L'histoire de Crohn - Une iléite régionale d’origine indéterminée

Publié le 1699601076000

 

En 1932 paraissait dans le Journal of the American Medical Association, quatorze cas « d’iléites régionales ». Les auteurs faisaient le constat de formes tout à fait particulières d’une maladie de l’intestin grêle mimant une appendicite aiguë.

Il s’agissait d’une maladie bénigne touchant principalement les hommes jeunes de 17 à 50 ans. Pour certains patients, les symptômes ressemblaient fortement à ceux de la « colite ulcéreuse » déjà bien connue à l’époque avec une diarrhée opiniâtre évoluant par poussées. Pour d’autres, il existait une masse en fosse iliaque droite se manifestant par des signes d’inflammation aiguë. La troisième forme clinique se traduisait par un syndrome occlusif intestinal. En ce temps, les gastroentérologues n’avaient dans leur arsenal que des examens imprécis et peu contributifs comme le lavement baryté pour rechercher un retard de transit, des anses dilatées ou une perte de continuité de la muqueuse colique.

Malheureusement, avant l’ère des antibiotiques, une suspicion d’infection intra-abdominale ne pouvait se traiter que par une chirurgie.

De façon surprenante, il n’y avait aucune caractéristique microscopique spécifique. Dans certains cas, la présence de cellules géantes était frappante. Aucun signe de tuberculose, de syphilis, de maladie de Hodgkin ou de carcinome n'avait été retrouvé.

Les traitements médicaux étaient palliatifs et sans effet. Sur les quatorze cas, seul un malade eut une résolution spontanée des symptômes. La chirurgie par résection iléo-caecale semblait être le traitement le plus efficace alors qu’une chirurgie de dérivation avec iléostomie avait des résultats plus mitigés. Ainsi, Burrill B. Crohn, Leon Ginzburg et Gordon D. Oppenheimer gastroentérologues du Mount Sinai Hospital, à New York, décrivaient pour la première fois une nouvelle entité clinique : « la maladie de Crohn ».

Près d’un siècle plus tard, la présentation clinique des malades n’a toujours pas changé et nous accueillons des patients souffrant des mêmes symptômes. La mobilisation de jeunes gastroentérologues apparaît primordiale afin de trouver de nouveaux traitements dans le domaine des maladies infl ammatoires chroniques de l’intestin.


Nathan GRELLIER

Relecteur
Pr Philippe SEKSIK
Hôpital Saint-Antoine AP-HP

Article paru dans la revue « Association Française des Internes d’Hépato-Gastro-Entérologie » / JJG N°3

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