Fellow montreal : Interview du Dr Arnaud GOUVION

Publié le 1652692206000


Comment t’es venu l’idée ?

Arnaud Gouvion : J’estime avoir eu une très bonne formation initiale en imagerie générale lors de mes stages d’internat au CHU de Reims, au CH de Charleville et au sein du Groupe d’imagerie médicale du Triangle. J’avais également eu l’occasion d’approfondir mes connaissances en radiologie musculo-squelettique lors de mon stage inter-CHU à l’hôpital Saint- Antoine. J’en profite pour remercier ces équipes pour leur pédagogie et leur sympathie.

J’ai choisi de donner une orientation musculo- squelettique à ma pratique. Je finissais mon internat en même temps que ma conjointe et nous avions entendu parler de cette possibilité de faire un ou deux ans au Québec dans le cadre d’un fellowship. Nous avons donc postulé et trouvé un poste chacun dans notre surspécialité. Donc c’est à la fois un projet professionnel très intéressant et une expérience de vie enrichissante.

Les études de médecine ne sont pas forcément propices à la mobilité, donc c’était l’occasion rêvée.
 
Le dossier est-il complexe ? Par où commencer ?
A. G. : Tout d’abord, il faut savoir si tu veux faire un fellowship de pratique clinique ou de recherche.
Les deux sont possibles au Québec. Alors qu’aux Etats-Unis par exemple, ce sont surtout des fellowships de recherche car il est plus difficile de faire un fellowship de pratique clinique.

Il faut commencer par postuler dans un service qui propose un poste de fellowship dans le domaine de la radiologie qui t’intéresse.

Dossier complexe ? La réponse est oui, surtout car il y a plusieurs étapes à respecter pour l’inscription à l’université, l’inscription à l’Ordre des médecins du Québec qui délivre la carte de stage indispensable à la pratique et l’obtention du permis de travail par le gouvernement canadien. Ces 2 derniers documents sont indispensables avant de commencer à travailler ici.

Pour être serein, il faut s’y prendre 1 an et demi à l’avance. Même si le parcours administratif est difficile, cela finit toujours par fonctionner et l’expérience en vaut vraiment la peine.

Quel est ton poste exactement et ton activité au quotidien ?
A. G. : J’occupe un poste de fellow-moniteur clinique en imagerie musculo-squelettique. C’est l’équivalent du poste de chef de clinique assistant (qui n’existe pas ici). A titre de comparaison, les CHU ici recrutent souvent des gens ayant fait 2 années de fellowship. Les médecins canadiens font cela en général dans une autre ville d’Amérique du Nord ou en Europe.

J’ai une exposition complète à l’imagerie musculo-squelettique avec lecture de cas de radiographies-EOS-échographies-IRM, arthro- TDM et IRM, exposition aux procédures d’infiltrations sous guidage scopique, échographique et scannographique. Le poste offre un accès aux procédures de cimentoplasties et l’autonomisation se fait progressivement en fonction du niveau de base. Je suis très satisfait de mon activité ici.

Je donne environ une fois par mois un cours aux internes (soit cours magistral, soit cas intéressants issus de ma pratique). Je participe à l’animation de la réunion radiologie MSK-rhumatologie régulièrement. Je reçois également des cours de mes patrons (environ 40 sur l’année). Il existe un compagnonnage important entre patrons-fellows et résidents lors des vacations.

La participation à au moins un travail de recherche  article est très encouragée (et bien sûr plus selon la motivation universitaire).

Un jour par semaine maximum est dédié à la recherche dans mon cas, ce qui est normal car c’est avant tout un fellow clinique.

J’ai eu l’occasion de présenter un cours lors du congrès annuel de la Société des Radiologues du Québec (SRQ)

Qui te rémunère et est-ce suffisant pour vivre sur place ?
A. G. : Je reçois un salaire fixe tous les 15 jours, environ équivalent au salaire d’un assistant en France. Ce salaire provient de l’association des radiologues de mon hôpital (le CHUM de Montréal). Oui c’est suffisant pour bien vivre. Montréal est une grande ville mais l’immobilier est abordable.

Je ne peux pas me prononcer pour le financement d’un fellow dans les autres hôpitaux du Québec ou du Canada, je pense que chaque structure a son propre système.

Participes-tu aux gardes de nuit ?
A. G. : J’ai une semaine d’astreinte par mois : je dois être joignable par téléphone toute la semaine (par l’interne sénior, en sachant que les internes ont un très bon niveau) et présent à l’hôpital le WE de 8H à 17H environ. A noter que les gardes sont comprises dans le salaire (pas de revenu supplémentaire à la différence de la France).

Détails pratiques : Horaires de travail : 8H- 18H environ.

J’ai 4 semaines de congés sur l’année et 2 semaines de congrès (ce qui est beaucoup pour l’Amérique du Nord où parfois les gens n’ont que 2 semaines sur l’année).

Y-a t il d’autres fellows avec toi ?
A. G. : Je suis le seul fellow en imagerie MSK actuellement. Cela arrive parfois qu’il y ait deux fellows en poste en même temps. J’ai de très bonnes conditions de travail, incluant un bureau personnel.

Il y a un fellow en neuroradiologie interventionnelle, plusieurs en radiologie interventionnelle vasculaire et un en imagerie abdominale.
 
Recommandes tu cette expérience ?
A. G. : Bien sûr ! C’est une expérience professionnelle et personnelle magnifique.

Côté professionnel, le fellowship permet de progresser dans un domaine d’intérêt, valorise le CV et permet de valider la mobilité pour les profils universitaires. Cela permet également de garder des contacts et de développer un bon réseau professionnel. On peut voir quels sont les avantages et inconvénients de l’organisation de la radiologie comparativement à la France.

Sur le plan personnel, ce fellowship me permet de vivre une année au Québec et de découvrir une nouvelle culture. C’est vraiment enrichissant.

A mon sens, le bon moment pour cette expérience est après l’internat.

Article paru dans la revue “Union Nationale des Internes et Jeunes Radiologues” / UNIR N°38

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