Gynéco’Pratique ! - Lésions dermatologiques vulvaires bénignes

Publié le 1711452958000
Article paru dans la revue « AIGM / Gynéco Med » / AIGM N°2


Description, diagnostic et traitement

Après la parution dans la première édition de deux fiches synthétiques consacrées à la prise en charge des bouffées vasomotrices et des violences faites aux femmes, vous trouverez dans ce numéro une fiche pratique traitant des différentes lésions vulvaires bénignes pouvant être rencontrées en consultation.
Il s’agit bien évidemment d’une fiche non exhaustive, attachée à la description des lésions bénignes seules, et ayant pour vocation d’éclairer l’interne face aux nombreux diagnostiques pouvant être évoqués.
Devant l’ampleur du sujet traité, nous nous consacrerons aux lésions malignes au cours d’un prochain numéro de La Revue de la GynécoMed.
Nous tenons à remercier le Dr Patricia Senet pour le temps qu’elle a bien voulu consacrer à la relecture et à la correction de ce travail. En vous souhaitant une bonne lecture !

Variations physiologiques 
Après la ménopause, les grains de Fordyce et la papillomatose vestibulaire disparaissent progressivement

 

Grains de Fordyce

Glandes sébacées situées dans la partie superficielle du chorion. Petites lèvres, face interne des grandes lèvres, sillons interlabiaux. ~ Micro-papules jaunâtres, parfois regroupées en plaque.

 

Papillomatose vestibulaire

Environ 1/3 des femmes. 
Symétrique sur les faces internes des petites lèvres, s’étendant parfois sur tout le vestibule.

  • Se distingue des condylomes par son caractère translucide, filiforme.

Histologie  : Lésions papillomateuses exophytiques, centrées par un axe conjonctivovasculaire recouvert d’un épithélium. Présence de quelques cellules d’aspect koïlocytaire ne signifiant pas la présence d’une infection à HPV. Cet aspect cellulaire, dans une muqueuse, peut être un artefact favorisé par toute inflammation.


Dermatoses de localisation vulvaire

Lichen Plan

Affection chronique et récidivante, préférentiellement localisée sur la muqueuse buccale. Localisation génitale principalement chez les femmes non ménopausées. La forme clinique la plus fréquente est la forme érosive.

  • Forme stable : Isolée et asymptomatique ou forme séquellaire avec remaniements anatomiques.
  • Forme active : Érythème et érosions.
  • Grandes lèvres : Papules violines, comparables aux localisations cutanées de cette affection. Lésions érosives rares.
  • Face interne des grandes lèvres, petites lèvres, vestibule  : Lésions érosives fréquentes ± stries ou papules blanchâtres réticulées (comparables aux lésions de lichen plan buccal) ± plaques leucokératosiques.
  • Syndrome Vulvo-Vagino-Gingival  : Forme érosive touchant plusieurs muqueuses, rare mais sévère
    en raison de l’atteinte vaginale (synéchies). Vaginite inflammatoire desquamative et érosive avec leucorrhées hémorragiques spontanées et dyspareunie grave permanente. L’atteinte vaginale sans atteinte vulvaire est exceptionnelle.

Évolution : Synéchies des petites lèvres (entre elles, refermant l’orifice vestibulaire, ou avec les grandes lèvres adjacentes), encapuchonnement clitoridien.
Complication majeure (si érosif++) : formation de synéchies vaginales, de traitement très difficile car les récidives postchirurgicales sont fréquentes.

Traitement :

Éviter les savons acides, afin d’éviter une surinfection bactérienne et candidosique. Corticostéroïdes forts topiques.
Formes graves avec atteinte vaginale : corticothérapie per os (0,5 mg/kg/j) d’emblée et immunosuppresseurs.