Enquête logement-transport

Publié le 1655187979000

La question du logement et du transport pour les stages est une thématique sur laquelle l’ANESF travaille depuis de nombreuses années. En juin 2021, la commission des affaires sociales de l’ANESF (CASA) avait réactualisé l’enquête logement-transport. Cette enquête a été poursuivie et approfondie en janvier 2022 et a mis en lumière les résultats suivants :

Les étudiant·e·s sages-femmes du premier cycle réalisent en moyenne 12 semaines de stages en 2ème année, et 23 semaines et 6 jours de stages en moyenne en 3ème année. Le deuxième cycle est régi par le statut d’étudiant.e hospitalier·ère, qui impose un mi-temps, au minimum, entre la formation théorique (cours) et la formation pratique (stages). Les étudiant·e·s de 4ème année réalisent en moyenne 24 semaines et 1 jour de stages, et les étudiant·e·s de 5ème année ont en moyenne 28 semaines de stages. Le statut d’étudiant·e hospitalier·ère permet aux étudiant·e·s de deuxième cycle de bénéficier d’une indemnité forfaitaire de transport, qui est de 130€ bruts par mois, lorsque le stage est à plus de 15km de l’établissement de formation ou du domicile de l’étudiant·e. Celle-ci n’est donc accessible qu’aux étudiant·e·s de 4ème et 5ème année. Nous avons pu remarquer que malgré l’existence de cette indemnité, dans 15 établissements de formation sur 32, elle n’est pas versée correctement.

Les étudiant·e·s sages-femmes réalisent ainsi beaucoup de stages, souvent organisés sous forme de garde de 12 heures, en alternance de jour/nuit (7h-19h, ou 19h-7h par exemple). Ces derniers ont lieu dans des maternités situées en moyenne à 65,88 km, et pouvant aller jusqu’à 352km de leur structure de formation. Or, les étudiant·e·s de 2ème et 3ème année ne bénéficient d’aucun dispositif de prise en charge de leurs frais de transport.

Cette enquête1 a également révélé qu’un·e étudiant·e sage-femme parcourt en moyenne 4 599,75km pour 19 semaines de stages par an, avec une disparité interrégionale très marquée. Il a aussi été mis en lumière que moins d’un établissement de stage sur 10 propose un logement pour les étudiant·e·s sages-femmes, et que lorsque c’était le cas, la propreté du logement est estimée à 4/10.

Les stages en périphérie, dits stages délocalisés, sont pourtant un atout pour les étudiant·e·s sages-femmes. En effet, ils leur permettent de découvrir le fonctionnement d’autres maternités, et la diversité des pratiques des sages-femmes. Cependant, la charge que représentent les trajets sont un frein à l’épanouissement pédagogique des étudiant·e·s. Certain·e·s d’entre elles et d’entre eux nous ont notamment témoigné avoir dû rentrer en taxi, ou encore avoir dû s’arrêter sur une aire d’autoroute pour éviter de conduire après une garde de nuit, et 9 étudiant·e·s sur 10 se déclarent dépendant·e·s ou partiellement dépendant·e·s d’une aide ou d’un tiers1 .

C’est pourquoi l’ANESF collabore avec les instances locales afin de développer la mise à disposition d’hébergements territoriaux pour les étudiant·e·s en santé, en s’appuyant notamment sur la charte d’accueil des étudiants en santé2 signée en 2019 par nombreux·ses acteur·rice·s.

Emie Jourdain,
Vice-Présidente en charge des Affaires Sociales
et de la Défense des Droits à l’ANESF 2021-2022

1 Enquête sur les frais de logement et de transport lors des stages délocalisés – ANESF – Association Nationale des Etudiants Sages-Femmes
2 Enquête Bien être étudiant de l’ANESF 2018 – ANESF – Association Nationale des Etudiants Sages-Femmes
3 Charte d’accueil des étudiants en santé dans tous les territoires - Fédération Hospitalière de France (FHF)

Article paru dans la revue “L’Engagement” / ANESF n°45

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