Initiation aux stimulateurs cardiaques et défibrillateurs

Publié le 1653400130000

Tracés endocavitaires et Tests des sondes

Extrait de la fiche « Initiation aux stimulateurs cardiaques et défibrillateurs » proposée par Jean-Baptiste CARVES (disponible sur le site du CCF : http://blog-du-gcf.fr).

Savoir analyser les TRACÉS ENDOCAVITAIRES
Les tracés électrocardiographiques enregistrés par les sondes sont appelés EGM. Ils se présentent sous la forme d’un tracé atrial, d’un tracé ventriculaire droit et éventuellement un tracé ventriculaire gauche, auxquels peuvent s’ajouter un tracé de reconstruction  281 ressemblant a  un ECG de surface.

Sur ces tracés sont indiqués :

  • Pour chaque électrode si le rythme est spontané ou stimulé.
  • La durée entre chaque cycle.
  • Un changement automatique de programmation, de AAI vers DDD par exemple, appelé commutation automatique de mode (indiqué CAM).

Exemple d’EGM d’un stimulateur double chambre programmé en DDD avec

  • Sur la 1ère ligne : EGM atrial.
  • Sur la 2e ligne : EGM ventriculaire droit.
  • Sur la 3e ligne : Reconstruction ECG.
  • Le rythme est électro-entrai^né a  l’étage atrial (AP = Atrial Pacing) et spontané a  l’étage ventriculaire (VS = Ventricule Spontané).
  • Fréquence cardiaque a  60/min car intervalle R-R a  1000ms (dernie re ligne).
  • Le chiffre vertical sur la dernie re ligne « 313 » représente le délai AV en ms.

Test des sondes
L’impédance, la détection de l’activité spontanée et le seuil de stimulation sont mesurés systématiquement a  chaque contrôle du stimulateur. • Impédance de stimulation, en Ohms (Ω)

  • Il s’agit de la résistance du circuit électrique défini par le stimulateur, la sonde, et le myocarde. Le circuit électrique diffère selon si la stimulation est unie ou bipolaire, il faut donc refaire la mesure de l’impédance en cas de changement de ce paramètre.
  • La fourchette normale de valeur est entre 200 Ohms et 2000 Ohms. Une augmentation importante de l’impédance doit faire suspecter une rupture du conducteur. Une diminution importante fait suspecter une rupture de l’isolant.

• Détection de l’activité spontanée, en millivolt (mV) : en diminuant la fréquence de sa stimulation de secours, le stimulateur détecte le rythme propre du coeur. Une détection de bonne qualité est nécessaire pour l’adaptation du stimulateur au rythme du patient. La détection n’est pas toujours réalisable car le rythme spontané n’existe pas toujours, par exemple a  l’étage ventriculaire chez un patient ayant un stimulateur pour BAV complet sans échappement ventriculaire.

• Seuil de stimulation, en volt (V) : plus bas voltage permettant d’entraîner une dépolarisation. On le cherche en stimulant avec une tension décroissante, le seuil est la dernie re valeur permettant la capture atriale ou ventriculaire. Il peut varier au cours du temps et doit être contrôlé au moins annuellement. La stimulation doit être réglée avec une marge de sécurité vis-a -vis de la valeur seuil. Par exemple, il n’est pas recommandé de programmer une stimulation VD a  0,6V pour un seuil de 0,5V. La marge de sécurité doit être importante, la stimulation est souvent programmée minimum au double de la valeur seuil. Le seuil de stimulation n’est pas réalisable a  l’étage atrial si le patient est en TSV.

Références bibliographiques
Nair, S. G. & Swerdlow, C. D. Monitoring for and Diagnosis of Lead Dysfunction. Cardiac Electrophysiology Clinics 10, 573–599 (2018).

Article paru dans la revue “Collèges des Cardiologues en Formation” / CCF N°8

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