La MPR dans le monde : Zoom sur les Antilles

Publié le 05 Jul 2022 à 15:31
#Médecin physique et de réadaptation

On continue à découvrir notre spécialité à travers le monde avec le témoignage de Maxime, interne en MPR aux Antilles  !

Est-ce que tu pourrais te présenter en quelques phrases ?
Je m’appelle Maxime LOMBARD et je suis interne en quatrième semestre de MPR. Mes parents sont originaires de Métropole (France hexagonale) et je suis né en Martinique.

Pourquoi as-tu choisi d’exercer aux Antilles ?
J’ai choisi d’exercer mon internat aux Antilles pour plusieurs raisons. Tout d’abord, j’aime beaucoup le climat et les paysages que l’on peut voir ici. J’éprouve beaucoup de plaisir à y vivre, tant pour les particularités culturelles que culinaires.

Ensuite , il faut savoir que l’internat aux Antilles se répartit à la fois en Martinique, Guadeloupe et en Guyane, ce qui offre des terrains de stage très variés. La maquette impose aussi de réaliser deux semestres en Métropole, ce qui offre une formation intéressante. J’y ai réalisé mon troisième semestre et je suis actuellement en train d’y effectuer mon quatrième semestre.

Pourrais-tu nous parler des spécificités de la MPR aux Antilles ?
Il faut savoir que la population antillaise comprend un taux de chômage important chez les jeunes qui sont nombreux à partir en Métropole pour trouver du travail. Il s’agit principalement d’une population vieillissante et beaucoup d’antillais reviennent passer leur retraite dans leur île d’origine après avoir travaillé en France hexagonale.

L’organisation « traditionnelle » des familles s’articule autour d’aidants principaux qui s’occupent des personnes âgées. Ainsi, il est rare que ces dernières soient institutionnalisées bien que cette situation tend à évoluer.

Concernant les pathologies, certaines sont plus fréquemment retrouvées ici, à l’exemple de la sarcoïdose et du lupus en Médecine Interne, ou de la neuromyélite optique en Neurologie.
Toutes ces pathologies nécessitent une prise en charge pluridisciplinaire et le médecin MPR y joue un rôle important. Comme en Métropole, les maladies cardiovasculaires et les accidents vasculaires cérébraux sont très fréquents avec de nombreux facteurs de risques retrouvés dans la population comme le diabète ou encore le surpoids.

Tout ceci participe à un besoin grandissant de centres de Médecine Physique et Réadaptation mais également d’une prise en charge libérale ou au domicile des patients. Ces besoins ne sont malheureusement pas suffisamment couverts aux Antilles pour l’instant.

Peux-tu nous présenter ton quotidien dans le service ?
J’ai eu la chance de travailler pendant six mois en Guadeloupe au Centre de Palais Royal. L’unité de rééducation se divise en deux secteurs  : un secteur spécialisé en neurologie et un secteur gériatrique, avec pour chaque patients, des séances quotidiennes de kinésithérapie, ergothérapie ou encore d’orthophonie. On peut compter une vingtaine de lits par secteur.
L’équipe médicale se compose de quatre internes et six seniors dont cinq médecins rééducateurs.

Mon rôle dans le service comprenait la gestion de la salle, avec le suivi médical et la prise en charge d’éventuelles complications des patients, mais aussi la participation à de nombreuses consultations (injections de toxines botuliques, gestions de pompes à Baclofène, consultations d’appareillages, bilans uro-dynamiques, consultations de patients amputés ou présentant des escarres...). C’est très varié  !

Nous bénéficions également de nombreux cours réalisés par nos chefs et les rééducateurs avec un cours hebdomadaire couvrant de multiples sujets et nous réalisons aussi des présentations bibliographiques toutes les semaines, tout cela dans une ambiance très confraternelle.

Pourquoi as-tu choisi la MPR comme spécialité ?
J’ai choisi cette spécialité car elle s’ancre dans le suivi du patient au long cours tant sur le plan médical, rééducatif et social. Cette approche globale me plaît beaucoup. De plus, la possibilité de réaliser des gestes médicaux ambulatoires nécessitant une expertise clinique et paraclinique n’a fait que me conforter dans cette idée.

Quels sont tes projets dans l’avenir ? Comment te vois-tu dans dix ans ?
Je compte réaliser mon prochain semestre en Martinique dans l’unité de rééducation dirigée par le Dr BARNAY. Étant surtout intéressé par les pathologies neurologiques, je pense ensuite me diriger vers cette spécialisation et si possible aux Antilles.

Propos recueillis par
Justine TREBUCQ et Camille NOËL

Article paru dans la revue “Association des Jeunes en Médecine Physique et de Réadaptation” / AJMERAMA N°03

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