Interview : Pharmacien en unité de pharmacotechnie

Publié le 1686663556000

 

Dr Rachel SINTES, Assistant Spécialiste au sein de l’Unité de Préparation de Transplant de Microbiote de l’AP-HP

Quel est ton parcours d’internat, tes semestres réalisés ?

J’ai voulu commencer par la base, je suis donc partie sur la dispensation à l’hôpital Lapeyronie du CHU de Montpellier. Je connaissais déjà bien la PUI grâce à mon externat, le choix a été facile. Le semestre s’est très bien passé, les gardes étaient dures mais extrêmement enrichissantes. J’ai effectué mon second semestre dans le secteur Essais Cliniques du même hôpital. Ce stage a été pour moi une véritable révélation, j’y ai découvert la pharmacotechnie car on avait la possibilité de préparer les médicaments expérimentaux. C’est à partir de là que je me suis intéressée à ce domaine.
J’ai ensuite été en stage aux dispositifs médicaux stériles à la plate-forme Euromédecine du CHU de Montpellier où j’ai pu entrevoir l’aspect approvisionnement et achat des DMS. Pour mon 4ème semestre, j’étais à l’Unité de Préparation des Médicaments du CHU de Nîmes, ce qui a confirmé mon attrait pour la technie. Ce secteur était en plein essor (il l’est toujours c’est sûr) et permettait à la fois d’apprendre les bases de la préparation et du contrôle mais aussi d’innover ! J’ai décidé pendant ce stage de me lancer dans l’aventure de l’année recherche poussée et motivée par le pharmacien responsable de l’unité. Ensuite j’ai attendu cette fameuse année recherche (AR) dans le secteur achat-approvisionnement de la plate-forme Euromedecine et en service de Pédiatrie à Nîmes. Après mon AR, j’ai effectué mon dernier stage à l’unité de Pharmacie Oncologique de Nîmes pour finir sur une bonne note cet internat et approfondir mes connaissances du secteur pharmacotechnie, avec les chimiothérapies.

As-tu réalisé un Master, DU, année recherche, thèse de science, une FST ? Comment cela s’est-il déroulé ?

Comme je l’ai expliqué j’ai effectué une année recherche car l’enseignement et la recherche m’ont toujours plu. Je me suis investie dans le tutorat en PACES et pendant l’internat. J’avais donc dans la tête le projet de devenir bi-appartenant (Hospitalo-universitaire), cependant ce poste demandant beaucoup de sacrifices, c’était difficile de se décider pour se lancer. J’ai demandé des conseils aux différents pharmaciens que j’ai côtoyés et c’est finalement avec l’UPM (Préparatoire de Nîmes) que j’ai été convaincue : je voulais avoir une activité de recherche et d’enseignement liée à mon travail à l’hôpital et la pharmacotechnie et la galénique s’y prêtaient très bien.
J’ai donc effectué un stage de master au laboratoire de galénique de la faculté de Montpellier complété d’un master en sciences analytiques. Mon projet de recherche était l’étude de l’impact de procédé galénique sur la viabilité bactérienne du microbiote fécal. Ce projet m’a animée au point d’en faire mon métier (mais je ne spoile pas plus la suite !). Le conseil pour l’année recherche : c’est de se lancer quand un sujet motivant se présente et pas de faire n’importe quel projet pour faire une AR. Ce sujet va vous demander du travail pendant un an, il faut donc rester motivé !

Peux-tu faire une rapide description du poste occupé actuellement avec missions et objectifs ?

Je suis pharmacien assistant spécialiste de l’unité de préparation de transplants de microbiote fécal, au sein de l’AP-HP. En effet, en France, il s’agit d’un médicament, je m’occupe donc de la gestion des dons, de leur préparation, conservation et dispensation dans un circuit de soins mais aussi d’essais cliniques. C’est un nouveau domaine thérapeutique, tout est à faire, on effectue une activité de recherche pour améliorer les pratiques. De plus, nous collaborons non seulement avec l’équipe médicale mais aussi avec les autorités sanitaires pour faire évoluer la réglementation !

Quelles sont les qualités nécessaires pour ce poste selon toi ?

La principale qualité est l’ORGANISATION : entre l’activité clinique, les essais cliniques, les donneurs, les activités de recherche... De plus, je suis référente, je gère une petite équipe mais une équipe quand même ! Ensuite ce poste demande de l’initiative, de l’autonomie et bien sûr une curiosité scientifique.

Penses-tu que la formation via l’internat a permis d’avoir les compétences requises pour ce poste ?

Oui à 1000 %, je dirais même que l’internat m’en en plus appris sur moi-même que sur la pharmacie ! C’est grâce à mes stages et aux gardes que j’ai appris à prioriser, à gérer une activité, le stress, à prendre les bonnes décisions.

Quels conseils donnerais-tu à un interne qui voudrait se lancer dans ce domaine ?

Je vais parler d’un point de vue plus général que la TMF parce que c’est bien trop spécifique, même si c’est passionnant et que tout reste à construire.
Comme je le disais, la pharmacotechnie permet d’allier la recherche à l’activité hospitalière et ça c’est génial ! C’est une des seules spécialités uniquement pharmaceutiques et c’est là qu’on peut faire la différence. Enfin je dirais à ceux qui hésitent à faire l’internat ou qui se demandent pourquoi ils sont là : l’internat permet de vous créer un métier sur mesure avec des masters, des stages, des années recherche, vous trouverez votre bonheur si vous vous en donnez les moyens !

Marianne BOBILLOT

Article paru dans la revue « Le magazine de la Fédération Nationale des Syndicats d’Internes en Pharmacie Hospitalière et en Biologie Médicale  (FNSIP-BM) » / Observance N°37

 

 

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