noter que le DESC d’oncologie qui donne accès à des postes de CCA et AS est bien moins populaire que le DESC de PMA chez les gynécologues médicaux : validé par 24 anciens internes, 15 en cours, 9 en projet.

Article paru dans la revue “Syndicat National des Gynécologues Obstétriciens de France” / SYNGOF n°116

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