Exercice professionnel : l’endométriose

Publié le 1653288976000


Une maladie imaginaire ? Pas vraiment. Une maladie à connaître et reconnaître ? Tout à fait !

Toi, lecteur, sais-tu identifier cette maladie à partir des cinq symptômes suivants ?

  • De fortes douleurs pelviennes notamment pendant la période des règles.
  • Des douleurs lors de rapports sexuels.
  • Des tiraillements chroniques qui irradient le bas du dos.
  • Des périodes de fortes fatigues.
  • De l’irritabilité.

Tu as peut-être un doute, alors voici d’autres symptômes qui interviennent si le diagnostic n’est pas établi suffisamment tôt

  • Des troubles digestifs.
  • De fortes cystites.
  • Des saignements avec les selles.
  • Une hypofertilité.
  • Des sensations de malaise général.
  • Des douleurs abdominales diffuses.

Des facteurs de risque ?
On parle :

  • De col trop fermé, rétréci, étroit.
  • De déficience du système immunitaire (génétique ou environnementale).
  • D’une prédisposition génétique.
  • De règles trop abondantes…

Mais pour le moment, on ne sait pas à quoi est dûe cette pathologie. 

Pour te conforter dans ton diagnostic, je te confirme que
Le processus de la maladie ressemble à un cancer mais il ne s’agit pas d’une affection cancéreuse. Elle peut toutefois augmenter, mais de manière très faible, le risque de développer certains cancers.
Il ne s’agit pas d’une maladie mortelle, mais elle est très répandue.
On ne peut pas la guérir définitivement.

Nous y sommes !

Nous parlons bien d’une affection gynécologique complexe qui touche 1 à 2 femmes sur 10. Elle est due à la localisation de l’endomètre en dehors de la cavité utérine, il s’agit de l’ENDOMETRIOSE.

De quoi s’agit-il ?
Cette maladie inflammatoire, bénigne et chronique de l'appareil génital féminin s'explique schématiquement par le développement de l’endomètre (muqueuse utérine) en dehors de l’utérus qui colonise d’autres organes.

À la fin du cycle menstruel, s’il n’y a pas eu fécondation, une partie de l’endomètre est évacuée ce sont les règles. Certaines de ces cellules endométriales migrent à l’extérieur de l’utérus.

Elles réagissent alors aux hormones féminines de la même manière que celles de l’endomètre. Chaque mois, le tissu épaissit, se décompose et est expulsé mais ne peut pas s’évacuer.

Les cellules adhèrent alors à d’autres tissus et commencent à se diviser et à se multiplier. Il arrive qu’elles envahissent d’autres tissus ou qu’elles forment des filaments qui relient ensemble certains organes.

Il est essentiel de prendre conscience qu’avec l’endométriose, les douleurs des règles sont fortes. C’est une douleur intense qui s’aggrave avec le temps et que les antalgiques classiques ne peuvent pas soulager. L’intensité de la douleur pénalise fortement la qualité de vie des patientes, au point même d’altérer le niveau émotionnel de certaines.

En revanche, les symptômes sont parfois discrets, car atténués, par exemple, par la prise de la pilule. Il faut donc rester en alerte lorsque les douleurs lors des règles persistent.

Comment avoir le bon diagnostic ?
Une fois les premiers signes détectés, le diagnostic est à confirmer par un examen gynécologique, une IRM et un scanner ; éventuellement complété d’un colo-scanner et d’une échoendoscopie digestive.

L’endométriose, une fois avérée, est « classifiée » en fonction de son étendue et de sa gravité. Pour la soigner, un traitement hormonal peut suffire (de type : pilule pour supprimer les règles et ainsi supprimer les douleurs liées aux règles ; ou de type injection qui provoque une ménopause artificielle et permet la réduction des nodules) mais la patiente peut subir aussi de lourdes chirurgies pouvant aller jusqu’à l’hystérectomie.

 

Des thérapies complémentaires sont également bénéfiques aux « endogirls » (comme on les surnomme) :.
• Acupuncture,
• Sophrologie,
• Homéopathie,
• Mésothérapie,
• Ostéopathie,
• Naturopathie, phytothérapie, ...
Il faut y penser !

Il est aussi recommandé d’avoir une alimentation équilibrée et de pratiquer le sport (la production d’endorphine pouvant atténuer la douleur).

Et la fertilité ?
Lorsque le diagnostic est tardif (diagnostic après 30 ans), la chirurgie ne peut plus enlever les lésions et les médicaments ne suffisent pas à empêcher l’infertilité. Environ 3 à 4 femmes sur 10, souffrant d’endométriose, présentent un problème d’infertilité, tout dépend du degré d’atteinte de la maladie et du siège des lésions.

(A titre d’exemple, si les trompes de la patiente sont bouchées, sa fertilité est totalement compromise).

Les femmes souffrant d’endométriose peuvent intégrer les centres de procréation médicalement assistée. Elles entament alors un nouveau parcours difficile et tout aussi douloureux.

Et l’humain ?
L’aspect médical ayant été abordé. Il m’apparaît désormais indispensable de parler de l’humain. Qui suis-je pour écrire cela et quelle est ma légitimité sur ce sujet ?

Je suis Edwine H. une femme de presque 40 ans atteinte d’une endométriose sévère.

En 24 ans, mes douleurs n’ont été ni entendues ni reconnues par mon médecin de famille, différents généralistes et gynécologues.

Sans doute considérée comme une « malade imaginaire », ce n’est, finalement, que lorsque mon dossier a été confié au responsable d’un centre de PMA, qu’en quatre petites questions, il a posé un diagnostic (enfin exact !) sur mes maux et mes mots. Il est aussi recommandé d’avoir une alimentation équilibrée et de pratiquer le sport (la production d’endorphine pouvant atténuer la douleur).

Quelles questions ?
Rappellez-vous du début de cette lecture :

  • De fortes douleurs pelviennes notamment pendant la période des règles ;
  • Des douleurs lors de rapports sexuels ;
  • Des tiraillements chroniques qui irradient le bas du dos ;
  • Des périodes de fortes fatigues.

Malheureusement, mon endométriose a été identifiée alors que la maladie avait déjà oeuvré sur mes ovaires, mes trompes, mes parois intestinales.

Pour espérer devenir mère, j’ai alors suivi un très long parcours de PMA avec tous ces espoirs et ces échecs.

Retrouvez et partagez mon histoire avec vos patientes via mon témoignage sur l’endométriose et les FIV (le tout saupoudré d’une pointe d’humour nécessaire pour avancer).

Par cet article, j’espère avoir réussi à vous alerter suffisamment sur les symptômes de l’endométriose et ses conséquences.

Pour que cette maladie soit connue et reconnue de tous.

Edwine H. 

Sources :

  • http://www.pic-sante.com/pathologies/endometriose/lendometriose/
  • http://www.hpsj.fr/nos-specialites/les-centres-specialises/centre-de-lendometriose/presentation/
  • http://guide-ide.com/lendometriose/
  • « Encore un Noël sans bébé » / Edwine H (ebook ou papier) sur Librinova, Amazon, LaFnac, Le Forum du livre, Cultura …

Article paru dans la revue “Le Bulletin des Jeunes Médecins Généralistes” / SNJMG N°20

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