La recherche universitaire : les enseignants chercheurs

Publié le 27 May 2022 à 13:03
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En France, une part de la recherche est réalisée par les universités, de par leur double rôle de recherche et de formation. Ces fonctions sont réalisées par du personnel enseignant qualifié : les enseignants chercheurs.

Qu’est ce qu’un EC ?
Un enseignant chercheur est un personnel salarié de la fonction publique exerçant dans une université. Il s’agit d’une personne dont la qualification donne lieu à deux types d’obligations : enseigner et faire de la recherche. On retrouve deux statuts d’enseignants chercheurs en France : Les Maîtres de Conférence Universitaires (MCU) & les Professeurs Universitaires (PU).
“Les enseignants-chercheurs sont, soit maîtres de conférences, soit professeurs des universités. Ils ont la double mission d'assurer le développement de la recherche fondamentale et appliquée et de transmettre aux étudiants les connaissances qui en sont issues.”
http://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/cid56329/les-personnels-de-la-recherche.html

Pour pouvoir prétendre à un poste de MCU ou de PU au sein d’une université, il faut tout d’abord être qualifié par le Conseil National des Universités qui délivre alors une agrégation permettant d’exercer sur les deux versants exposés au dessus.
Les PU sont d’anciens MCU ayant obtenus une Habilitation à Diriger la Recherche et ayant ensuite été qualifiés en tant que PU par le CNU.

Le CNU : Organe de gestion des Enseignants Chercheurs en france
Le Conseil National des Universités est une instance officielle nationale dont le but est de gérer les qualifications, les recrutements et la carrière des enseignants chercheurs en france. Il fournit les agrégations, normalise et uniformise le niveau et la qualification des enseignants chercheurs.
Le CNU s’organise en groupes, eux mêmes divisés en sections relatives aux différentes disciplines de recherche. Ces sections peuvent elles-même être divisées en soussection. On retrouve actuellement 11 groupes et 52 sections au sein du CNU. Par conséquent, il est possible de savoir dans quel domaine de compétence chaque enseignants chercheurs est qualifié.
La Commission permanente du Conseil national des universités est un regroupement des bureaux de chaque section de CNU et veille à la coordination entre les différentes disciplines et le respect des critères et procédures inhérents aux rôles du CNU. Chaque section de CNU va être en charge de la qualification des EC qui y postulent. Pour cela ils définissent des critères auxquels les postulants doivent répondre pour pouvoir obtenir la qualification. Pour devenir EC au sein d’une université, il faut donc candidater aux postes disponibles en ayant au préalable été qualifié dans la section (ou sous section) relative au poste voulu.

Cas particulier du CNU Santé
Le CNU Santé est une composante du CNU mais qui n’est pas comptée dans les groupes et sections précédemment citées. Ce CNU Santé gère en effet les qualifications, recrutement et carrière des EC mais de 3 disciplines de santé : le médical, l’odontologie et la pharmaceutique.
Ces 3 disciplines sont aussi divisées en section et sous section, cependant le statut des enseignants chercheurs qui y sont qualifié n’est pas exactement le même que le statut des autres EC.
Ces statuts sont ceux de PU PH et de MCU PH, respectivement, Professeur universitaire Praticien hospitalier et Maître de conférence universitaire Praticien Hospitalier. Ces statuts ne sont réservés qu’à ces 3 disciplines faisant donc une exception du CNU Santé.  
Ce statut d’EC a donc une composante supplémentaire que n’ont pas les autres disciplines, il s’agit de la clinique. Ce statut mixte, autrement appelé bi-appartenant car ils sont sous la double tutelle des ministères de l’enseignement supérieur et de la santé (en opposition au statut mono appartenant des autres EC qui ne sont que sous la tutelle du ministère de l’enseignement supérieur) montre donc une possibilité pour des enseignants chercheurs d’être en lien avec la clinique, nécessité pour les professionnels de santé voulant faire de la recherche. Ce statut mixte est intrinsèquement lié aux professions de santé. En effet, la santé est un domaine multifactoriel complexe prenant en compte de nombreuses compétences qui interagissent entre elles.

Les enseignants chercheurs en Masso-Kinésithérapie

L’enseignant chercheur est par sa définition un professionnel qui va enseigner et faire de la recherche. Mais son expertise et ses actions ne sont pas obligatoirement limitées à ces deux domaines. Le professionnel peut en effet conserver une pratique clinique dans son domaine de compétence. Cependant, son temps d’action n’est alors par définition pas plein.
Le statut d’EC n’est en aucun réducteur vis à vis de la pratique et des compétences pratique des porteurs de ce titre. Cependant, leur temps étant répartis entre de multiples activités nous pouvons nous questionner sur la pertinence de leur compétence face à des cliniciens stricte. Il serait néanmoins possible et sûrement nécessaire de recourir à l’emploie d’EC pour la réalisation des cours théoriques au sein des IFMKs.
En effet, leur expertise dans leur domaine, couplé à leur connaissance et compétence en recherche, leur donne une place de choix à l’enseignement des cours théoriques, notamment pour mettre en lien leur vision scientifique sur ces thématiques avec leur pratique passé ou présente et la recherche dans leur domaine.
A l’heure actuelle il n’est pourtant pas possible d’être enseignant chercheur en masso-kinésithérapie. En effet, comme nous l’avons dit la gestion de la carrière des EC est gérée par le Conseil national des universités. Or il n’existe pas de discipline ou de section du CNU dédié à la masso-kinésithérapie.
Cependant, il existe des masseurs-kinésithérapeutes enseignant-chercheur. Pour cela, ils ont donc dû être qualifié par le CNU dans une section existante, comme par exemple en biomécanique, neurosciences ou sciences de l’éducation, selon le domaine de leur travaux de recherche.

Les futures sections en science paramédicales
Avec l’intégration universitaire des formations paramédicales et maïeutiques, il a été lancé par le gouvernement un travail sur la création de sections dans ces disciplines au sein du CNU Santé (dont la masso-kinésithérapie).
Ce travail devrait aboutir sur la création de 3 sections pour les filières : Sciences infirmières, Maïeutique, Sciences de la réadaptation et de la rééducation.
La création de ces sections sera une grande avancée pour la recherche dans les formations paramédicales et pour la Masso-Kinésithérapie !
Les EC pourront alors être qualifiés au sein d’une section correspondant à leur domaine de recherche et n’auront donc plus besoin d’aller chercher ces qualifications dans les sections déjà existantes et parfois moins en accord avec notre profession. Cela ne les empêchera pour autant pas de le faire et même d’être qualifié dans plusieurs sections. Il sera aussi possible pour ces EC de cumuler une activité de recherche et d’enseignement attribuée à ce poste avec une activité clinique.

Conclusion
Les EC sont donc amenés à être de plus en plus nombreux dans le domaine de la masso-kinésithérapie.
A l’heure du développement de la recherche au sein de notre profession et de son universitarisation, il reste cependant à déterminer quelle place prendront ces EC dans la formation initiale et ceci dans le cadre où notre formation est en cours d’universitarisation. 

Article parue dans la revue “Le Journal des Étudiants Kinés” / BDK n°50

Article paru dans la revue « Syndical Général des Médecins et des Professionnels des Services de Santé au Travail » / CFE CGC n°54

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