Le point sur la recherche : La lettre de la SFRP à l’AJP

Publié le 1651846200000

La Société Francophone de Recherche en Pédiatrie (SFRP), composée de pédiatres de tous horizons qui essaient de concilier au quotidien pratique clinique et recherche, a pour objectifs de valoriser l’activité de recherche au sein de la pédiatrie, et de fournir aux plus jeunes, ville par ville et spécialité par spécialité, des conseils pratiques pour réussir au mieux leurs projets de recherche. Un des mots clé de la recherche est en effet l’anticipation : anticipation de l’année consacrée au projet, anticipation de la recherche des financements, etc.

Pour cette première lettre de la SFRP dans la lettre de l’AJP, nous sommes heureux de vous présenter une brochure intitulée « Guide de la recherche pour le jeune clinicien » qui est disponible en accès libre sur le site de la Société Française de Pédiatrie, ainsi que les résumés des deux travaux de juniors ayant obtenu le prix de la SFRP lors du congrès de la SFP 2011. Comme ce prix est renouvelé de manière annuelle, à vos crayons ! Et surtout, n’hésitez pas à aller visiter notre site internet si vous cherchez des infos complémentaires ou les noms de vos référents par spécialités et par villes…

  1. Aider le jeune clinicien à affronter les difficultés inhérentes à un premier projet de recherche : l’exemple d’une brochure explicative (Justine Bacchetta, Lyon)

La recherche fait partie intégrante de la démarche médicale, qu’elle soit au lit du malade ou sur la paillasse. Si elle est une composante fascinante et passionnante du métier de médecin, les chemins qu’elle emprunte et qui y mènent peuvent parfois être longs et semés d’embuches administratives, pratiques et financières. La mise en place d’un projet de recherche peut ainsi être difficile et déroutante pour un jeune clinicien.

Nous avons ainsi rédigé une brochure d’information pour les jeunes cliniciens désireux d’entreprendre un projet de recherche, qu’il soit clinique ou fondamental, en abordant les différentes étapes obligatoires de la réalisation d’un projet de recherche, de l’idée initiale jusqu’à la publication finale des résultats.

Dans ce document sont abordé les différents types de recherche existants, les étapes clé de la conception du projet de recherche (choix d’une thématique de recherche, recherche d’un laboratoire d’accueil, recherche bibliographique, écriture du projet/protocole de recherche, recherche d’un financement personnel et recherche d’un financement pour le projet) ainsi que les étapes clé de la réalisation du protocole de recherche (réalisation pratique du projet au laboratoire, recueil et saisie des données, analyse statistique, présentation des résultats en congrès et publication des résultats). Les aspects éthiques et légaux de la recherche clinique et animale sont également détaillés, avant de proposer une vue d’ensemble du cursus hospitalo-universitaire. En annexe, une fiche spécifique à la pédiatrie (avec les principales dates de congrès et les facteurs d’impact des principales revues de la spécialité) est proposée.

Nous espérons ainsi pouvoir apporter une aide initiale aux jeunes cliniciens futurs chercheurs. Cette brochure est disponible en libre accès sur le site de la Société Française de Pédiatrie.
http://www.sfpediatrie.com/professionnels-de-sante/recherche-prix/fondations-portails-guides.html

  1. Le prix de communication orale de la SFRP 2011 : Identification de mutations du gène KIF7, homologue de Costal2, dans les syndromes hydrolethalus et acrocalleux (Audrey Putoux, Lyon)

Les syndromes hydrolethalus (HLS) et acrocalleux (ACLS) sont des pathologies polymalformatives autosomiques récessives caractérisées par l’association d’une polydactylie et d’anomalies cérébrales. Seuls les cas finlandais de syndrome HLS sont expliqués par une mutation fondatrice du gène HYLS1. Nous avons entrepris d’identifier le(s) gène(s) en cause dans ces 2 pathologies. Nous avons ainsi étudié une famille consanguine d’origine algérienne comportant 4 foetus atteints d’HLS et 7 patients présentant un syndrome ACLS. Nous avons entrepris une étude de liaison génétique par puces Affymetrix 250 K puis une approche gène candidat.

Nous avons ainsi identifié des mutations du gène KIF7 chez tous les individus atteints. Nous avons montré une dérégulation des cibles de la voie Sonic hedgehog (SHH) et une baisse de la forme répressive de GLI3 ainsi que des anomalies de la longueur du cil primaire chez des patients mutés. KIF7 est également un modificateur potentiel du phénotype d’autres ciliopathies. Au total, notre étude a identifié KIF7 comme le gène responsable d’un phénotype extrême définissant le deuxième locus d’HLS et le premier gène impliqué dans le syndrome acrocalleux. Nous avons démontré le rôle de KIF7 dans la voie SHH chez l’homme.

  1. Le prix de poster de la SFRP 2011 : Variabilité du rythme cardiaque et douleur chez l’enfant. (Justine Avez-Couturier, Lille)

La variabilité du rythme cardiaque permet d’étudier le système nerveux autonome. AUCmin (Physiodoloris TM), calculé à partir d’une série RR sur un simple ECG, est lié au tonus parasympathique et reflète la balance analgésie/nociception chez l’adulte anesthésié (Logier, 2006). Nous avons étudié son application chez l’enfant conscient en réalisant une étude prospective non interventionnelle chez des enfants au cours d’une douleur procédurale (biopsie musculaire sous sédation), après consentement. AUCmin était moyenné sur 300 sec en : T1 avant lidocaïne, T2 après lidocaïne, T3 avant incision, T4 après incision. La douleur était évaluée par le score FLACC à T4. Les résultats étaient comparés avec le test de Wilcoxon (p<0,05 pour significativité). Au total, 28 enfants ont été inclus (0,5-17 ans ; médiane 6 ans) ; AUCmin a diminué significativement entre T1 et T2 (p=0,01), ainsi qu’entre T3 et T4 (p=0,008). En T4, AUCmin discriminait les patients douloureux (FLACC≥4) ou non avec une aire sous la courbe ROC de 0,79. En conclusion, la diminution d’AUCmin après stimulation nociceptive pourrait permettre de repérer une douleur chez un enfant non communicant, mais les seuils exacts restent à déterminer. Les limites de l’étude sont le faible nombre de patients, l’influence de la sédation, et la ventilation non contrôlée.

Justine Bacchetta pour la SFRP
justine.bacchetta@chu-lyon.fr

Article paru dans la revue “Association des Juniors en Pédiatrie” / AJP n°05

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