Idées reçues et lieux communs en imagerie prénatale

Publié le 14 May 2022 à 08:00
#chirurgien
#Radiologue et imagerie médicale

En sept questions-réponses, nous revenons sur les idées reçues et les lieux communs souvent entendus au sujet de l’imagerie prénatale.
Questions

    1- Les échographies de dépistage prénatal ne sont pas réalisées par les radiologues, est-ce : 
         o    Vrai
         o    Faux
2- Il n’y a pas de débouché dans le libéral pour l’imagerie prénatale, est-ce :
        •    Vrai
        •    Faux
3- L’IRM et la TDM foetales sont plus performantes que l’échographie prénatale, est-e :
        •    Vrai
        •    Faux
4-  On est très isolé quand on fait de l’échographie prénatale, est-ce :
        •    Vrai
        •    Faux

5-    Les assurances pour faire de l’échographie prénatale sont très chères, est-ce :
        •    Vrai
        •    Faux
6- Les risques de procédure sont très importants en imagerie prénatale, est-ce :
        •    Vrai
        •    Faux
7-    Les ressources thérapeutiques sont limitées en médecine foetale, est-ce :
        •    Vrai
        •    Faux

Réponses

Toutes les réponses sont b : faux. Nous démontons ces idées reçues.

  1. Les échographies de dépistage prénatal sont réalisées pour au moins 13 % d’entre elles par des radiologues, pour 40 % par des gynécologues obstétriciens et pour 11 % par des sages-femmes (source : données CNAM). On compte également 32 % de médecins hospitaliers réalisant des échographies prénatales, sans que leur spécialité soit précisée dans l’enquête citée.
  2. Il y a des débouchés en libéral pour l’exercice de l’imagerie prénatale, puisque si l’on regarde les échographies prénatales, elles sont réalisées pour 64 % d’entre elles en libéral et 36 % dans le public (source : données CNAM). Il s’agit par ailleurs de compétences assez recherchées en libéral, puisqu’elles sont finalement plutôt rares.
  3. L’imagerie prénatale est multimodale. On ne peut la résumer à la supériorité d’une technique par rapport à l’autre. En fonction du contexte clinique, de la question posée, l’échographie, la TDM ou l’IRM sera plus ou moins pertinente. Dans de nombreuses situations, ces 3 techniques sont complémentaires. A titre d’exemple, dans la sclérose tubéreuse de Bourneville, les rhabdomyomes cardiaques sont dépistés en échographie, mais ils sont difficiles à identifier en IRM. Dans cette pathologie, un élément pronostic majeur en prénatal est l’identification de nodules sous-épendymaires et de tubers corticaux, qui sont mieux vus en IRM qu’en échographie, même diagnostique.



Figure : Identification de nodules sous-épendymaires (têtes de flèches) en IRM (b) et non en échographie focalisée sur le cerveau foetal (a)

  1. L’exercice de l’échographie prénatale se fait toujours en collaboration avec un CPDPN, ce qui permet d’adresser rapidement une patiente dans un circuit de soins adapté. Le radiologue s’inscrit ainsi dans un réseau de soins et travaille avec les gynécologues obstétriciens, sages-femmes, généticiens, pédiatres, chirurgiens et foetopathologistes. C’est donc une pratique qui ne peut se faire de façon isolée.
  2. La souscription à une assurance civile professionnelle est conseillée, comme pour de nombreuses spécialités. Son montant n’est pas plus élevé que pour l’imagerie interventionnelle.
  3. Les risques de recours procéduraux ne sont pas plus nombreux en imagerie prénatale que pour les autres spécialités. L’avantage étant qu’il s’agit d’une spécialité très encadrée, grâce au travail de la CNEOF, avec un système d’assurance qualité (voir article « Imagerie Prénatale : Yes You Can ! »).
  4. Les thérapies in utero sont en plein essor, avec par exemple la chirurgie in utero (chirurgie des myéloméningocèles, plugs trachéaux dans les hernies diaphragmatiques). Grâce au raffinement des moyens diagnostiques, l’interruption médicale de la grossesse constitue la dernière option envisagée devant une pathologie d’une particulière gravité pour la mère ou le foetus.

Article paru dans la revue “Union Nationale des Internes et Jeunes Radiologues” / UNIR N°32

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