Étude de la qualité de vie des Gynécologues-Obstétriciens : Une enquête nationale

Publié le 12 Mar 2024 à 16:22
Article paru dans la revue « AGOF / Le Cordon Rouge » / AGOF N°25
#Gynécologue-obstétricien
#Gynécologue médical


Introduction

L’obstétrique est une spécialité contraignante de par le rythme de travail soutenu et les situations de stress répétées. Elle rencontre actuellement des difficultés que l’on peut constater à travers la fermeture de maternités et un nombre conséquent d’obstétriciens qui se sont convertis à la pratique libérale de consultation, sans garde. L’objectif de cette étude était d’évaluer la qualité de vie des obstétriciens afin (i) d’identifier des facteurs de risque de burnout et (ii) développer des stratégies de prévention efficaces.

Matériel & Méthode

Un questionnaire Google forms évaluant la qualité de vie et l’équilibre vie personnelle/vie professionnelle a été envoyé par mail à 1 397 membres du Collège National des Gynécologues Obstétriciens Français (CNGOF). Il s’agissait d’une enquête transversale multi centrique déclarative.

Résultats

457 réponses ont été collectées entre juin et septembre 2021 (taux de réponse à 30 %). Parmi les répondants, 31.3 % ont déclaré avoir présenté un épisode de burnout ; dont le principal facteur de risque associé était le faible nombre de personnes sur le tableau de garde (p<0.001). Concernant l’activité de garde, 57.8 % considèrent qu’elle a un impact négatif sur leur vie personnelle, 34,1 % souhaiteraient l’arrêter et 81.3 % pensent qu’une valorisation financière permettrait de maintenir l’attractivité. L’aspect médico-légal est non négligeable puisque 70 % des répondants déclarent qu’il influence leur pratique quotidienne. Enfin, 86.8 % des répondants sont affectés par la médiatisation des violences obstétricales.

Conclusion

Cet état des lieux met en évidence une profession stressante avec un taux de burnout élevé où l’impact de l’aspect médico-légal est réel. Revoir la durée des gardes à 12h ainsi qu’une meilleure reconnaissance salariale pourraient être des leviers d’actions.

Margaux Merlier1 , Louis Ghesquière1, 2, Cyril Huissoud3 , Elodie Drumez2, 4, Oliver Morel5 , Charles Garabedian1, 2

1- CHU Lille, Department of obstetrics, F-59000 Lille, France.
2- University of Lille, ULR 26 94- METRICS, F-59000 Lille, France.
3- Département de gynécologie, Hôpital universitaire de la Croix-Rousse (Hospices
      Civils de Lyon), Université Claude Bernard Lyon 1, Lyon, France.
4- CHU Lille, Department of statistics, 59000 Lille, France.
5- CHU Nancy, Université de Lorraine, France

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Publié le 1710256937000