L’IFMK de Grenoble

Publié le 30 May 2022 à 13:26

 

Hier en quelques dates

« L’association grenobloise pour l’enseignement de la masso-kinésithérapie » a été créée en 1966. Présidée par Jean Cabanac puis Jean Butel, tous deux chirurgiens orthopédistes, la première direction technique fut confiée à Bernard Berthoux puis à François Plas. Les frais de scolarité s’élevaient alors à 1500 frs par année, l’effectif était de 28 élèves par promotion. En 1972, Jean Butel considèra que François Plas était tout à fait compétent pour prendre la direction pleine et entière de ce qui devint l’école de kinésithérapie du Centre Hospitalier Régional (CHR) de Grenoble, poste qu’il conserva jusqu’en 2003. Les tarifs de scolarité se réduisirent jusqu’à une quasi gratuité grâce aux financements de la région Rhône-Alpes. Dès cette époque, les échanges avec des écoles dans plus de quinze pays différents se développèrent. En 1998, l’école obtint une dérogation de la DRASS pour que les étudiants puissent produire un mémoire de recherche pour l’obtention du DEMK. En 2001, dans le cadre de l’universitarisation des études supérieures, fut créé l’Institut Universitaire Professionnalisé en Santé Kinésithérapie Sport (IUPSKS) grâce au partenariat entre école de kinésithérapie, UFR-APS, UFR-SVT et faculté de médecine. L’IUP permit un recrutement universitaire diversifié en STAPS, SVT et médecine. Les étudiants MK bénéficièrent d’une double diplomation associant au DEMK un DEUG, une licence, une maitrise de « Santé Kinésithérapie Sport » et le titre d’ingénieur maitre, accessibles également en formation continue. L’IUPSKS disparut avec l’intégration dans le système LMD en 2007. De 2007 à 2015 une convention avec l’UFR APS permit de conserver la double diplomation DEMK et master 1 « mouvement Performance Santé Ingénierie ».

Depuis 2015, en partenariat avec l’UFR de médecine, les étudiants MK ont la possibilité de suivre un double cursus en master 1 « ingénierie de la santé ».

l’Institut de Formation des Professionnels de Santé (IFPS) abritant depuis 2019 le Département de kinésithérapie sur le campus de l’Université Grenoble Alpes.

Ainsi depuis 2003, plus de 700 étudiants sont sortis de l’école avec un DEMK associé à une maitrise devenue master 1. De 2003 à 2004, Jacques Vaillant, assura la direction de l’école par intérim en remplacement de Gilles Prel, puis lui succéda en 2010. A partir de 2005, l’école développa une plateforme numérique permettant le e-learning et depuis privilégie largement l’apprentissage par la pédagogie inversée. En 2010, l’école se vit confier la formation de 11 techniciens de physiothérapie dans le cadre du reclassement professionnel des masseurs des Thermes d’Aix-les-Bains lors de leur privatisation. En 2017 : l’école devint un Département de l’UFR de médecine de l’Université Grenoble Alpes (UGA) précisant ainsi son intégration universitaire. En 2018, Nicolas Pinsault succéda à Jacques Vaillant à la direction du Département avec un statut de maître de conférences de l’UFR de médecine, marquant encore un peu plus l’intégration du Département à l’Université. En 2019 : Le Département a quitté le site de l’Hôpital Sud de Grenoble pour s’installer au sein de l’Institut de Formation des Professionnels de Santé (IFPS) sur le campus de l’UGA.

Aujourd’hui en quelques chiffres
L’équipe est composée d’un directeur, de 3 secrétaires et de 10 enseignants formateurs représentant 8 équivalents tempsplein. Ces derniers ont tous un master en Sciences, 4 sont doctorants, 2 sont cadres de santé, un est également ostéopathe et trois d’entre eux conservent une activité clinique. Leurs parcours professionnels sont très variés. La moyenne d’âge est de 38 ans (25 ; 61). Plus de 150 intervenants extérieurs de tous horizons contribuent à l’enseignement universitaire et à la formation professionnelle des étudiants du Département.

L’effectif théorique d’admission est de 54 étudiants hors voie dérogatoire, extracommunautaire et Sportifs de Haut Niveau (SHN). Ainsi, les 240 étudiants (60/année) du Département bénéficient du statut universitaire (hors bourses CROUS). Le projet pédagogique actuel ambitionne de former des kinésithérapeutes citoyens investis du futur. Il se veut ouvert sur les autres disciplines de l’Université et les autres pays du monde. Il s’articule autour du développement de l’esprit critique des futurs professionnels grâce à la formation à et par la recherche scientifique ainsi qu’à la pédagogie inversée. Il s’accompagne également du développement de la mutualisation des enseignements et des formations avec les autres filières de santé afin de répondre aux enjeux de santé publique actuels et futurs.

Demain en quelques défis
C’est dans cet esprit que l’Université Grenoble-Alpes, par le truchement de son Département de kinésithérapie, proposera une candidature auprès du Ministère de l’Enseignement Supérieur pour faire partie des terrains d’expérimentation des modalités permettant le renforcement des échanges entre les formations de santé, la mise en place d’enseignements communs et l’accès à la formation par la recherche. Ce projet fera évoluer le projet pédagogique de la formation des étudiants en kinésithérapie de Grenoble vers un modèle de Licence en sciences pour la santé puis Master en ingénierie de la santé, parcours kinésithérapie. La moitié des enseignements de ces formations sera proposée à la mutualisation avec d’autres filières de santé (médecine, pharmacie, maïeutique, infirmier, manipulateur d’électroradiologie médicale) mais également avec d’autres disciplines non sanitaires de l’Université. Par exemple, les cours d’anatomie de l’appareil musculo-squelettique seront assurés par des kinésithérapeutes pour toutes les filières de santé. Des innovations pédagogiques seront encore plus imbriquées dans les projets de formation afin de répondre au grand nombre d’étudiants concernés, avec notamment des cours dématérialisés sur un format de pédagogie inversée.

Le parcours de formation d’un étudiant en kinésithérapie serait donc amorcé par son année de sélection avant d’intégrer une L2 Santé parcours kinésithérapie, puis la L3 du même parcours.

Au cours de cette Licence, les enseignements sont concentrés sur des compétences transversales, l’acquisition de connaissances théoriques et une initiation à la pratique clinique via des stages libres. Le master permettrait quant à lui potentiellement de finaliser la validation des 11 compétences nécessaires à l’acquisition du diplôme d’état. La diplomation de Licence et de Master étant par ailleurs indépendante de celle relative au Diplôme d’État, l’objectif est de permettre à l’étudiant de commencer à orienter son parcours en fonction de son projet professionnel.

Afin de répondre aux contraintes imposées par ce projet ambitieux, l’équipe pédagogique tend vers une amélioration de ses compétences et de son niveau de formation. Ainsi le recrutement évolue vers deux types de profils qui répondent à trois types de tâches : administratives, pédagogiques et de recherche. Bien que toutes ces tâches soient réparties entre les différents enseignants, le profil PRAG (Prof. Agrégé) aurait une responsabilité principalement pédagogique et le profil MCU (Maitre de Conférences Universitaire) aurait plus de responsabilités au regard de la recherche en kinésithérapie. Ainsi, plusieurs membres de l’équipe actuelle sont inscrits dans un processus d’obtention d’un diplôme de troisième cycle universitaire (PhD). A court terme, l’Université a validé un plan de recrutement d’enseignantchercheur affilié à la Section 91 du Conseil National des Universités en Sciences de la Rééducation et de la Réadaptation. Affaire à suivre

Équipe pédagogique du Département de kinésithérapie de l’Université Grenoble-Alpes

            Article paru dans la revue “Syndicat National de Formation en Masso-Kinésithérapie” / SNIFMK n°11

L'accès à cet article est GRATUIT, mais il est restreint aux membres RESEAU PRO SANTE

Publié le 1653909989000