L’allergie aux rotéines de lait de vache

Publié le 10 May 2022 à 09:03
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ÉPIDÉMIOLOGIE ET PRÉVENTION

La prévalence des principales manifestations allergiques (eczéma, rhume des foins, asthme) est en augmentation constante depuis 1964 (Devenny A., 2004). L’eczéma, aussi appelé dermatite atopique, a triplé au cours de ces 15 dernières années.

L’allergie aux protéines de lait de vache (APLV) est la 3ème cause d’allergie alimentaire chez l’enfant (8 %). C’est souvent la première étape de la « marche allergique ».

Les symptômes de l’APLV peuvent être gastrointestinaux dans 32 à 60 % des cas (reflux gastro- oesophagiens, vomissements, coliques, diarrhées), respiratoires (asthme), dermatologiques dans 5 à 90 % des cas (eczéma) et peuvent aussi entraîner dans les cas les plus graves, un choc anaphylactique (0,8 à 9 % des cas).

Environ un tiers des enfants souffrant de dermatite atopique se sont avérés être allergiques aux protéines de lait de vache. A l’inverse, 40 à 50 % des enfants de moins d’un an souffrant d’APLV avaient aussi des symptômes de dermatite atopique.

L’APLV peut se développer dès les premières semaines de vie, et dans la majorité des cas durant la première année de vie. Les symptômes apparaissent en moyenne 1 à 2 jours après l’exposition.

Dans la moitié des cas, une tolérance est ensuite développée dans les deux années qui suivent la déclaration des premiers symptômes, et dans 80 % des cas, cette tolérance apparaît dans les 3 années suivant les premiers symptômes.

Les enfants ayant des réactions tardives deviennent en général tolérants plus rapidement que ceux qui ont une réaction immédiate.

On estime actuellement que les facteurs génétiques et environnementaux (pollution de l’air, théorie hygiéniste) expliquent chacun environ 50 % des allergies.

Les antécédents familiaux représentent le facteur de risque le plus important. L’existence de manifestations allergiques (dermatite atopique, eczéma allergique, asthme allergique, rhinite allergique, allergie alimentaire prouvée) chez un seul parent ou dans la fratrie accroît le risque de développement d’une allergie à l’âge de 7 ans :

Ainsi, environ un quart des nourrissons présente un risque accru d’allergie.

L’allaitement maternel est recommandé pendant les six premiers mois de vie, car il favorise les mécanismes de tolérance orale, ainsi qu’une flore riche en bifidobactéries et en lactobacilles, dont la prédominance chez le jeune enfant protègerait contre le développement de l’allergie. Il contient également des AGPI-CL dont la présence pourrait influencer l’effet protecteur vis-à-vis de l’apparition de manifestations allergiques.

Si la maman ne peut pas ou ne souhaite pas allaiter, l’utilisation d’un lait infantile hypoallergénique à l’efficacité prouvée, conformément aux recommandations des sociétés savantes de pédiatrie et d’allergologie, permet de réduire le risque de dermatite atopique de 46 % à 12 mois et 33 % à l’âge de 10 ans.

Ce qu’il faut retenir
L’APLV est la troisième allergie alimentaire chez l’enfant (8 %).

La prévalence de l’APLV avec diagnostic confirmé, est d’environ 1 % chez les enfants, en Europe (0,5 % chez l’adulte).

La prise en compte des antécédents allergiques familiaux est primordiale pour réduire le risque d’allergie. Le Comité de Nutrition de la Société Française de Pédiatrie recommande une prévention adaptée avec un lait infantile hypoallergénique à l’efficacité prouvée par des études cliniques, à défaut d’allaitement maternel pendant les six premiers mois de vie. Une telle formule hypoallergénique permet de réduire le risque de dermatite atopique de 46 % à l’âge d’un an.

Laurie LESAINT

Références
*Von Berg A., Allergies in high-risk schoolchildren after early intervention with cow’s milk protein hydrolysates: 10-year results from the German Infant Nutritional Intervention (GINI) study, JACI, 2013.

Kjellman N-I.M., Atopic disease in seven year-old children, Acta Paediatr. (Scand.), 1977;66, 465-71).
Chouraqui et al., Alimentation des premiers mois de vie et prévention de l’allergie, Arch Ped, 2008.
EFSA Journal, Scientific Opinion on the evaluation of allergenic foods and food ingredients for labelling purposes,
2014;12(11):3894.

Article paru dans la revue “Association des Juniors en Pédiatrie” / AJP n°12

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