Idées Reçues : La chirurgie de la cataracte a un impact environnemental faible.

Publié le 1652850633000

VRAI et FAUX
La chirurgie de la cataracte est une procédure courte et standardisée avec des taux de complications très faibles de l’ordre de 0,05 %. Elle est donc une candidate idéale pour l’analyse de son bilan carbone. Déjà 3 études, en Inde, en France et au Royaume-Uni ont retrouvées des émissions de CO2 de 6 kg, 80 kg et 180 kg de C02 respectivement. La chirurgie de la cataracte est la chirurgie la plus pratiquée en France (plus de 800.000 actes en 2018). Agir sur son bilan carbone peut donc diminuer de façon non négligeable le bilan carbone du secteur de la santé. Celui-ci est responsable de 10 % des émission de CO2 des États-Unis et de 4,4 % des émission de CO2 sur la planète. Il existe l’association GreenCataract® qui agit pour calculer et compenser les émissions de CO2 liées à la chirurgie de la cataracte en France.

La chirurgie de la cataracte chez les patients déments n’a aucun intérêt.
FAUX
R. Goldacre a relevé que les personnes souffrant de démence, peuvent être sous-diagnostiquées et sous-traitées pour des comorbidités spécifiques telles que la cataracte. De nombreuses études ont démontrés que la chirurgie de la cataracte, en améliorant l’acuité visuelle améliore la qualité de vie. Il a aussi été montré que la correction d’une mauvaise acuité visuelle peut optimiser le fonctionnement cognitif et réduire le risque de déclin pour les personnes âgées atteintes de déficience cognitive débutante et de démence. D’autres études de population notamment au Japon et aux Etats-Unis ont montré une prévalence plus faible de la démence chez les patients opérés de cataracte. Une étude française a évalué l’impact de l’opération de la chirurgie de la cataracte sur l’évolution des troubles comportementaux mesurés par l’inventaire neuropsychiatrique (NPI) chez 46 patients Alzheimer ayant un MMS entre 10 et 25.8 Les résultats montrent 3 mois après l’intervention, l’amélioration de 3 sous-domaines du NPI : le sommeil (p = 0,01), les comportements dysphoriques et les scores d’anxiété. En revanche, l’agitation a été retrouvée augmentée (p = 0,04). Il a aussi été retrouvé une corrélation positive entre l’amélioration des troubles du comportement et l’allègement du fardeau de l’aidant (p < 0,001).

L’acuité visuelle ne se mesure qu’en dixième.
VRAI
Mais l'acuité visuelle ne permet d'évaluer qu'une partie de la fonction visuelle. La fonction visuelle s’évalue aussi avec le champ visuel, l’évaluation des couleurs, des contrastes, la grille de Amsler. Par exemple, en cas de glaucome, c’est le champ visuel qui est altéré ; en cas de cataracte, c’est la vision des contrastes (éblouissements). En cas de DMLA, les métamorphopsies apparaissent avant la baisse d’acuité visuelle. Le simple dépistage de l’acuité visuelle ne suffit pas.

La chirurgie des paupières est difficile à envisager chez les personnes âgées.
FAUX
La chirurgie de l’ectropion et de l’entropion se fait en ambulatoire, sous anesthésie locale. Elle a très peu de complications. Pour les patients grabataires, il est même possible de réaliser des injections de toxines botuliques au lit du patient. La balance bénéfice risque est en faveur de la chirurgie à cause du risque de kératite et d’abcès de la cornée.

Dr Arthur FERRERO
Pour l'Association des Jeunes Gériatres

Article paru dans la revue “La Gazette du Jeune Gériatre” / AJG N°24

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