La psychomotricite au-dela de nos terres

Publié le 07 Sep 2023 à 09:34
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L’humanitaire… les doigts dans l’nez ?

Partir est facile : les mots « humanitaire », « aider », « donner », « orphelinat », en feraient rêver plus d’un. On en discute autour de soi, on refile des goodies à toute personne connue ou inconnue que l’on croise, on s’invente un roman sur comment ce sera là-bas, qu’est-ce qu’on y fera. On s’entend dire « Quel courage… », « Profites en, cela va être une expérience EXTRAORDINAIRE !! ».

Revenir est plus difficile. A la question « alors, comment c’était ??!! », on répond : « heu, c’était… bien ! ». La tête pleine de contradictions, on se demande comment résumer 7 semaines de voyage dans une nouvelle culture, avec de nouvelles personnes, et avec des bébés et des enfants pour la plupart en grande détresse physique et psychique. A qui en parler ? Comment expliquer aux autres ce qu’on n’arrive pas bien à comprendre soi-même ? Comment expliquer qu’on est un peu… perdu ?

La réponse viendra sans doute avec le temps. L’humanitaire est une expérience riche, inévitablement, qui est vécue par chacun différemment. Elle nous fait nous poser des questions, sans doute encore plus si on est jeune, et même si on a préparé, pendant un an, ce voyage. Pourquoi on part, on le sait plus ou moins : je veux aider, je veux rencontrer, je veux découvrir, échanger. Il n’empêche que sur place, la réalité prend le dessus : 150 bébés et enfants à aider, c’est impossible. Plus de 40 nourrices à apprivoiser, face aux représentations qu’elles se font de la France, pays riche où les gens sont heureux, face à leurs représentations de ces étudiantes en psychomotricité qui viennent « squatter » leur lieu de travail, « leurs » bébés, qui viennent donner des bons conseils, voir les espionner pour faire un rapport à leur directrice… c’est difficile ! Il a fallu du temps pour leur expliquer que nous venions les aider à comprendre les enfants, en les respectant et en leur donnant un petit temps d’attention sincère chaque jour, à s’organiser pour les temps de repas (moments de déplaisir pour tout le monde, passé dans les cris et l’énervement), mais aussi pour échanger sur nos deux cultures, nos façons différentes de voir les enfants. Nous avons gagné leur confiance centimètre par centimètre, comme celle des enfants d’ailleurs. Nous nous en sommes rendu compte, de cette confiance installée, la semaine où il fallait déjà se dire au revoir…

Pourtant, à force d’en discuter tous les jours en équipe, nous nous sommes rendues à l’évidence : si les nourrices se sont rendu compte que Mohamed Rahani et Arij commençaient à marcher, et que tous les jours, elles ont pris l’initiative de leur faire faire quelques pas, en les félicitant à coup de « sahiiiiiid » (le bravo tunisien), c’est quand même un peu grâce à nous !!

Si Maram va un peu moins dans le youpala (très mauvais, s’il est utilisé trop souvent, pour le développement de la marche de l’enfant), et peut faire plus d’expériences au sol, expérimenter le 4 pattes, c’est quand même un peu grâce à nous ! Si Amenallah, Jawher, Mohamed Ali, Ameni, enfants « oubliés », sont un peu plus en relation, et un peu moins seuls dans leur lit, c’est parce que nous les avons emmené avec nous sur le tapis, que nous avons posé des questions sur eux aux nourrices, que nous leur avons montré qu’ils étaient là, que nous leur avons proposé de jouer avec eux et de leur faire des massages.

Ce sont des petites choses, traces de notre passage dans cette institution, qui n’ont malheureusement pas changé la vie de ces enfants en manque de sens, d’amour, d’éveil, et de ces nourrices surmenées, en manque de temps, de formation, et de valorisation ; mais qui ont par contre permis des rencontres, des petites évolutions, des mises en sens, des moments de rigolade, une bouffée d’air frais dans ces unités où les jours se ressemblent tous…

Merci aux enfants et aux nourrices, à mon équipe de choc de psychomot’ en herbe, pour avoir finalement fait de ces 7 semaines une expérience…
EXTRAORDINAIRE !

Népal’M l’aventure !!!

Sept étudiantes en première année de psychomotricité à l’IFP de Bordeaux ont repris pour la 3ème année consécutive un projet de solidarité internationale au Népal : le projet Népal’M hébergé par l’association Karavan’ Bordelaise. Elles interviendront cet été au sein de l’école In House Academy à Dhulikhel afin de proposer aux enfants népalais des activités psychomotrices sur le thème de la communication non verbale. Nous avons pu nous entretenir avec certaines d’entre elles.

Quel est l’objectif de ce projet de solidarité internationale ?
« Le principal objectif de ce projet est de participer à l’éveil psychomoteur des enfants de l’école In House Academy, et d’observer la manière d’aborder notamment leur corps, le temps et l’espace. Pour cela, nous avons prévu des activités autour de deux thématiques : les cinq sens et une nouveauté cette année, la communication non-verbale. L’intérêt de ce projet est également de promouvoir la psychomotricité à l’étranger et, en retour, de sensibiliser les enfants et les étudiants à l’interculturalité. ».

De quelle manière souhaitez-vous sensibiliser à l’interculturalité ?
« Et bien nous avons décidé cette année de mettre en place un partenariat avec une école bordelaise afin d’introduire un volet interculturel à notre projet. L’idée est de réaliser un petit film-documentaire sur le quotidien des enfants français et népalais afin de leur faire découvrir leur culture réciproque, c’est vraiment une démarche d’ouverture à l’autre. Dans un second temps, on aimerait projeter ce film durant nos restitutions sur le campus bordelais et dans l’école française. Et pourquoi pas poursuivre par un débat sur l’éducation, la psychomotricité et l’interculturalité ? ».

Pourquoi avoir choisi le thème de la communication non verbale ?
« Ce thème s’est en quelque sorte imposé à nous suite à notre inquiétude concernant la barrière de la langue. En effet, aucune d’entre nous ne parlant népalais, nous avons dû trouver un moyen de nous adapter pour communiquer avec les enfants. De plus, ce thème nous permet d’introduire un grand nombre d’activités autour de la psychomotricité. Enfin, on pense qu’il peut être intéressant de développer cet axe dans une dynamique d’échange culturel et d’exploration corporelle. ».

Quels sont vos projets réalisés et à venir ?
« On a organisé une vente de bracelets liberty en début d’année qui a très bien fonctionné, on fait régulièrement des petits déjeuners sur le campus bordelais avec les invendus des boulangeries partenaires, et on prévoit de faire une soirée jeux de société en mai. Prochainement on va également vendre des bouteilles de vins rouges qu’on a pu obtenir grâce à l’un de nos partenaires. Actuellement, on s’occupe de faire le montage de la vidéo promotionnelle pour le site de don KissKissBankBank, et on vient d’achever la création de notre site internet. ».

Auriez-vous des conseils à donner aux personnes souhaitant réaliser un projet de solidarité internationale ?
« Il faut vraiment être impliqué et pouvoir donner de son temps pour se lancer dans un projet de SI. L’esprit d’équipe et la communication sont également fondamentaux pour avancer. Ce n’est pas toujours facile mais c’est vraiment formateur, y compris pour la pratique de notre futur métier. Enfin, il ne faut pas perdre de vue ses objectifs et toujours rester motivé, c’est la clé d’un projet réussi. ».

Vous pouvez aimer leur page facebook : Projet Népal’M 2015
Ou aller faire un tour sur leur site internet : projetnepal-2015.wix.com/notrevoyage

PS : N’hésitez pas à apporter votre soutien au projet Népal’M sur leur page KissKissBankBank !!!

Apolline, Justine, Jade, Léa, Claire, Mélanie et Laura,
membres du projet Népal’M 2015

PEA mais c’est quoi ?

PEA veut dire Psychomotricité En Action et est une association qui a été créée le 2 février 1998. L’objectif principal est de créer et mener des projets de solidarité en Roumanie et en Tunisie auprès de nourrissons, d’enfants, d’adolescents et de jeunes adultes en situation de placement. Beaucoup d’entre eux présentent aussi un handicap (autisme, trisomie, déficience, troubles neurologiques…).

Les adhérents de l’association sont des étudiants des trois écoles franciliennes de psychomotricité (Pitié Salpêtrière, ISRP et IFP Meulan Les Mureaux). Des professionnels, anciens adhérents, font partie également de l’association. Tandis que les anciens membres accompagnent les nouveaux pour garantir la continuité des projets mis en place.

Depuis sa création, l’association a permis le départ de plus de 150 personnes dans les centres de placement roumains et tunisiens. Chaque année, environ 20 adhérents partent en mission dans ces centres. 

Un bureau exceptionnel pour une association exceptionnelle.
L’association est représentée par un bureau, qui coordonne les actions de communication, gère la trésorerie, et organise les réunions et les voyages. 

Des actions menées au loin, mais préparées en France avant tout.
Partir six semaines en mission nécessite de trouver des fonds pour financer les billets d’avion et la vie sur place. Des actions sont donc menées toute l’année pour récolter ces fonds. En décembre 2014, tous les membres se sont rassemblés afin de faire des papiers cadeaux dans la galerie Gaité à Paris. Cette action a pu être mise en place grâce au partenariat monté avec Darty. Cette action est la plus importante menée cette année.

Toujours dans l’objectif de récolter des fonds, mais aussi de partager, des pôles d’adhérents sont formés, et prennent la responsabilité de l’organisation de certaines actions, plateaux repas à l’ISRP, soirée au restaurant, soirée festive… Pas encore de dates fixées mais ça ne saurait tarder ! Toute l’année sont aussi organisées des ventes de gâteaux et de goodies, dans les différents IFP franciliens, et durant les évènements. Et bientôt, un nouveau site verra le jour !

Finalement PEA, c’est un voyage qui dure toute l’année, et l’on s’envole, toujours en bénévole pour vivre une aventure inoubliable !

En attendant, pour tous renseignements complémentaires vous pouvez nous contacter via Facebook avec le groupe

« Psychomotricité En Action (PEA) », ou encore via notre adresse mail : « [email protected] ».

Maxime CHEVALIER
VP communication

POMM,
Psychomotricité et Ouverture sur le Monde du Maternage

Née en Europe où elle se démocratise de plus en plus, la psychomotricité s’étend un peu plus et ce à l’étranger. L’association POMM, Psychomotricité et Ouverture sur le Monde du Maternage, s’inscrit dans ce cadre.

POMM est une association étudiante de 34 membres issus de l’Institut de Formation en Psychomotricité de la Pitié Salpêtrière et de l’Institut Supérieur de Rééducation Psychomotrice. Les différents membres se mobilisent toute l’année afin de récolter des fonds et partir à la découverte d’autres modes de maternage à l’étranger et notamment au Pérou. Le maternage qualifie l’ensemble des pratiques de soin prodiguées au bébé et au jeune enfant, basées sur ses besoins (allaitement, change, portage...). Le but de notre intervention est de partager cultures, traditions, connaissances et soins à l’enfant. Pour ce faire, nous proposons des activités psychomotrices et échangeons sur les modes de pensée et de fonctionnement du pays, son système sanitaire et social (soins, pathologies, prises en charge…), mais aussi économique et politique, ainsi que personnel.

Nous soutenons actuellement deux projets. L’un à Villa El Salvador, en banlieue de Lima, où nous intervenons au sein de la Divina Misericordia, une école accueillant des enfants de 4 à 18 ans en situation de handicap. Nous apportons une aide aux maîtresses de l’école et proposons aux enfants des activités psychomotrices adaptées à leurs handicaps, à leurs centres d’intérêt. Dans cette même région, nous sommes présents à Amançay, une structure où des enfants porteurs de handicap et leur famille viennent passer la journée. Il s‘agit de leur proposer des activités, des aides et des occupations à la maison. Un nouveau projet vient d’être mis en place à Quellouno, à l’entrée de la forêt péruvienne, dans la région de Cusco. Il s’agit d’intervenir auprès d’adolescents en carence affective, à difficultés familiales (pauvreté, alcoolémie, violences…) et présentant des difficultés de comportement, de séparation mais aussi d’apprentissage. Ces enfants sont éloignés de leur famille pour des raisons financières et de scolarisation. La revalorisation, la confiance en soi, la construction identitaire, la conscience corporelle sont les principaux axes de travail.

Si nous souhaitons faire voyager la psychomotricité à travers le monde en nous mobilisant toute l’année au cours de nos actions, c’est pour se rendre disponible pour les personnes dans le besoin. Pour cela nous devons mettre en place une alliance thérapeutique, être à l’écoute et ne pas rester campé sur ses connaissances catégoriques : nous devons nous ouvrir aux autres. Cependant, nous nous posons des questions que nous tentons d’explorer comme : la manière de proposer une approche psychomotrice occidentale à l’étranger ; montrer l’intérêt de notre démarche ; auprès des donneurs, comment justifier notre choix d’intervenir à l’étranger plutôt qu’en France.

Miguel Montenegro
www.psychocanards.com
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Article paru dans la revue “Bulless de psychomot’” /ANEP n°04

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Publié le 1694072069000