Covid-19 en psychiatrie

Publié le 1653930102000

 

TOUS SOLIDAIRES CONTRE L’ÉPIDÉMIE DE COVID-19

Les co-signataires veulent dire leur mobilisation pleine et entière pour faire face à la crise sanitaire du COVID-19 qui touche aujourd’hui notre pays sur l’ensemble du territoire et dont l’impact sur les patients dont ils assurent la prise en charge est majeur.
Ils témoignent du professionnalisme des équipes de psychiatrie qui assurent continuité et proximité des soins dans des conditions rendues très difficiles par la gravité du contexte auprès des patients les plus vulnérables pour lesquels le climat et les mesures de confinement anxiogènes sont autant de facteurs de risque de décompensation de leur état de santé psychique. Sur le terrain les professionnels ont su se réorganiser très rapidement pour prendre en compte prévention dépistage et prise en charge des problèmes liés au COVID-19 dans leurs établissements. Ils l’on fait tout en maintenant leur activité ambulatoire indispensable, la psychiatrie d’urgence et de liaison, leur contribution aux CUMP, le soutien psychologique des équipes exposées, l’articulation avec leurs partenaires du champ médico-social, etc.

Les groupes d’entraîde mutuelle se sont adaptés en maintenant l’indispensable contact avec leurs adhérents.
Comme l’ensemble des professionnels de santé les co-signataires ne peuvent que déplorer les insuffisances concernant l’indisponibilité des matériels de protection les exposant au risque de contamination. Ils mettent tout en œuvre pour que les partenariats soient effectivement opérationnels notamment pour faciliter les transferts rapides en service de psychiatrie en aval des urgences tout en sachant que les services de psychiatrie peuvent être confrontés à des situations cliniques nécessitant l’intervention des services de soins intensifs et de réanimation.

C’est pourquoi les directives nationales doivent veiller à intégrer les enjeux particuliers auxquels TOUS SOLIDAIRES CONTRE L’ÉPIDÉMIE DE COVID-19 COVID-19 EN PSYCHIATRIE sont confrontés patients proches et professionnels au regard des vulnérabilités propres aux troubles psychiques et qu’elles prennent en compte les fortes contraintes relatives à la maladie mentale et au handicap psychique.

Les cosignataires demandent une gouvernance de crise en phase avec les réalités de terrain de psychiatrie et ce de façon structurelle. Enfin, ils veulent assurer l’ensemble des professionnels et la population du pays de leur totale solidarité face à l’épreuve d’une épidémie qu’ils combattent ensemble avec détermination.
- Michel DAVID : Président de la Fédération Française de Psychiatrie (FFP)
- Renaud PEQUIGNOT : Président d’Avenir Hospitalier
- Jacques TREVIDIC : Président Confédération des Praticiens Hospitaliers (CPH)
- Sadek BELOUCIF : Président du Syndicat National des médecins, chirurgiens, spécialistes, biologistes et pharmaciens des Hôpitaux Publics (SNAM-HP)
- Marc BETREMIEUX : Président du Syndicat des Psychiatres des Hôpitaux (SPH)
- Rachel BOCHER : Présidente de l’Intersyndicale des Praticiens Hospitaliers de France (INPH)
- Michel DAVID : Président de l’Association des Secteurs de Psychiatrie en Milieu Pénitentiaire (ASPMP)
- Claude FINKELSTEIN : Présidente de la Fédération Nationale des Associations d’usagers en Psychiatrie (FNAPSY)
- Emmanuel LOEB : Président Jeunes Médecins
- Alain LONGONE : Président de la Fédération de l’Hospitalisation Privée en Psychiatrie (FHP-Psy)
- Gladys MONDIERE : et Benoit SCHNEIDER Co-Présidents de la Fédération Française des Psychologues et de Psychologie (FFPP)
- Marie-Rose MORO : Présidente du Collège National des Universitaires de Psychiatrie (CNUP)
- Christian MÜLLER :  Président de la Conférence nationale des Présidents de Commissions Médicales d’Etablissement de Centres Hospitaliers Spécialisés
- Antoine PERRIN : Directeur Général de la Fédération des Etablissements Hospitaliers et d’Aide à la Personne - Privé et non lucratifs (FEHAP)
- Annick PERRIN-NIQUET : Présidente du Comité d’Etudes des Formations Infirmières et des Pratiques en Psychiatrie (CEFI- Psy)
- Marie-Noëlle PETIT Présidente de l’ANPCME
- Marie-Jeanne RICHARD : Présidente de l’Union Nationale de Familles et Amis de personnes malades et/ou handicapés psychiques (UNAFAM)
- Association Nationale : des Psychiatres Présidents et Vice-Présidents de Commissions Médicales d’Etablissement des Centres Hospitaliers
- Zaynab RIET Déléguée : Générale de la Fédération Hospitalière de France (FHF)
- Norbert SKURNIK : Président de la Coordination Médicale Hospitalière (CMH) Président de l’Intersyndicale de la Défense de la Psychiatrie Publique (IDEPP)
- Michel TRIANTAFYLLOU : Président du Syndicat des Psychiatres d’Exercice Public (SPEP)

LA DIGUE FRAGILE ENTRE CRISE SANITAIRE
ET SCANDALE SANITAIRE VA-T-ELLE TENIR ?
Communiqué 29 mars 2020

Ce ne sont pas les directives DGOS, lentes à venir, qui ont pu aider les secteurs de psychiatrie à appliquer les décisions aux accents guerriers contre la propagation du virus : c’est parce que l’organisation de la psychiatrie repose depuis des années sur un dispositif déployé entre l’hôpital et l’ambulatoire que les réflexes des professionnels en psychiatrie ont fait partout se réorganiser les moyens, selon des priorités inédites et contradictoires.

Et c’est la solidité des liens de confiance déployés au fil des années entre les équipes de soins et les patients, ou la coordination solidaire entre les lieux de soins extra et intra hospitaliers qui sont les outils de cette nouvelle mise à l’épreuve.

Le secteur, condamné à disparaître selon le dernier rapport parlementaire vanté par Mme Wonner pour sa soi-disant inefficacité d’organisation, s’est immédiatement efforcé de maintenir le soutien aux patients confinés en ambulatoire, d’éviter la contamination en réorganisant les accueils et les conditions de séjour hospitalier, de lutter contre les ruptures thérapeutiques par des visites à domiciles ciblées et le maintien de dispensation de traitements à des personnes vulnérables et précaires.

Le secteur, auquel les politiques hospitalières successives n’ont cessé de reprocher son cloisonnement, participe à ne pas aggraver la surcharge des services de soins somatiques en ouvrant dans des locaux inadaptés, sans tests et sans équipements suffisants, des unités pour patients covid 19 +, et quand il peut, tente d’apporter un soutien psychologique aux soignants, aux familles endeuillées, à de nouvelles personnes touchées par la diffusion des angoisses.

Mais à quel prix et pour combien de temps ?

Le parent pauvre de la médecine, selon la formule consacrée par des années de constat de crise en psychiatrie, a vu défiler les directives sur l’usage obligatoire des masques en milieu sanitaire, sans masques et d’emblée rationnés lorsqu’ils lui parviennent : dans des locaux inadaptés aux directives de distanciations et pour des personnes souvent incapables de respecter les mesures de prévention, sans possibilités de réaliser les tests diagnostiques utiles à isoler les personnes contaminées, les soignants craignent aussi d’être vecteurs de propagation.

Avec les nécessités de confinement, il n’aura fallu que quelques heures pour mettre à bas la politique sectorielle de lutte contre l’isolement des patients  : la fermeture des hôpitaux de jour, des centres d’activités, la réduction de l’accueil dans les CMP, ajoutent aux risques de réduction des droits des patients ; les services se referment sur des confinements collectifs, les risques de recours excessifs à l’isolement s’en trouvent favorisés, l’impossibilité de maintenir les audiences de contrôle des mesures de soins sans consentement majore pour les patients les effets d’un Droit d’exception. La décision du Conseil d’Etat qui vient, dans une actualité focalisée sur la propagation du virus, de rejeter tous les recours contre le décret du 6 mai 2019 n’est pas un signe encourageant. Nul besoin d’être devin pour prédire que le confinement prolongé aura des conséquences en termes de ruptures de soins, de décompensations psychiques, de mises en danger d’enfants et de personnes vulnérables au sein de familles fragilisées. La psychiatrie doit déjà faire face.

Quand les annonces solennelles se succèdent à mesure que le covid 19+ se propage, et que de futurs moyens de lutte sont promis pour des temps à venir encore plus difficiles, les autorités feraient bien de se souvenir que 2 millions de personnes sont déjà suivies en psychiatrie : si les statistiques guident les décisions, elles devraient tenir compte de celles qui touchent spécifiquement la psychiatrie.

Les patients de psychiatrie, souvent atteints de comorbidités, ne doivent pas rejoindre d’autres invisibles, non comptabilisés parmi les personnes contaminées s’ils ne sont pas hospitalisés en services de soins somatiques. Les soignants en psychiatrie doivent absolument disposer des moyens de lutter contre la contamination des personnes dont ils ont la charge.

Car les conditions d’un scandale sanitaire en psychiatrie sont sur le point d’être réunies.

CHRONIQUES DES RÉGIONS
Retours d’expériences mars - avril 2020

AUVERGNE-RHÔNE-ALPES
Bonsoir à tous les deux,
Merci pour votre message.
J’espère déjà que vous allez bien, ainsi que vos proches, dans cette période bien spéciale. J’ai peu de retours « régionaux ». Localement, l’hôpital se prépare. D’une façon qui me parait parfois particulière puisque des projets qui ne semblent pas forcément primordiaux sont accélérés.
Ça donne l’impression que c’est la course à l’innovation (plusieurs plateformes, étude sur les effets du confinement, conseils pour bien vivre son confinement (cohérence cardiaque…)).
A côté de toute cette innovation, par exemple, côté pédopsychiatrie, alors que les secteurs sont de taille importante, il n’a été laissé ouvert qu’un CMP par secteur, avec le strict minimum (voire un peu moins) au niveau du personnel (un médecin, un infirmier). Le coronavirus me semble parfois un prétexte pour continuer de désagréger le secteur.
Sinon, pour l’instant, sur le Vinatier, peu de cas positifs (3 patients dont un avec une forme plus grave, 8 soignants, jusqu’à aujourd’hui). On a eu des masques il y a une semaine (des chirurgicaux, et des FFP2 périmés depuis 2007). On a des SHA.
Les soignants sont remarquables d’engagement et de professionnalisme je trouve. Dans le lien ci-dessous, une vidéo réalisée par des collègues de notre service d’urgence : « nous ne sommes pas des héros ».  https://www.facebook.com/cgtvinatier/videos/1269641803426594/? Amicalement,

Stéphane

Bonsoir,
J’ai vu passer ce que Stéphane vous a envoyé et cela me semble bien juste et synthétique.
A partir de cette semaine l’intégralité des entrées devraient être testées et réparties selon les unités covid + ou pas.
Pour le pôle où je travaille, psychiatrie de la personne âgée nous avons fait des sorties et nous nous organisons avec une unité spécialisée dans l’accueil des entrées qui seront donc testées préalablement. Les 15 derniers jours nous avions une suspicion levée par test et un cas contact pour lequel nous n’avions pas pu obtenir de test. Nous venons de passer 15 j avec des FFP2 datant de Bachelot qui se décomposent au niveau de la mousse de la barrette au niveau du nez mais nous avons trouvé qu’en enlevant la mousse et en mettant un sparadrap sur les débris de mousse, nous avons réussi à les porter. A partir de ce we nous devrions avoir des masques chirurgicaux neufs et quelques boites de FFP2 non périmés. Nous avons reçu des lunettes de protection ce mercredi. Il y a des cas sur l’hôpital et un bulletin épidémio s’y organise. Un certain nombre de personnels sont en télétravail (secrétaire, as, psycho). On essaie de travailler en binôme qui ne se croisent pas pour préserver les forces vives.

Blandine

Bonjour Marc,
Je te remercie de ton courriel et viens t’indiquer que pour le moment la situation est gérable avec mise en place très tôt des préconisations qui se sont généralisées ensuite telles que cellule de crise régulière, fermeture des H.J., CATTP, poursuite de l’activité CMP avec consultations majoritairement par téléphone, unité COVID avec lits disponibles actuellement, coordination dans le cadre GHT (avec le C.H. de Valence, lits réa disponibles, équipe infectiologie, dépistage), gestion du personnel organisée dans le contexte de crise (télétravail ,présentiel, remplacements).
Au début inquiétudes par rapport au manque de masques et matériel, en amélioration sensible actuellement ; à noter, implication voire créativité des soignants par rapport à l’organisation mise en place, particulièrement en ambulatoire.
Mais la crise est loin d’être terminée et voir ensuite les conséquences sur nos patients.
En espérant que cela se passe le moins difficilement possible dans ta région. Bien amicalement et bonne journée.

Jean-Louis

Bonjour Marc, et bonjour Isabelle,
On commence ici avec nos premiers soignants et médecins qui l’ont chopé PCR confirmés. Base de départ avant le coco : 37% des temps de psychiatres du pôle non pourvus. Ma cadre sup et la moitié des cadres sur le flan. Pour 160 lits : 1,8 poste de généraliste pourvu sur 3 ETP théorique, 2 extracteurs, pas d’O2 aux chambres, sauf petites bouteilles.
Des tableaux compatibles COVID de plus en plus fréquents chez les patients, mais difficultés à obtenir les PCR.
Les réas se remplissent lentement mais sûrement. Je bosse les procédures de fin de vie asphyxiques de la SFAP.
Que du bonheur. On va tanguer.
Ce coup de rouge ensemble promis et reporté aux Oies commence à me manquer de plus en plus. Ou de blanc. Je ne suis pas sectaire. Amicalement

PF

BOURGOGNE-FRANCHE COMTÉ
Pour le Doubs voici en copie un courrier des médecins de Novillars  :

Monsieur le Président,
Mesdames, Messieurs Membres du Conseil de Surveillance du Centre Hospitalier de Novillars,
Nous, Professionnels de santé du Centre Hospitalier de Novillars dans le Doubs, portons à votre connaissance notre inquiétude quant aux risques sanitaires vis-à-vis de nos conditions de travail actuelles, et par là-même appuyons les demandes pressantes déjà formulées par la Direction du Centre Hospitalier de Novillars et le Président de la CME pour obtenir des moyens de protection supplémentaires.
En effet, nous sommes dans une région particulièrement affectée par l’épidémie de covid19. Nous continuons à accueillir de nouveaux patients dans notre Hôpital, potentiellement à risque d’être porteurs du coronavirus, exposant plus encore les patients déjà hospitalisés et eux-mêmes fragilisés de par des comorbidités. Nous craignons une dissémination rapide de l’épidémie dans notre établissement du fait d’une proximité interindividuelle inhérente à notre activité. Nous vous rappelons également que la spécificité de notre discipline, si elle est compromise, expose les services d’urgence déjà surchargés à devoir gérer des patients en souffrance psychique.
Dans le contexte actuel de confinement général de la population et de « guerre sanitaire » déclarée par le Président de la République face à un virus extrêmement contagieux et avec une période de portage asymptomatique, il est indispensable de permettre à tout soignant de porter un masque, dernière barrière à la dissémination de la maladie et donc dernière barrière à la mise en danger des patients, des soignants et de leur famille.
Nous vous informons que jusqu’à ce jour 23 mars 2020, il n’était pas possible au CHN de porter un masque, faute de matériel pour tout soignant. Ce même jour, la direction nous informe de l’arrivée du premier approvisionnement de l’Etat en masque pour une durée d’une semaine. Il est impératif que nous disposions d’une visibilité au-delà d’une semaine pour sécuriser l’ensemble des professionnels de l’hôpital. Nous sollicitons votre soutien dans la pérennisation des approvisionnements du matériel de protection (masques, lunettes, surblouses,…). Malgré tous les efforts déployés par notre établissement pour obtenir le matériel dont nous avons besoin, nous tenons à vous faire part des risques auxquels nous sommes confrontés chaque jour et de la nécessité d’aboutir à une solution urgente.
Dans l’histoire, la psychiatrie a souvent été laissée pour compte en période de crise, nous espérons qu’en 2020 les pouvoirs publics veilleront à assurer une égalité de traitement aux patients souffrant d’une pathologie psychiatrique ou non.
En vous remerciant de l’attention portée à la lecture de cette lettre, soyez assurés que notre investissement auprès des patients et de leur famille reste intact.
La Communauté Médicale du Centre Hospitalier de Novillars et les syndicats FO  ; CGT  ; SUD Solidaire
Pour  le CHS la Chartreuse  dont je suis le président de CME par intérim nous sommes dans la même problématique de masques et de gel.
Les cmp sont ouverts avec des consultations par téléphone. les services sont aménagés pour avoir le plus de chambres à un lit.
Nous avons ouvert une plateforme d’écoute pour la population et les soignants, celle-ci est composée de psychologues du chs volontaires.
Des tensions apparaissent liées à la peur.
Je fais le tour des autres chs…
Amicalement

Pierre

BRETAGNE
Bonjour Marc,
Je vais mieux après quelques soucis de santé. J’ai repris lundi dans le contexte épidémique et de préparation à l’accueil de patients COVID +.
Sur la Bretagne des unités dédiées pour les patients COVID + se mettent en place dans les établissements et les cliniques psy également. Se posent les problèmes suivants :
- Manque de somaticiens dans certains établissements.
- Manque de masques également avec pour doctrine actuelle par l’ARS du port de masque pour les soignants dans les unités où un cas de COVID avéré s’est déclaré.
- Manque de matériel de protection : sur-blouse, etc.
Les stocks existants sont orientés vers le MCO ce qui pose problème pour les unités psy-COVID. Inquiétude des équipes par rapport au risque de contamination.
Sur L’EPSM CHARCOT :
- Réunions quotidiennes dans le cadre du plan blanc de la cellule de crise.
- Réunions hebdomadaires pour organiser les présences médicales (en lien avec la pénurie de psychiatres dans l’établissement). Notre directrice a pu obtenir des moyens pour embaucher des intérims et les internes seront prolongés dans l’établissement.
- Audio conférence avec l’ARS tous les mardis et l’ensemble des établissements psy.
En ce qui concerne notre préparation :
- Réorganisation des consultations avec téléconsultations sur les CMP accueil au cas par cas si nécessaire et VAD également.
- Réorganisation de la filière d’admission afin de préserver les unités accueillant des patients fragiles âgés ou hospitalisés au long cours et d’éviter au maximum la contamination des patients hospitalisés. Réduction du nombre d’unité d’admission à 2 unités de 25 lits, 2 unités de préparation à la sortie (post admission) et transformation d’une unité de 15 lits en unité COVID.
- Création d’un accueil spécifique dans l’hôpital (infirmier, cadre, somaticien et psy) pour limiter les admissions non psychiatriques et pour détecter les patients potentiellement porteur en particulier les patients se présentant en direct ou qui non pas eu d’examen somatique afin d’envisager un confinement en chambre seule et des mesures adaptées dans l’attente des résultats du test avec orientation vers l’unité COVID de 15 lits en cas de positivité avec signes cliniques sans critère de gravité.
- Création d’une équipe de prélèvement dans l’hôpital. Accord du 15 pour le test (nous souhaiterions qu’il puisse être effectué le plus souvent possible en cas de suspicion).
- L’équipe EMPP est intégrée à la PEC des personnes SDF COVID+.
En ce qui concerne la pédopsy  :
Unité de 8 lits ayant peu de patients actuellement. Crainte d’un afflux de patients via la pédiatrie du fait du confinement et de l’arrêt des PEC dans bon nombre de structures.
Orientation envisagée des jeunes patients vers unité COVID en débat.
Les équipes s’adaptent comme les patients, pour le moment, mais nous en sommes au début et confrontés à beaucoup d’incertitudes. Les soignants sont inquiets et nous avons dans l’établissement 1 médecin et 2 infirmiers positif. Ma collègue et amie à pu reprendre son travail aujourd’hui, elle va bien. Les collègues infirmiers sont chez eux et leur état n’est pas critique. 
Nous travaillons sur les articulations et la compréhension de nos besoins (en test par exemple), de nos moyens et limites à la médicalisation vis-à-vis du centre 15 et des urgences.
Également sur l’impact du confinement prolongé pour les patients hospitalisés ou en ambulatoire, de la prise en charge optimale des patients psychotiques sur le plan psychiatrique et somatique en ambulatoire dans un contexte particulièrement tendu avec majoration des difficultés dans l’accès aux soins ce qui nécessite une forte attention et mobilisation des équipes de secteur. Je vais prendre des contacts avec les collègues PCME de Bretagne.
Je referais le point avec toi et Soazic régulièrement.
J’espère que tu vas bien.
A très bientôt 
Bien Amicalement

Laurent L

Bien ici, la vague n’est pas encore arrivée… mais nous avons tout réorganisé, l’activité est particulière, uniquement des prises en charges individuelles, de la téléconsultation, des VAD, des communications téléphoniques… Des collègues font des permanences pour répondre aux appels du SAMU après une courte formation. On nous a demandé d’anticiper possible absentéisme (déjà quelques collègues arrêtés car grossesse ou lourds ATCD)  ; nous avons mis une organisation particulière pour les gardes et astreintes. Il n’y a plus de permissions pour les hospi temps plein… Et il y a le projet d’une unité psy COVID  + si plus de 3 patients sur le pôle, qui elle serait équipée et bien brieffée (autrement chez nous pas de masques…). Nous avons obtenu que les équipes de pédo soient pour une part d’astreinte au domicile (le statut n’a pas l’air encore très clair), mais ça n’a pas fonctionné pour la psy adulte apparemment. Je n’ai pas d’échos des autres établissements sauf Quimper : Sur le CMPI de Quimper, les hôpitaux de jour accueillent en individuel certains enfants. Le CMP privilégie la téléconsultation mais des consultations sont possibles, notamment les urgences pour éviter des afflux vers les services de pédiatrie. En hospitalisation continue, les permissions et les visites ne sont plus autorisées et nous avons fait sortir tous les patients suffisamment rétablis avec lien téléphonique régulier par les équipes soignantes. Nous avons mis à disposition notre «  internat thérapeutique  » pour le département  : les enfants placés infectés pourraient y être rassemblés…
Nous n’avons pour l’instant pas de soignants ou de patients infectés dans notre EPSM.
Je vais demander aux collègues syndiqués s’ils peuvent me faire quelques retours de la situation chez eux.
Amitiés et prenez bien soin de vous  !

Soazic

Bonjour Marc, bonjour Isabelle,
en tant que PCME à la FBS, nous avons une Cellule de crise dans mon établissement d’abord quotidienne et maintenant tri-hebdomadaire. En PSY en BRETAGNE pas de cas COVID 19 + en psy à ce jour mais inquiétude car nous sommes en manque de moyens à court terme : masques et solutions désinfectantes SHA mais surtout l’accès aux tests qui n’est pas évident car psy manifestement en seconde ligne... cela devrait s’arranger si nous avons assez de masques mais nous allons retenir la forme tissu. L’hôpital est totalement réorganisé dont un pavillon d’admission unique avec évaluation somatique immédiate avec zone COVID + proche car nous allons devoir garder ces patients dans un espace dédié sur site sauf dégradation clinique + = alors MCO   ? ... maintien des soins résidentiels avec travail en téléconsultation dans les structures ambulatoires pour éviter le déplacement des patients ; régulation systématique des appels des patients avec des IAO : équipe infirmière d’accueil et d’orientation en lien et réponse permanente aux médecins généralistes du territoire : numéro de téléphone dédié direct et confidentiel (existant déjà auparavant) aux professionnels et les hôpitaux MCO partenaires où l’échange est permanent avec équipe IDE sur site MCO et psychiatre en liaison : 3 établissements directement... Equipe médico-infirmières totalement mobilisées comme les équipes de directions et logistiques. Échange hebdomadaire en audio-conférence avec l’ARS et les autres établissements bretons similaires ; DG et PCME. Même problème pour l’accès aux matériels dont masques. Nous nous préparons à la vague croissante mais peu d’admissions tant en HL que SSC ; il est vrai que nous régulons en amont comme les autres CH PSY BZH. quelques populations «  nouvelles  » avec l’arrivée d’urbains parisiens surtout qui ont migré en BZH dans leurs résidences secondaires du littoral : donc situation en contrôle mais ARS en difficulté pour nous approvisionner en matériel... risque problème pour CH à effectif médical réduit surtout si collègues trop âgés ou à risque s’arrêtent avec le risque d’arrêt de travail plus ou moins prolongé ou nombreux. Mais les équipes tiennent médicalement comme les IDE ou autres soignants avec une bonne mobilisation des personnels partout... restant à disposition dès que besoin. Amicalement.

René

DOM-TOM
GUADELOUPE
Bonjour Monsieur le Directeur,

Je me permets de vous écrire, en ma qualité de représentant de la CME au CHSCT, au sujet l’absence de masques pour une majorité  du personnel soignant de l’EPSM notamment en intra-hospitalier. Lors de la réunion de lundi en présence de plusieurs médecins, vous nous avez informés de la livraison de masques pour le 25/03/2020. J’apprends ce jour que les masques ont été reçus mais que notre collègue somaticien, Dr LE GAL a dû négocierla distribution « partielle » de masques pour le personnel soignant (1/jour lors des soins…) alors que nous sommes en phase épidémique et que nous devrions tous porter des masques en présence des patients et lorsque nous nous côtoyons ! J’ai l’impression que l’équipe de la Direction et l’ARS ne connaissent pas la psychiatrie et les patients qui y sont hospitalisés… Nos patients, compte tenu de leurs pathologies ne respectent pas pour une majorité les mesures barrières. De plus, ils présentent de nombreuses comorbidités qui les rendent davantage vulnérables au COVID-19. En cas de patient COVID-19 à l’EPSM, le virus va se répandre de manière exponentielle et il y aura des morts… Beaucoup. Et des responsables… Qui peut transmettre ce virus à nos patients actuellement hospitalisés ? - Les patients entrants que nous continuerons à soigner malgré la défaillance ou le mépris des autorités « compétentes » ; - Nous, les soignants, potentiellement porteurs asymptomatiques, qui avons choisi ces métiers pour « sauver », « guérir » ; sommes contraints à de probables homicides involontaires… Enfin, j’aimerais savoir si l’équipe de la direction a décidé de commander uniquement 190 masques/jour ou l’ARS n’a pas daigné nous en donner davantage car la psychiatrie ne compte pas et encore moins en temps de « guerre ». Cordialement

Dr Dimitri COCOYER

MARTINIQUE
Fort-de-France
Bonjour Marc
Voici donc quelques nouvelles de notre région et des aménagements plus ou moins propres à la pandémie en cours :
- Les urgences de psychiatrie, jusque-là traitées au CHU ont été rapatriées au CHS, mais cela n’a été qu’une discrète anticipation d’un aménagement déjà prévu.
- Une unité d’hospitalisation de patients atteints du Covid 19 est en préparation, mais aucun cas n’a encore été détecté au CHS.
- Les hopitaux de jour et CATTP ont cessé leurs activités et les patients sont suivis par whatsapp, téléphone et VAD en dernier recours.
- Les CMP ont réduit le périmètre de leur mission, ne recevant que les patients en détresse. Les autres sont suivis, comme pour les hôpitaux de jour et CATTP, par téléphone, whatsapp. les traitements sont renouvelés, sauf situation particulières, par les pharmacies.
Les programmes de soins sont renouvelés après entretiens téléphoniques.  Le système, globalement, fonctionne et on ne constate pas, pour le moment, de déstabilisation profonde de la patientèle ou du corps des praticiens. A noter enfin qu’à ce jour nous avons 81 patients infectés dans l’île et que les médecins protestent vivement auprès de l’ARS pour le manque de matériel disponible, comme partout (masques, protections, gel, ...).
Amicalement

François

MAYOTTE
Bonsoir,
Et d’emblée merci d’avoir envoyé ce mail, on se sent un peu moins isolé ! Pas évident de résumer la situation, mais je me souviens que tu étais passé nous voir il y a quelques années, avec Georges Onde. Le service a grandi bien évidemment, mais reste de taille modeste.
Le service en temps normal, c’est toujours une seule unité d’hospitalisation de 10 lits, qui fait essentiellement de l’activité de crise avec des séjours courts. Nous avons une  équipe mobile péri-crise  qui assure l’activité psychiatrique aux urgences de l’hôpital, propose des prises en charge ambulatoires postcrise (en consultation ou en VAD ; sur la base d’entretiens familiaux ou de groupe) ; fonctionne sur un modèle systémique (personnel formé initialement par l’équipe mobile Eric de Paris).
Et l’activité ambulatoire centralisée sur le CMP de Mamoudzou, dont les équipes couvrent la majorité de l’île avec des consultations en dispensaire (secteur Centre, Nord, Petite Terre et Grand Mamoudzou) ; et le Sud qui a son propre CMP depuis 2 ans (activité partagée 3 jours adultes, 2 jours pédopsy). Création récente d’une  équipe Santé Mentale Communautaire  depuis le mois dernier. Activité ambulatoire également à l’UCSA, avec un psychiatre référent.
Projet à court terme de création d’une Consultation Ado avec une équipe dédiée, et à moyen terme d’un nouveau CMP sur Petite Terre (budgets, locaux et plans ok ; on l’attend pour début 2021).
Pas d’HDJ, pas de CATTP ; pas de structure d’aval dans le médico -social à part un CHRS. Un  CMP pédpospychiatrie  (pas d’HDJ non plus, et pas de lit d’hospitalisation). Quasiment aucune offre de soin libérale (entre 1 et 3 psychologues en cabinet, qui la plupart du temps arrêtent leur activité au bout de quelques mois ; pas de psychiatre). Sur le plan des effectifs on est actuellement 5 PH titulaires en adulte, et 1 PH pédopsychiatre. On essaie de fonctionner avec des médecins contractuels, mais ça reste irrégulier et de plus en plus difficile d’en trouver. > Les perspectives :  Ce service est sous-dimensionné par rapport au nombre d’habitants (260 000 INSE 2017 ; sous-estimé selon la plupart des avis car population clandestine ++). Nous sommes loin de couvrir ne serait-ce que les besoins primaires en psychiatrie.
Il faudrait au moins 1 CMP par secteur (donc encore 3 à créer), associé à un hôpital de jour si possible par secteur aussi.
Il faudrait des FAM, des appartements thérapeutiques et / familles d’accueil thérapeutiques.
Il faudrait doubler les moyens actuels de l’équipe péri-crise qui est un excellent projet, extrêmement pertinent par rapport  au contexte local (culturel, familial, communautaire, religieux...). L’équipe telle qu’elle est composée actuellement n’arrive pas à déployer son activité notamment en VAD, et reste «  embolisée  » par l’activité aux urgences.
Concernant les lits d’hospit temps plein, il faudrait bien évidemment un peu plus de lit (c’est dans les projets d’agrandissement de l’hôpital).
Mais globalement on est tous d’accord pour dire que ce n’est pas pertinent de chercher à atteindre les quota de métropole. La prise en charge amublatoire est la plus pertinente à Mayote, c’est une évidence.
En plus ça colle tout à fait avec la tendance générale en psychiatrie actuellement (la santé communautaire est très à la mode !). On pourrait tout à fait être «  en avance  » sur notre époque :)
Par contre nous n’avons plus de chef de service depuis septembre (d’ailleurs la PH qui occupait cette fonction s’est depuis mise en disponibilité par épuisement professionnel). Nous n’avons plus de médecin référent sur l’équipe de crise, ni sur l’unité d’hospitalisation. Sur le plan institutionnel le service est très fragilisé depuis plusieurs mois (avec la survenue de plusieurs crises et pas mal de souffrance des équipes sur différentes unités).
Ceci dit je peux dire malgré tout que le travail est extrêmement riche, porteur, dynamisant (fatiguant aussi).
On est obligé de s’adapter à de nouvelles situations presque tous les jours, d’apprendre à faire «  sans  ».
On est poussé dans ses retranchements sur la définition de la psychiatrie, sur notre rôle propre, sur notre place dans l’institution, dans la société.
On est sur des perspectives de développement, ce qui est rare en psychiatrie par les temps qui courent.
Et les équipes sont certes jeunes et peu expérimentées, mais très enthousiastes et prêtes à apprendre.
> La crise actuelle : depuis lundi nous avons réorganisé de façon majeure le service, pour se préparer à l’arrivée de l’épidémie COVID.
Nous essayons de différencier 2 filières d’activité : 
1. Continuité des soins psychiatriques ;
2. Urgences psy et soutien psy Covid (projet d’ouvrir 2 lignes de permanence téléphonique pour écoute et soutien psy :
1 ligne pour la population générale,
1 ligne pour les soignants). Nous sommes globalement prêts, et je peux dire que je suis assez fière de l’ensemble du personnel du service pour leur réactivité. Les freins sont : Les crispations des enjeux institutionnels  habituels (internes au service, notamment entre médecins, et aussi relations médecins-cadres) ; Le stress de tout le monde, y compris nous-mêmes ; Les difficultés de communication et de coordination autour de nous (dans l’hôpital, c’est beaucoup d’ordre et de contre-ordre). 
On est tous conscients que quelle que soit l’ampleur de l’épidémie à Mayotte, ça va être une catastrophe pour nos patients psychiatriques.  Nous avons une population très précaire (difficultés de déplacement, difficultés de compréhension, pauvreté), dont une bonne partie n’a même pas la sécurité sociale. On fait du lien avec les pharmacies privées, mais je pense que peu de patients feront cette démarche. Et pas d’alternative d’offre de soin libérale, je le rappelle (ni psy, médecin généralistes très peu nombreux, et débordés actuellement).
Un des premiers constats que nous avons fait cette semaine avec quelques-uns de mes collègues, c’est qu’on illustre avec cette crise l’absence d’expertise médicale dans nombre de décisions à l’hôpital, en lien avec ce qu’on connait tous par cœur et qu’on dénonce depuis longtemps  à savoir la bureaucratisation du soin. Le président de CME a nommé hier un « directeur technique médical  », ce qui était absolument  indispensable et qui a manqué cruellement ces derniers jours pour la coordination de ce chantier.
Je pense que ça ressemble à d’autres structures.
Peut-être que c’est pire chez nous car on est très seuls (le coup du TGV, on pourra pas le faire ;)) et qu’on en a cruellement conscience.
J’espère que les tutelles seront réactives si on arrive à un scénario catastrophe avec une offre de soins complètement débordée (ce qui est un des scénarios possible).
Un dernier aspect des choses est le côté social, avec de possibles mouvements de violences sur une île toujours prête à se soulever.
Voilà un peu dans quel état on est.
Je ne sais pas si c’était ça la demande, mais moi ça m’a fait du bien de dire tout ça !
Je reste disponible si tu as d’autres questions, ou si tu veux des précisions sur ce que je viens de dire.
Bien à toi

Marine

RÉUNION
Bonjour Marc

Sur la psychiatrie à la Réunion “en général” si tu permets je sors mon joker... (vois plutôt avec Onde).
À propos de mon service le CARe je peux te faire un retour à date :
L’administration qui a ici installé un système très pyramidal retranché sur le directeur, le PCME (P. Benichou) et les chefs de pôle a déjà réquisitionné plus de la moitié de mes effectifs. Je suis en train cependant et dans l’attente du matériel de protection ad hoc de faire un recueil téléphonique des besoins psychosociaux des personnes présentant un trouble psychique sévère que nous connaissons dans notre file active du Care à partir d’une grille transmise par un confrère de Guadeloupe, Frederic SCHEIDER. Cette grille me permet de faire émerger des “récits de confinement” chez les personnes afin de mettre en évidence dans cette situation nouvelle et exceptionnelle les besoins primordiaux. Dans un second temps j’espère pouvoir si mon administration me l’autorise mettre en place une unité mobile et téléphonique de “repérage, d’appui et soutien des personnes isolées, vulnérables et souffrant de troubles psychiques sévères” avec des déplacements en “écologie” pour s’assurer à la fois des besoins de première nécessité et un contact presentiel complémentaire aux appels téléphoniques mais aussi pour les cas où il n'y a pas de téléphone... j’ai demandé à mon administration de voir avec les services techniques pour aménager un minibus avec hygiaphone pour réaliser ces interventions... Voilà de façon succincte où nous en sommes avec G Onde. Pour mes garde à hosto et car l’administration sous couvert de protocole élaborés par certains collègues collabo nous refuse des masques, j’en suis réduit à en mendier auprès des “civils” équipés que je croise dans la rue (en respectant bien sûr la distanciation sociale...). Je ne te cache pas qu’une colère froide m’habite vis-à-vis de l’administration, chaque chose en son temps mais j’espère qu’au niveau syndical vous avez prévu qque chose lorsque la “crise” sera passée.
Bien amicalement et bon courage

Benjamin

Bonjour
La crise sanitaire que l’on est en train de vivre est sans précédent dans l’histoire moderne du monde entier. Je vous enverrais chaque jour les statistiques des principaux pays atteints avec l’incidence et la mortalité jour par jour.
A la Réunion et par bien des côtés cette crise sanitaire peut nous rappeler la crise du Chykungunya de 2006. Pour ceux qui étaient présents, rappelez-vous, le CHGM devant l’afflux de patients, avait ouvert en 48h le pavillon Jacaranda. Aujourd’hui il est très sérieusement question que le CHOR et le CHU site nord augmentent leur capacité d’accueil en prenant les lits des Caps soit 15 lits de psychiatrie polyvalente en moins pour l’EPSMR. Nous sommes au début de la crise, nous avons actuellement de nombreux lits vacants. Nous devons néanmoins nous apprêter à surmonter de nombreux défis dans les semaines à venir. Notre offre de soins ne peut raisonnablement rester amoindrie et il convient pour surmonter cette crise de faire preuve de capacités d’adaptation au jour le jour, temps bien même les informations valides un jour ne le sont pas forcement le lendemain.
Un point quotidien entre les quatre chefs de pôle et la Direction est réalisé à 16h. Je vous adresserai à tous un petit mot quotidien à l’issue. Aujourd’hui la question de la fermeture des CAPS Nord et Ouest a été débattue et il a été décidé d’ouvrir concomitamment à cette fermeture l’ouverture d’un pavillon de 25 lits d’admission sur le site de Cambaie, la sectorisation psychiatrique étant mise de côté durant le temps de la crise. Il est possible que cette ouverture se réalise dans les jours à venir.
Il a aussi été acté aujourd’hui le principe d’une ouverture d’un pavillon COVID négatif pour les personnes fragilisées et à plus long terme un pavillon COVID positif pour répondre au cas où la crise s’aggravant, nous serions amenés à recevoir des patients visiblement atteints par le virus.
Il est fait appel à candidature volontaire pour deux médecins et permettre ainsi de faire fonctionner le pavillon d’admission (seul aujourd’hui concerné par une ouverture rapide). Très rapidement une décision d’affections devrait être prise par le Directeur. Il a été rappelé qu’un deuxième médecin hospitalier était mort ce jour et qu’il convient de protéger les personnes à risques selon l’âge et les comorbidités ainsi que les femmes enceintes. Un médecin du pôle nord est déjà candidat et il est donc fait ensuite appel en priorité à notre pôle pour le deuxième médecin.
Merci d’avance de vos candidatures, je dresse parallèlement la liste des médecins répondants aux critères que je me propose de contacter dès demain.
Bien à vous

Patrick

GRAND EST
Bonjour Marc,
sur le pôle infantoJuvénile de Lorquin dont je suis Chef de Pôle, je n’ai plus d’infirmier restent 2 educs ; ils ont été réquisitionnés par la psy d’adulte de Lorquin afin d’ouvrir une unité plan blanc de confinement. Beaucoup également sont en maladie. Pour les médecins, 1 interne (ma seule) à la maison car souffrante un temps avec suspiscion covid non confirmée qui est réquisitionnée pour revenir dès lundi à son ancien métier d’inf sur le chu de Nancy, que nous prêtons volontiers pour participer à l’effort. 1 PH manquant garde ses trois enfants dont un très fragile à la maison, son mari neurologue est sur le pont pour aider aux urgences à l’hôpital de Forbach. 1 autre PH à la maison une semaine testée négatif qui revient lundi.
Nous avons heureusement la visio installée dans chaque CMP à ma demande il y a plusieurs années pour réduire les déplacements pour les réunions, là notre directeur avait été pro actif, Isabelle se souvient peut-être du projet téléconsultation téléexpertise que j’avais envoyé à l’ARS il y a deux ans au moins pour lequel je n’ai jamais eu aucune réponse. J’ai envoyé il y a peut-être 6 mois, un an la copie du projet à Isabelle. Malheureusement cette visio est plombée aux seules adresses internes à Lorquin ! Impossible de l’utiliser pour les patients avec skype et autre ! cette viso permet de maintenir des liens entre CMP et l’intrahospitalier sans se mélange.
Plusieurs psycho à la maison, les autres, la majorité dans les trois CMP. Télétravail refusé par la direction des ressources humaines. Fermeture des hôpitaux de jour et CATTP depuis presque deux semaines depuis l’annonce pour les écoles. plus de cs de visu en présentiel physique, nombreuses cs téléphoniques, les mecs du territoire continuent d’accueillir les enfants mais ceux-ci restent confinés, l’itep a interrompu ses pec, les jeunes restent chez leurs parents ! mais les structures gardent un contact téléphonique.
Grosse difficulté dans notre hôpital car sous-doté en matériel multimédia. mon ordi portable de chef de Pôle acheté il y a 4 ans maximum n’avait pas de caméra !
Pas de réseau wifi ouvert de principe dans les CMP, les ordi fixes dans les bureaux sont quasi tous sans son, sans camera, le moyen-âge... 2 lignes téléphoniques sortantes max par CMP. Aussi très  gros manque de masques et autres protections au sein du Ch de Lorquin ; pour les autres pas d’info. Psy d’adulte sur Lorquin, Pôle Moselle sud, notre collègue Francine Burrus (SPH) a organisé une nouvelle unité de repli plan blanc. Pour l’instant elle maitrise la situation, le seul patient connu covid est ressorti. Elle n’a pas d’absentéisme médical sauf une ph enceinte. Plusieurs de ses personnels inf sont par contre en maladie, je n’ai pas le chiffre. On organise avec elle une participation CUMP : les psycho des adultes et de la pédo de Lorquin à une astreinte téléphonique du 57 avec les psychos du CHR de MERCY (faubourg de METZ) et avec ceux du CHS de Sarreguemines à destination des personnels de santé au front dans le 57 qui souhaitent déposer téléphoniquement leur souffrance.
Par ailleurs on sait que plusieurs personnels de JURY les METZ sont touchés covid et pas présents au travail. Toujours pour Jury, le service de pédo de la zone de la ville de Metz fait face ; les CMP sont en mode très dégradé avec le moins de cs possible avec les petits porteurs sains potentiels. Là aussi nombreux entretiens téléphoniques. Les unités hospitalières d’ado intra sur MERCY ou JURY sont confinées, pas d’admission possible sauf urgence majeure. Je n’ai pas trop de renseignements complémentaires.
Sur l’Alsace, Chantal Paccalin à Mulhouse fait face comme elle peut, hôpitaux de jour fermés et CATTP pareil. je n’ai plus de nouvelles depuis au moins une semaine.
Epsan Brumath, Vivien Triffaut régional suppléant te donnera des renseignements je suppose y compris notre régional Edmond Perrier. Voila très rapidement un point très parcellaire.
Bon courage à tous.

Philippe

Bonsoir Marc, 
Désolé pour le délai, c’était un peu compliqué.
Tout d’abord au Cpn, la situation est correcte même si la pression est intense. La directrice intérimaire, Madame VUKASSE, fait un travail remarquable en lien avec la Pdte de CME. Cellule quotidienne et possibilité d’envoyer des questions par pôle chaque jour avec des réponses précises et rapides.  Nous avons une unité patients Covid (7/20 places sont occupées hier) avec le matériel nécessaire. La courbe descend, on réfléchit à la fermeture puisque plusieurs patients sont sortants.
Les nouveaux patients portent un masque et sont accompagnés d’un soignant quand ils veulent sortir de leur chambre.
Les soignants en contact avec des patients quels qu’ils soient, ont tous un masque pour 4 heures depuis fin mars. Tout à été fait tout de suite pour les mesures barrière : repas en chambre, suspension des activités ttt, arrêt des visites pour les services adultes, consultation par téléphone notamment en N° masqué depuis la maison pour les psychologues qui rappellent tous leurs patients et le minimum d’infirmiers en CMP pour réponse téléphonique et injections, voire quelques RV exceptionnels. Même la liaison est faite à distance, avec un téléphone à chaque fois que possible.
La télé consultation avec Pulsy a été proposée ; les codes arrivent. 
Le télétravail domine et l’on ne compte heureusement que 22 agents en quatorzaine Pour les urgences, on s’appuie sur le tri Covid des urgentistes, l’activité a beaucoup diminué spontanément pour la psychiatrie de Pont à Mousson, Toul et même au CHU. Passage des équipes en 2/12 heures à compter de mercredi 01/04. L’absentéisme est gérable et nous avons pu mettre des agents à disposition du CHU.
Pour les soignants, mise en place d’un numéro de soutien CovidPsy54 vécu possibilité de rester anonyme. C’est en lien avec la CUMP et VigilanS. Demain, nous débutons la ligne grand public.
La réflexion du déconfinement commence avec un souci de se rendre disponible en ambulatoire au-delà de la nécessité des gestes barrière. La question des sérologies des patients se pose avec un accord de principe de la direction si les demandes sont gérées de manière maîtrisée en lien avec nos somaticiens.

Ravenel, 
Est en direction commune avec nous.
Peu de moyens comme habituellement et heureusement fort peu de cas. 

Au CHU, 
La situation s’apaise un peu après les transferts TGV.
Les entrées décroissent, quelques lits COVID sont fermés au fur et à mesure.
Les lits de réanimation restent très utiles (longue DMS) mêmes s’il y avait 13 lits de réa disponibles hier soir.

En ville, le laboratoire Atoutbio a été le 1er de France à proposer les sérologies.

Pour Jury les Metz,  je reprends des éléments sur lesquels nous avons échangé avec Michel. Cellule de crise un jour sur deux.  Il y a, côté soignants, un absentéisme en hausse, ce qui implique des réaffectations au fil de l’eau, puisées dans les unités moins « actives » en ce moment (hôpitaux de jour, activités à temps partiel, CAC, tout ce qui comporte regroupement de patients...).

Côté médical, trois collègues sont testés positifs pour l’instant, ce qui, tu l’imagines, pose des difficultés de fonctionnement dans les unités de soins, déjà insuffisamment pourvues ! mais la solidarité se met en place et nos pensées pour ces collègues nous animent sans cesse. 
Côté organisationnel, nous avons dédié une unité de soins au covid 19, avec le concours de nos médecins généralistes.
La fourniture en matériels (masques, tenues, tests) est mieux assurée, rélexion de confiner systématiquement toute personne admise en chambre seule, le temps d’avoir les résultats du test. Pas de sorties dans le parc pour les patients, pas de visites, pas de permissions.
L’ambulatoire est en première ligne pour assurer une continuité et essayer d’éviter, autant que possible, le recours aux urgences, déjà saturées. Nous privilégions les entretiens téléphoniques, mais si besoin, les VAD sont réalisées, et l’administration des NAP est garantie, soit au CMP soit à domicile ; naturellement le personnel se munit des masques chirurgicaux. 
On essaie de mettre en place le télétravail quand c’est indiqué selon le type d’activité (psychologues, assistants sociaux, par ex).
Nous allons aussi organiser une plateforme de soutien téléphonique animée par des psychologues volontaires pour les soignants en souffrance, confrontés à ce contexte délétère, ainsi qu’à certains patients aux prises avec un confinement mal supporté ; la CUMP offrira aussi une ligne, de même que certaines associations telle « A propos » ouverte à l’écoute de la détresse psychologique ;  le centre Pierre Janet ouvrirait ses portes à des consultations gratuites pour les personnes traumatisées par ce climat de menace constante.
Amitiés

François

HAUTS-DE-France
Bonsoir Marc, Bonsoir Isabelle
Jusque là tout va bien, j’espère qu’il en est de même pour vous. Je vous envoie les mesures que nous EPMSM du Nord dans un premier temps puis GHT (EPSM Val de Lys en supplément) dans un deuxième temps avons prises à la suite d’une concertation Directions Pdt de CME. Mesures assez communes.
Pour l’EPSM des Flandres comme nos collègues des autres Epsm du GHT, nous ouvrons dès lundi deux unités dédiées d’une petite dizaine de lit pour des patients nécessitants une hospitalisation en psy et covid + ou suspects une sur le littoral à Cappelle, l’autre en flandres intérieure sur le site de Bailleul.
Par ailleurs demain début d'un point téléphonique d’écoute pour les professionnels de santé du littoral Dunkerquois (assuré essentiellement par des psychologues). Renforcement des équipes de liaison au CH Dunkerque pour soutenir les équipes et répondre rapidement aux troubles psychiques (réactionnels ou autres) présentés par les patients hospitalisés au CH D.
Emerge une demande d’accompagnement ? De participation ? Aux réunions pluriprofessionnelle qui vont décider du «   tri »   des bénéficiaires de soins en cas de pénurie de possibilités (réa, respirateur...).
Sachant que la vague vient d’atteindre le littoral Dunkerquois et que les lits de réa du CHd commencent à être saturés...
Bon courage à vous Amicalement 

Eric

Madame, Monsieur, Bonjour,
S’est tenue  ce jour  entre les EPSM de l’Agglomération Lilloise, de Lille Métropole, des Flandres et de Saint-Venant une 2ème  réunion de crise. Au regard de l’évolution de la situation et du passage au stade 3 de l’épidémie COVID 19 durant le week-end dernier, la décision 1 concernant les CMP et la décision 5 concernant les sorties et visites des patients hospitalisés actées vendredi 13 mars au cours de la réunion de crise 1 sont modifiées comme suit : 1)  CMP des secteurs de psychiatrie adulte et des secteurs de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent  :
- Déprogrammation de toutes les consultations qui peuvent l’être sur décision médicale. Seules sont maintenues les consultations indispensables (traitement retard notamment).
- Prise de contact téléphonique par le consultant (psychiatre, psychologue, IDE...) avec les patients pour déprogrammer les rendez-vous et évaluer les situations. Si inquiétude  :
* Proposer un RV au patient au CMP.
* Organiser une VAD.
- Garantir un accueil des situations non programmées dans tous les CMP.
- Réguler les salles d’attente, notamment en pédo-psychiatrie avec 1 seul accompagnant par enfant.
2)  Patients hospitalisés :
- Pas de sorties temporaires ni de permissions.
- Pas de visites, sauf avis médical contraire.
- Plus de déplacements aux audiences devant le Juge des libertés
Il convient de veiller, en conséquence, à un assouplissement des règles d’utilisation des téléphones mobiles pour que les patients maintiennent un lien avec leur entourage.

Autres consignes  :
3) Il convient d’annuler toutes les réunions non indispensables ou urgentes impliquant le regroupement de plusieurs personnes dans une même pièce.
4) Les déplacements des professionnels au sein de l’établissement doivent être limités au strict nécessaire et il convient de privilégier les communications par mails.
5)  Les communications officielles sur les conduites à tenir en matière d’hygiène, de port de masques... émanent exclusivement de Monsieur  le Dr  TACHON, médecin hygiéniste.

Ces décisions s’appliquent dès  ce lundi  16 mars 2020.
En fonction de l’évolution de la situation, ces dispositions pourront évoluer et vous en serez informés immédiatement

Hello Marc
Je suis de loin,
Pour ce que j’en sais à Armentières, les suivis et consults présentielles sont reportées (ou téléphone) sauf nécessité. On fait ce qu’on peut avec les absences (mon service : 3, 5 PH en moins dont moi et 2 arrêt maternité).
Un roulement présentiel se fait sur les CMP pour répondre et anticiper sur des situations à risques.
En hospit, tout le monde est plein mais pas de COVID+ pour l’insrtant.
J’ai eu retour d’une réunion de ce midi (tendue et décisions qui ont eu lieu cette am n’étaient pas celles qui avaient été retenues en réunion !… tension +++ dir et pcme …).
Décision de faire une unité covid sur les 15 lits d’hospit de mon unité... Les patients hospitalisés ? ils sont répartis ailleurs dans l’hopital... à Armentières... dans des étages s’il faut...
Aucune considération /t aux patients, il faut vider...
Je sais pas ailleurs, mais la nouvelle gouvernance montre les dents... et son absence totale de bienveillance. 
Amitiés

Bertrand qui continue a aller mieux :)

Bonsoir
Merci beaucoup pour ce mail. A Pinel aussi tout se réorganise. Je mets en PJ les nouvelles organisations. Les équipes sont tendues.
Les soignants ont du mal à comprendre pourquoi pas de masque pour tout le monde.
Un roulement a été mis en place, certains sont sur leurs lieux de travail habituel, d’autres sont chez eux en réserve, d’autres sont en télétravail. Bref tout le monde recherche un nouvel équilibre. 
Ce qui fait chaud au cœur, c’est l’engagement de la plus grande majorité pour accompagner au mieux les patients dans ce contexte particulier. Les téléconférences se mettent en place. La téléconsultation aussi dans sa version «  par téléphone  » mais aussi en vision car plusieurs postes ont été aménagés. On a aussi mis en place des postes afin que les patients, notamment en longue évolution, puissent contacter et voir leurs proches. La cafet continue mais sous une forme modifiée, les patients passent leurs commandes et ils sont livrés ds leurs unités... Les patients sont appelés de façon rapprochée, et certaines VAD sont maintenues pour les plus fragiles.
Nous en sommes aussi à la mise en place d’une unité COVID Psy pour des patients dont les fonctions respiratoires ne sont pas trop altérées. Mais ce n’est pas encore finalisé. Il nous faut nous assurer la faisabilité du projet : assez de moyens soignants sur la base du volontariat, idem au niveau médicale. Tout n’est pas encore garantie.
Il y a la tension de toutes ces organisations et aussi cette attente du pic de l’épidémie qui plane au-dessus de nous tous... J’espère que vous allez tous bien.
Restons en contact...
A très bentôt
Amicalement

 Valérie

Chers confrères
En cette période de crise sanitaire et de réorganisation de nos activités, j’aimerais partager avec vous et les collègues des Hauts-de-France la situation de nos établissements.
À Prémontré, après une phase d’arrêt des activités ambulatoires coïncident avec le confinement de la société, les angoisses des soignants à l’arrivée de l’épidémie (l’Oise était atteinte depuis quinze jours), les unités d’hospitalisation ont vu leurs activités se ralentir, le confinement est généralisé et dans l’immédiat bien toléré. Quelques collègues ont été malades dans la région de Soissons. Ouverture d’une unité Plan Blanc dédiée à des patients infectés initialement de notre établissement, création d’une cellule d’écoute psychologique pour les personnels en difficulté (début d’activité lundi). Les professionnels sont volontaires pour renforcer les équipes de l’intra-hospitalier.
Au niveau de mon pôle de pédopsychiatrie, nous avons mis en place une plate-forme internet qui a permis très rapidement des mises en lien des collègues confinés à leur domicile, organiser les activités (prise de contact de patients), réunions audio (ce matin nous étions une dizaine pour une réunion HDJ Ado d’une heure et demi), les réunions sont organisées pour les différentes unités et c’est très fonctionnel. Nous utilisons d’autres modalités de lien - Skype, Whatsapp -, en réduisant le presenciel. Cette application permet également de communiquer entre différents services de Prémontré ou de personnes extérieures.

Nous sommes dans l’attente... J’espère que vous allez tous bien.
Au plaisir de vous lire
Amicalement

Dominique

Bilan régional SPH
Quatre remarques préalables  :
1 Grandes différences entre les EPSM, les Centres hospitaliers généraux et les CHU.
2 Comme on pouvait s’en douter, on a constaté des difficultés de coordination entre les équipes de direction et les équipes médicales, surtout au tout début de la décision de confinement du 16 mars. Avec là encore des différences manifestes si on sépare les EPSM et les CHG.
3 La protection des soignants (et notamment le port de masque) est un des sujets le plus problématiques, surtout dans les EPSM. Il a été à la source, localement de discours autoritaires, de violences verbales et de menaces.
4 Nombreuses questions concernant une nouvelle organisation des soins mis en place depuis le 16 mars. Cette organisation semble partagée dans les grandes lignes par les secteurs sans réelle spécificité régionale. Mais pour combien de temps  ? On repère des craintes si le confinement persiste, avec des situations localement qui risquent de devenir explosives, (arrêt de certains traitements, violence familiale, sevrage forcé, ambiance de peur, etc.), avec la survenue peut-être de nouvelles formes pathologiques liées à ce contexte.

  1. Protection des soignants  et des patients : les masques, les blouses et les tests de dépistage.
    Le problème s’est posé différemment dans les Centres Hospitaliers généraux et le EPSM.
    - Dans certains Centres hospitaliers (ex de valenciennes), les équipes ont rapidement porté masques et blouses de manière systématique.
    - En revanche, dans certains EPSM, concernant les protections, manque de clarté, insuffisance des précautions. Manque de matériel. Discours parfois moralisateur ou faussement rassurant, voire menaçant. Climat d’insécurité avec absence de soutien.
    Situation parfois localement violente entre équipes soignantes et équipes de direction. Par ex, à l’EPSM agglomération lilloise, surtout en début de crise, diffusion de procédures d’utilisation de masque par l’autorité administrative qui s’avèrent trop restrictives, source de danger car complètement décalées avec la réalité du terrain (pas de délivrance de masque en cas de suspicion de patients covid+ avant d’avoir tracé la confirmation de ces doutes par 3 personnes  : un médecin généraliste, le Samu et le médecin hygiéniste joignable par tél.).
    Pour les VAD, les Injections IM retard au CMP, au début du confinement, dans certains EPSM, injonction et interdiction de porter masque et blouse pour les patients asymptomatiques.
    Difficultés pour les équipes entre elles à respecter les mesures barrières (réunions, moments de convivialité, moments du déjeuner). Difficultés parfois pour arrêter des réunions avec plus de 5 personnes.
    Pour l’instant, pas de priorité de test de dépistage pour les soignants.
    Pas de dépistage non plus systématique pour les patients hospitalisés si ceux-ci présentent des signes infectieux.
    Concernant le sha, après des défauts locaux d’approvisionnement, il semble qu’il n’y a plus de pénurie pour l’instant (avec fabrication locale satisfaisante).
  2. Réorganisation des secteurs
    Convergence avec le constat d’une démarche commune qui est effective sur tout le territoire et aussi en région. De manière générale, diminution massive de l’activité liée à des mesures impératives de confinement (éviter consultations présentielles, les groupes thérapeutiques, avec tentative de proposer des solutions alternatives).
    Si on regarde de plus près, les fonctionnements des secteurs sont peut-être plus disparates concernant notamment l’activité des unités d’hospitalisation, concernant aussi le maintien des consultations présentielles en CMP (modalités de RDV pour les nouvelles demandes).
    Là aussi, il faut distinguer les CH et les EPSM  : activité de liaison, liens différents avec urgences et services MCO, redistribution différente des soignants.
    Ces nouvelles modalités fonctionnent plutôt bien mais suscitent une inquiétude légitime sur la pertinence de cette organisation en cas de prolongation du confinement.
  3. Téléconsultation
    Les téléconsultations ne sont pas du tout la norme aujourd’hui.
    A présent, les téléconsultations se comparent aux consultations téléphoniques dont on perçoit les limites (simple soutien ? – relation plus difficile – quid des nouvelles demandes  ?).
    Difficultés à mettre en place ces téléconsultations, initiatives locales avec une crainte à l’égard de ce nouvel outil (craintes des administrations  et de certains médecins).
  4. Travail à domicile
    Travail au domicile peu encouragé, souvent refusé pour les soignants alors qu’il existe des directives gouvernementales, bien avant le 16 mars.
  1. Risques pour les patients
    Plusieurs risques apparaissent concernant la qualité des soins.
    Patient connus  : risque de perdu de vue avec conséquences.
    Vigilance sur les risques au domicile lié au confinement : violences conjugales, sur mineur, etc.
    Quid des nouvelles demandes  ? Sevrages forcés (la plupart des services d’addictologie sont fermés).
    Respect des droits fondamentaux  :
    - Libertés non respectées des patients avec application des règles de confinement à l’hôpital (liberté d’aller et venir, visites, etc.).
    - Absence d’intervention du juge des liberté pour les patients en soin sans consentement.
    - Secret, confidentialité.
  1. L’addictologie
    Addictologie  : on s’étonne de leur fermeture quasi générale (quid au CHU  ?)
    Et  :
    - Vigilance sur les sevrages forcés.
    - Réponses locales  : Par ex, astreintes d’addictologie le WE, ouverture au CP2A à Lille de 5 lits réservés pour les sevrages avec participation des équipes d’addictologie (médecins et infirmiers).
  1. Les unité psy covid 19
    Fonctionnement très différent des centre CH et EPSM. La plupart de ces unités viennent d’ouvrir : crainte du personnel sur les mesures de protection à prendre, sur les soins médicaux pertinents, sur les possibilité de transfert en cas de signes de gravité.
  2. Soutiens pour les soignants
    On déplore le manque de coordination entre les établissements et les décisions sans concertation avec les médecins :
    - Ouverture de plusieurs lignes au CHU sans participation des EPSM (à part une ou deux exceptions).
    - Mise à disposition des psychologues sur le GHT sans participation médicale.
    - Lignes supplémentaires ouvertes au CAP (Centre d’accueil permanent rattaché au CP2A) mais avec une communication peu claire. Un aspect positif concernant l’Espace Ethique de la F2rsm : mise en place d’une « veille éthique » pour les soignants en lien avec l’ERER.
  3. Coordination équipes de direction – équipes médicale
    Là encore, il faut distinguer les CH et les EPSM. 
    - Les secteurs de psychiatrie dans les centres hospitaliers ont bien souvent été très isolés pour réorganiser le fonctionnement. La priorité des équipes de direction a concerné la MCO.
    - Dans les EPSM, si les équipes de direction ont été immédiatement très présentes, on déplore dans les suites du 16 mars la prise de certaines décisions sans réelles concertations avec les équipes médicales, voire des injonctions à obéir.
    Ce manque de coordination s’améliore et nécessite à présent une vigilance des médecins.

Pierre

ÎLE-DE-France
Bonsoir
Je vais vous répondre avec ce que je sais du GHU auquel je suis rattachée : GHU regroupant Sainte Anne, Maison Blanche et Perray Vaucluse, 3 gros hôpitaux dont les secteurs couvrent une grande partie de Paris excepté le 13e et les secteurs relevant de Saint Maurice.
Trois unités Covid sont ouvertes depuis quelques jours : situées à Bichat ; Sainte-Anne (service neuro transformé) ; Henri Ey. Dejà pas assez de personnel donc appel à la pédopsy.
En pédopsy, organisation d’une permanence avec les volontaires ; visites et consultations si très urgentes ; masques et gants arrivés depuis peu en quantité faible. Situation dramatique des familles en hôtel social confinées dans une chambre avec des enfants perturbés. On leur donne des attestations de sortie.
Amicalement

Fabienne

Bonsoir,
Je vais bien et me considère très privilégiée pour le moment, l’UMD étant très protégée du fait de son cadre sécurisé, du peu d’allers et venues que nous avons de base, etc. Nous n’avons pas de cas pour le moment.  Et vous ?
Je peux d’ores et déjà vous parler de ce qui se passe sur mon hôpital : pas mal de COVID+ dans qq secteurs, créations d’une unité dédiée à ces patients avec projet de 2ème, chaque pôle s’est réorganisé avec création d’une unité dédiée aux entrants pour faire SAS et essayer de depister les cas éventuels avant de les transférer vers un autre pavillon. Les structures ambulatoires sont fermées avec les CMP qui gèrent les urgences et font de la téléconsultation je crois.  2 secteurs commencent à être démunis pour cause de psychiatres en arrêt. J’ai d’ailleurs entendu que Paul Jean François était arrêté mais je ne sais pas ce qu’il en est réellement...
Amicalement,

Marion (VILLEJUIF)

Bonjour
Je vais bien  En termes d’offre de soins nous avons fermé les HDJ et CATTP. Nous réduisons au maximum les consultations dans les CMP.  En fermant les structures ambulatoires nous avons récupéré des soignants ce qui nous permet d’en laisser chez eux à tour de rôle pour avoir des réserves en cas d’hécatombe.
Dans les UHTP nous avons moins d’entrants que d’habitude et les patients supportent de rester confinés dans l’unité sans sortie. L’hôpital a ouvert une unité pour patients suspects. Il y a ce jour 8 patients en fait peu suspects car apyrétique. 
Le premier gros problème dans l’immédiat ce sont les agents. Plus de 200 arrêts maladie, certains sont malades, d’autres de façon préventive, d’autres sont en mode panique souffrant de HTA DID... 3 CDP malades. Et quelques unités où émerge de la panique. Un agent du service de Bertrand est décédé à son domicile. Il n’a pas été testé et avait une comorbidité mais son décès a probablement été déclenché par le virus.  L’autre problème c’est l’angoisse de la Direction et d’une partie des collègues qui du coup envisage de regrouper les entrants dans un pavillon où ils resteraient quelques jours, ce qui moi me paraît une aberration. 
Ceux de mon équipe qui assurent la psychiatrie de liaison à Montfermeil disent que c’est l’horreur. Ils son débordés bien qu’ils aient pratiquement transformé tout l’hôpital en unité Covid. Nous avons fait des propositions de soutien psychologique mais pour les patients ou les familles, mais pour l’instant pas de demande.
Au total dans une ambiance un peu folle irréelle où l’angoisse est inégalement répartie tout reste à peu près sous contrôle mais le dur est probablement à venir, peut être très vite si nous avons quelques patients atteints. Nous n’aurons pas suffisamment de masques, de blouses, de capacités de dépistage. La Directrice en cherche partout désespérément.
Voilà mon ressenti très subjectif, je ne sais pas si tout le monde te ferait le même retour.
Je te tiendrai au courant de l’évolution.
Bien à toi 

Didier (VILLE EVRARD)

Bonjour Marc et Isabelle,
On tient le coup pour l’instant, merci, j’espère que vous aussi, vos familles et équipes. Je peux te parler de mon département et aux alentours mais pas toute la région parisienne n’ayant pas eu le temps d’interroger tous les collègues  ; dans mon pôle, on a que deux cas pour l’instant que nous isolons, les équipes sont mobilisées et motivées dans l’ensemble mais plusieurs personnes sont en arrêt en lien avec le COVID (la majorité en sont atteints, d’autres paniquées et inopérationnelles)  ; nous avons bousculé nos organisations  : les CMP on leur demande de faire des consultes téléphoniques et présentielles si besoin, on assure les soins et les VAD si cela s’avère nécessaire, on leur demande même de remplacer les urgences en ce qui concerne leur file active afin d’éviter le passage de nos patients aux urge générales et le risque d’être contaminés (je travaille dans un groups MCO) ; les HDJ et CATTP : ont la consigne de maintenir le contact et l’écoute de toute la file active. L’équipe de crise est sollicitée quotidiennement. Le mot d’ordre  : éviter les décompensations et les hospitalisations et rassurer les anxieux et déstabilisés par le contexte.
Pour l’Intra : sur les secteurs adultes : nous avons dédié un secteur pour les COVID sans gravité, nous essayons de nous équiper en quémandant les matériels (un scandale nationale, à réagir après la crise), un secteur pour tous les entrants avec confinement de 14 jours, et un secteur pour les personnes à risque afin de les protéger autant que possible.
Notre objectif : prévenir autant que possible, car malheureusement je pense que nos patients n’auront pas la chance d’avoir un lit de réa si besoin ; la région est saturée, on ouvre des lits de réa à tout va, sans le matériel adéquat avec le personnel dévoué, les volontaires non formés.. Nous avons monté une cellule de soutien pour les équipe de notre GHT ainsi que des séances de relaxation, méditation, etc.
Les collègues à proximité ont opté pour la création d’une unité dédiée également, tout le monde craint le jour où on devra transférer un patient...
C’est un résumé rapide, je ne sais pas si cela répond à ta question  ; sinon je vous tiens au courant de l’évolution de la situation.
Amitiés

Teim (91)

Bonjour
Notre dispositif «  UNISONJE  » pour les 16-25 ans est opérationnel et déjà répertorié sur le site night line.
Bon courage à toutes et tous.
Amicalement

Teim

NOUVELLE-AQUITAINE
Bonjour
Ce message arrive au moment où je me disais que nous avions, tous, peu communiqué, je pense absorbés comme à Cadillac dans la crise, avec peu de temps pour se poser et penser, et je m’apprêtais à vous écrire !
Première chose, nous avons écrit en urgence plein de protocoles, et je pensais à un espace de partage... Sans doute un peu tard, tout le monde a dû faire la même chose, réorganiser, gérer en urgence, écrire ses protocoles...
Pour l’instant, pas d’impact direct COVID majeur, très peu de patients suspects, qq soignants. En gironde, la crise est annoncée pour semaine prochaine vu l’évolution. Mais un tsunami en termes de réorganisation des soins.
Je vais tenter d’être exhaustive :
Côté psychiatrique.
Pour la pédopsy, je viens de recevoir un point global du chef de pôle que je vous recopie :
«  Nous les avons entièrement repensés en quelques jours dans le cadre de la mise en place des mesures de confinement.
Nous avons fermé 4 HDJ sur 5. Deux sont prêts à recevoir des enfants de soignants (3 enfants reçus à l’HDJ de Cadillac encadré par des agents du Pôle dont le travail est relayé par d’autres) avec un troisième sur Podensac pour recevoir des enfants à risques d’exposition au COVID du fait de l’exercice professionnel de leurs parents en milieu exposé.
L’HJ La Demi Lune (11/16 ans) accueille 1 à 2 jeunes par jour et est en lien téléphonique avec les autres jeunes.
Nous avons fermé physiquement les CATTP et le CMPEA.  Mais nous nous inscrivons dans un objectif de continuité des soins.  Donc, l’ensemble des enfants et des familles suivies sont rappelées par les différents professionnels pour donner lieu à des consultations téléphoniques pour les plus grands, des entretiens parentaux et un travail de conseil, de guidance, de santé mentale publique et d’accompagnement face aux informations ou recommandations sur les différentes mesures à suivre délivrées par les médias et les autorités parfois mal comprises, mal appliquées ou source de situations de détresse (mère isolée avec un nourrisson dont les grandes surfaces refusent l’entrée car elle n’est pas seule par exemple).
Les professionnels du Pôle effectuent également des entretiens thérapeutiques avec certains parents connus ou pas des services adultes.
La quasi totalité de notre file active des familles de nos 3800 patients est ainsi appelée une à plusieurs fois par semaine par les professionnels selon les cas. Les médecins gèrent les traitements médicamenteux à distance. Ils poursuivent l’accompagnement administrativo-médical des enfants à destination de la MDPH. Toutes les nouvelles demandes sont prises téléphoniquement et donnent lieu à un rappel rapide d’autant plus si nous décelons des signes de gravité ou d’urgence ou de stress.
A ce jour, au niveau des médecins, deux sont en confinements stricts jusqu’à la fin de l’épidémie (un à 60 % et un temps plein), deux autres sont temporairement confinés avec une levée sous quelques jours éventuellement avec masque, une médecin est à 40  % et effectue des astreintes médicales dans le médicosocial, une médecin à 80 % doit prendre des précautions sur avis de la médecine du travail en rapport avec son statut de mère nourrissant un jeune bébé. Malgré ces limitations l’ensemble de médecins assurent des consultations téléphoniques quotidiennes.
Nous avons quelques consultations présentielles pour certains jeunes fragiles (dont mère/bébés) ou décompensés. J’ai demandé de traiter les demandes sur listes d’attente et de rattraper le travail de saisie, de mise à jour des écrits dans les dossiers patients informatisés et notamment des synthèses pour les HDJ (où les absences de professionnels des derniers mois ont entraîné d’importantes difficultés dans l’entrée de la totalité des données dans les dossiers informatisés).
Nous avons organisé les lieux de consultations avec des protocoles d’accueil et d’hygiène que vous trouverez en pièces jointes pour tenter d’assurer un exercice soignant avec le maximum de sécurité malgré les difficultés en approvisionnement de certains matériels (désinfectants surfaces et gel hydroalcoolique notamment). Nous avons fixé temporairement nos agents multisites sur un seul site et profité d’avoir de multiples sites pour maintenir des réponses de proximité par des professionnels connaissant les enfants, les familles, le secteur et les partenaires plutôt que de les rassembler sur un seul lieu qui risquait de concentrer les personnes (et donc d’augmenter les risques de contamination) et de proposer des réponses plus indifférenciées dans un moment où les gens ont besoin de familier et de soutien. Ainsi, nous essayons de cloisonner au maximum les espaces d’exercice pour éviter la contamination entre patients, entre professionnels ou entre patients et professionnels. Les médecins soutiennent les professionnels isolés sur des sites éloignés ou à leur domicile. Chaque médecin a gardé la référence clinique des UF où il intervenait avant le confinement. Si besoin d’un entretien physique, nous nous les répartissons entre médecins non confinés au plus près du domicile des patients.  ».
Je n’ai pas un point aussi détaillé du côté des adultes... Je venais de demander aux chef(fe)s de pôle et cadres sup de prendre le temps de le faire.
Globalement,  les CMP fonctionnent mais sont fermés aux consultations courantes en direct, avec l’objectif de garantir la continuité des soins, le travail se fait en téléconsultation par téléphone, avec maintien de qq Cs en  présentiel si c’est indispensable  ou VAD si besoin. Il a été évoqué le fait que les équipes passeraient au minimum requis si les équipes des unités d’admission sont décimées, mais nous n’en sommes pas là. Les patients commencent à souffrir du confinement et nous allons sans doute vers des décompensations importantes, on ne les touche pas pour l’instant.
Les HJ (équipes autonomes) et CATTP (qui fonctionnent avec les équipes des CMP avec double affectation) sont fermés  pour deux des HJ, un seul reste ouvert avec accueil des patients et activités, les deux autres ont redéployé du personnel vers les unités d’admission pour partie, certains sont restés sur place avec suivi téléphonique, parfois accueil, je n’ai pas le détail pour le suivi des patients (qui ont quasiment tous un suivi CMP) (je demande des précisions que je vous transmettrai).
Pour les unités d’hospitalisation, tsunami : nous avons 100 lits d›UMD, 40 lits d›UHSA, 253 lits d’admission et 67 lits de réhabilitation/longs courts ce qui fait 460 lits au total.
Il a fallu dégager 10  % de nos lits pour créer les unités de délestage des hôpitaux de niveau 1 et 2, ce qui fait  45 lits. Nous avons réouvert une unité désaffectée et vidé une unité de 25 lits sur un site décentralisé, dans un hôpital général à côté d’une unité de médecine et de SSR, mais hôpital sinistré en termes de médecins et infirmiers. On ne sait pas encore, si délestage il y a, quel type de patients nous recevrons et pris en charge avec quelles équipes et médecins... Je n’ai pas de réponse du côté du PCME du CHU et celui du GHT pour le savoir, je les ai relancé hier... on y manque de pieds de perf, pas d’oxygène bien sûr... Si délestage, ça va être très difficile.
Nous avons par ailleurs créé deux unités pour patients psy et COVID+ (y en a qui auront la peste et le choléra) ; une unité de 12 lits sur l’UMD pour ces patients et ceux de l’UHSA, à la place de l’USIP qui ne peut donc plus absorber les patients qui ne peuvent rester sur les unités d’admission classique, ce qui va poser problème; une unité de 22 lits pour les patients hospitalisés pour une pathologie psy et qui seraient malades du COVID en plus, et ne pourraient rester à domicile confinés du fait de leur patho psy. Nous avons embauchés 3 généralistes remplaçants dont un urgentiste  pour assurer leur suivi sur les deux unités, échelon 13 !! Les soignants sont tous des volontaires venants de toutes unités pour y travailler.  Cette unité accueille ses premiers patients cas suspects demain. Cette deuxième unité s’est créée en sortant les 32 patients réhab/long cours qui y étaient, ils ont été pour partie entassés sur la deuxième unité long cours qui est passée de 18/19 à 32, avec des chambres à 5, on va revoir ça car ce n’est pas acceptable, mais la quadrature du cercle est devant nous tous les jours. 5  patients de cette unité ont été orientés vers les unités d’admission classiques, 4 d’entre eux sur l’unité 15/25 ans.
Globalement pour les ASE, la consigne est d’être le plus possible confinés et sans contact patients, elles et ils travaillent donc à domicile par téléphone, avec 1 à 2 j sur leur unité pour saisie des obs et ou cs qui ne peuvent se faire autrement. Les AMA sont aussi beaucoup moins au contact des patients et autres membres du personnel.
Pour les 15/25 ans, dont je m’occupe actuellement (très peu, mais avec un jeune collègue qui assure un mi-temps en suppléance de la PCME) mais les équipes restent investies : (1 hj 15 places qui en accueille habituellement 35, une unité d’hospit long court de 14 places et 5 hj). Les 2HJ 15/25  ont été fermés, les jeunes sont au domicile pour la majeure partie, une a été admise après qq jours sur l’unité d’hospit, l’équipe assure un suivi téléphonique  depuis l’unité d’hospitalisation où ils travaillent maintenant (2 éduc, 1 inf et 1 AS pour celui de 15 places). Pour l’unité d’hospit, certains patients sont rentrés au domicile chez les parents pour le confinement, pour libérer des places pour l’accueil des patients long cours de l’autre unité (on accueille un de 56 ans, 1 de 42....) d’où des tensions... Je pense que ça ne va pas tenir sur les semaines de confinement annoncés et je ne sais pas comment on va faire pour limiter les dégâts.
Pour nos unités d’hospitalisation, les unités qui accueillent des patients sous contrainte restent pleines, les unités ouvertes pour SL ont de la marge pour l’instant, le confinement a entraîné une diminution des demandes, ce qui a permis de vider l’unité de 25 lits, mais on remonte doucement en pression. Je n’ai pas pu y passer depuis un moment, je n’ai pas trop d’info sur ce que vivent les patients hospitalisés avec la suppression des visites, des sorties en ville et permissions...
Globalement côté somatique, un gros souci pour le matériel de protection disponible. malgré un travail intense des équipes de pharmacie depuis un mois et demi, services économiques, secrétaires du DIM (notre chance est que notre médecin DIM est médecin de santé publique épidémiologiste, elle a consacré ses jours et nuits, we compris, à travailler les protocoles avec l’aide de qq médecins fortement impliqués), pour faire des commandes et chercher des fournisseurs qui ont du matériel, chercher des dons, nous n’avons que très peu de matériel, on en est aux combinaisons de peintre en bâtiment, masques de chantiers, masques en tissu avec des couturières bénévoles qui en font pour ceux qui ne sont pas en direct près des patients... Nous n’avons que qq centaines de masques chirurgicaux, ce qui ne fait pas une journée si on doit équiper les professionnels... Un peu plus de FFP2 car nous en avons récupérer des périmés qui peuvent encore être utilisés, et 3/4 jours de vêtements de protection classique, et pas de bricolage.
J’ai lancé une opération com sur le manque de matériel criant, demain photo des psy volontaires, habillés de sacs poubelle, gants de ski, masques de plongée et autres joyeusetés, pour dénoncer la façon dont nous sommes les grands oubliés, comme si être soignant  ou patient psy protégeait du virus (ou pire, c’est pas grave s’ils en meurent ??). On diffuse pour partie continuer la recherche de dons, pour partie protester. on vous fera passer les photos... je ne suis plus multibras comme au congrès (cf. photo de Bernard) !!
Sinon, on participe à la création d’une cellule d’écoute et de soutien pour la population générale et les soignants, en association entre notre unité de psychotrauma et Perrens, avec les psycho qui y consacrent une partie de leur activité et les psycho libéraux et bénévoles. Elle est opérationnelle cette fin de semaine, montée en qq jours.
Côté ambiance, une directrice qui reste clivante, donc elle ne veut pas de représentants du personnel à la cellule de crise, elle ne veut pas diffuser les CR, ce qui entraîne une crise de confiance...
Comment cela se passe chez vous ? Vous organisez un partage d’expérience qq part ?
J’espère que ce n’est pas trop dur, pour moi, je ne suis quasiment plus à faire de la psy, mais de la cellule de crise, de l’organisation... bon, un avantage, ça permet de rencontrer des collègues somaticiens qu’on ne voit pas habituellement !! je tente de me recentrer mais suis happée régulièrement par ce coronavirus !!
Amicalement

Anne
Le 2 avr. 2020

Bonjour cher(e)s collègues
Ce mail pour partager une grande colère !!
Nous venons de recevoir ce matin 2 avril un mail de l’ARS, nous donnant les consignes pour l’organisation des CMP, des soins...
On a fait quoi depuis un mois ?? On a enfilé des perles ?? Ils sont totalement inexistants depuis le début de la crise, nous avons reçu nos premiers masques seulement vendredi dernier,  et là, ils nous pondent des consignes et recommandations ?? Heureusement pour les patients et les équipes que nous ne les avons pas attendus pour réfléchir, réorganiser, protéger !!! 
J’espère que le « Ça va mieux en le disant » va être opérationnel pour moi, parce que je suis vraiment très en colère de leur attitude.
Cordialement

Dr Anne Moreau

CH Cadillac
Bonjour
Voici qq éléments que je peux te donner à ce jour.
En ce qui concerne la situation charentaise le chcc s’organise du mieux qu’il peut dans le respect des consignes... L’accueil ainsi à été centralisé avec un dépistage somatique en premier.
Une unité d’hospitalisation a été prévue pour les patients contaminés.  Un pump a été mis en place et on est en train d’organiser des permanences téléphoniques de psychiatres en plus des infirmiers et psychologues.
Idem pour le suivi des patients en CMP afin d’éviter les rehospitalisations.
On a des masques et de la solution hydro alcoolique. Voilà les derniers éléments dont je dispose ! Je suis prête à t’aider si je le peux. 
Bon courage 
Très confraternellement 

Marie-José

------- Courriel original --------
Objet: Re: Fwd: Re: Aide orientation Etudiants en confinement
Date: 2020-04-07 10:13

Bonjour Monsieur,
L’équipe de l’Espace Santé Étudiants de Bordeaux et la consultation délocalisée du pôle 347, en association avec le CROUS Aquitaine ont organisé une réponse graduée de soins psychiques pour les étudiants. L’Espace Santé Etudiants assure une permanence téléphonique où les étudiants peuvent avoir une consultation de première ligne avec des IDE et Médecins Généralistes dite Accueil Ecoute. Les psychiatres et IDE du centre hospitalier charles perrens donnent des avis aux professionnels pour les cas complexes. Si des soins psychiques plus intensifs ou nécessitant un avis psychiatrique sont nécessaires, nous assurons le relais par téléconsultation IDE et psychiatre, pluri hebdomadaire si besoin. Pour les cas d’étudiants isolés, si la situation clinique le nécessite, nous assurons des Visites à Domicile dans les logements CROUS. Nous avons ouvert une boîte mail pour les étudiants du campus de Bordeaux Métropole, les directeurs de résidence, assistantes sociales ou médecins généraliste. Ils peuvent nous contacter directement pour initier un suivi si besoin. Nous travaillons en réseau avec les différents points d’accès aux soins (pass’mirail, la maison des ados 33, les services de la filières urgences...).
Pour nous joindre :
Espace Santé Etudiants: 05 33 51 42 00 Equipe du pôle 347:  [email protected] Vous pouvez donner mes coordonnées sans souci à cette association et communiquer ces informations. C’est avec plaisir que je répondrai à leurs questions et les orienterai dans ce réseau.
Bien à vous

Dr Marion LENOIR-ROY

OCCITANIE
Bonjour
Merci de prendre de mes nouvelles, alors que cela fait un moment que j’ai abandonné tout espoir de voir un bout de lumière à la fin du tunnel hospitalier. D’ailleurs, j’avais proposé ma démission à la direction depuis octobre dernier, mais, ayant 154 jours de RTT, il paraissait plus raisonnable de passer à temps partiel pour les liquider et je devais passer par le tour d’avril prochain pour m’installer en ville et me libérer de l’hôpital !!
Concernant Béziers, le délire administratif a atteint des sommets, soutenu en cela par des médecins à la solde de «  patrons  » de l’hôpital avec l’âme fonctionnaire bien trempé.
Dès l’annonce du confinement, c’est la cadre supérieure du pôle qui prend les décisions (il est vrai qu’elle avait reçu 20 heures de psychiatrie pendant sa formation IDE, ce qui la rend amplement qualifiée pour «  trancher  » en matière de soins psychiques).
Le chef de pôle est enfermé dans son bureau à valider ce qui se décide entre notre chère cadre sup et un directeur de psychiatrie, fraîchement  nommé après une carrière de sage-femme...
Lors de l’annonce du confinement, il y a dix jours, j’ai proposé à la cadre sup et à mes collègues, d’emblée, d’isoler deux unités, qui peuvent être totalement hermétiques, et de consacrer une de ces unités aux entrants lambda, où les patients seront confinés pendant 14 jours, avec repas en chambre et à la fin, soit de leur isolement, soit de leur hospitalisation, ils peuvent retourner à domicile ou intégrer les autres unités ouvertes. L’autre unité sera aménagée et cloisonnée pour la patients positifs avec couverture somatique adaptée.
Il se trouve que ces deux unités sont celles dont s’occupe le chef de pôle… Cette proposition a été rejetée, car, d’après la cadre, « il y a un comité (autoproclamé) qui réfléchit à la stratégie face au COVID 19 » et dont je ne fais pas partie, je ne suis donc pas habilité à réfléchir… En outre, cette solution serait «  très compliquée  » à mettre en œuvre car « il faudrait déplacer des patients… » et surtout que « les patients ne peuvent pas manger seuls dans leurs chambres, car il faut un soignant présent au repas !!! ».
J’ai donc proposé que chaque patient arrivant soit « isolé » pendant 14 jours dans sa chambre, dans son secteur, dans des chambres éloignées et adaptées, le temps de voir plus claire...
Même réponse et surtout « impossible de laisser les gens manger en chambre... ». Bref. Il y a deux jours, j’apprends, par pur hasard, que cet auguste comité de réflexion s’était réuni et avait décidé le suivant : le service des Airelles, au 2e étage sera fléché  COVID 19.
Il s’agit d’un étage complet du centre Camille Claudel comportant deux ailes, avec un réfectoire commun et sans aucune séparation. Une seule aile de cet étage sera COVID 19, avec des patients psy + COVID 19 +, mais qui seront bien gentils, car ils ne devront pas quitter leurs chambres, de leur plein gré, et ils prendront bien leur repas en chambre, mais il n’y aura aucune séparation, ni sas physique ou même une porte  !!
Donc 16 lits covid + à gauche et 16 lits avec de patients psy lambda qui sont covid 19- à droite !! Bien entendu, dixit le fameux comité, il n’y aura que de patients COVID + « légers » dans cette unité. Comme si un malade « léger » n’est pas contagieux !! Cela signifie, en gros, que les patients positifs peuvent contaminer les 16 négatifs de la même aile…
Le service n’allant pas être fermé « car on ne peut pas fermer un service ouvert, ce n’est pas légal… » dixit le comité de réflexion, on va avoir un véritable « cluster » à Camille Claudel…
Le mieux, c’est que le service les Airelles est celui où j’exerce ! Nous sommes deux praticiens, le chef de service, 66 ans, a appris que son service a été « réquisitionné » par moi-même !! Aucun de nous n’a été, ni consulté, ni informé…
Sachant qu’il nous manque un mi-temps depuis deux ans et un plein temps depuis 6 mois, d’ailleurs, depuis fin octobre, je n’ai pas pu prendre de congé… En fait, les membres de ce comité ont choisi un service où aucun d’eux n’exerce...
J’ai bien entendu contesté cette décision irresponsable à mon avis, mais j’ai eu une réponse autoritaire, toute Macronienne, comme quoi «  C’est décidé et ce n’est pas négociable… ». On se croirait à la Légion étrangère…
Le lendemain, j’arrive dans le service, et je constate que mes patients ont été mutés, d’office, toujours sans avertir personne…
J’ai donc pris la décision de ne plus mettre le pied dans ce service, ayant 61 ans, et cumulant, pratiquement, tous les facteurs de risque… J’ai adressé à la médecine du travail un certificat émanant de mon cardiologue, déconseillant mon affectation dans un service COVID +.
Le chef de service, lui, craque et il a peur, car lui aussi, il est fragile… nous avons élaboré, tous les deux, un courrier exprimant notre désaccord et demandant d’installer une visioconférence où on pourra exercer et intervenir auprès de nos patients et des équipes, à partir du CMP, où nous gérons, tous les deux, un fil actif de plusieurs centaines de patients du secteur, par des appels téléphoniques et avec les IDEL de ville… Voilà, vous avez voulu avoir des nouvelles de Béziers…
Amicalement

Sulaiman

Bonjour,
Concernant le département de la Lozère, qui compte 72 000 habitants, La Psychiatrie s’organise. Une cellule de crise se réunit bi-quotidiennement.  Des notes d’information sont régulièrement publiées en intranet à l’ensemble des agents, et des soignants. Les recommandations ministérielles sont appliquées dès leur parution. Les centre de jours sont fermés, les CMP restent opérationnels.
Les équipes gardent un contact téléphonique régulier avec les patients dont le profil est particulièrement fragile. Des VAD sont également programmées pour certains d’entre eux. Nous essayons autant que possible de recevoir directement en consultation ambulatoire les patients dont l’état psychologique est préoccupant, après un avis somatique, pour désengorger les urgences.
Nous manquons de masques FFP2, nous utilisons des masques chirurgicaux, surblouses et gants. Nous avons du gel HA en quantité limitée.
Nous ne déplorons pas pour l’instant de cas positifs au Covid-19 ni dans l’équipe ni permis les patients.
Nous restons très vigilants.
Nous avons dédié une aile d’une unité d’admission, 10 lits, au Covid-19 à St-Alban.
Nous anticipons au cas où l’épidémie se renforçait sur l’ouverture d’un plus grand nombre de lits. Les admissions sont limitées aux stricts cas préoccupants.
Les consultations médicales au CMP se font téléphoniquement et pour certains en télémédecine dans la mesure du possible. les gardes sont assurées ainsi que les astreintes opérationnelles sur les deux sites de Mende et de St Alban. Le lien avec les EHPAD et les centre médico-sociaux sont maintenu afin de régler les événements spécifiques au cas par cas et en temps réel.
Les équipes ne semblent pas présenter de signes d’épuisement, elles se soutiennent entre elle et sont solidaires entre elles. J’espère que ce constat perdure malgré une éventuelle ou probable montée en charge pressentie.
J’espère que tu vas bien.
Avec tout notre soutien Amitiés

Raphaël

Bonjour Marc
Je vais bien, merci. J’espère que toi aussi. Tu veux un retour sur le psychiatrie en général à Montauban ou tu veux connaître la situation dans le contexte du confinement actuel ? En tout cas ; je réponds de façon générale avec un point sur la situation actuelle.
A Montauban (le Tarn et Garonne), nous avons 3 secteurs de psychiatrie adulte et un secteur de psychiatrie infanto-juvénile. Depuis le départ du Dr Paquis, qui était chef de Pôle, le management et l’organisation se sont détériorées de façon importante. Les projets du nouveau chef de Pôle sont anarchiques, « personnels » sans aucune concertation avec les autres psychiatres, consommateurs de personnel et d’énergie mais sans intérêt pour le Pôle. Les directives sont puériles et bizarres assez souvent.
Au niveau de la situation actuelle, pour s’adapter à l’urgence du COVID 19, les 2 unités du Secteur 1 dont le chef de Pôle, le Dr Chantal Martinez, est responsable sont transformées en 2 unités spéciales COVID 19. L’unité « Foville Fermé » du Secteur 1 est vidée de ses patients en soins sans consentement et elle est transformée en unité « d’urgence psychiatrique » car l’unité d’hospitalisation de courte durée (UHCD) ou récemment appelée l’unité de soins médico psychiatriques aiguës (USMPA) est réquisitionnée par les urgences somatiques. L’unité « Foville ouvert » du Secteur 1 est libérée des patients hospitalisés pour devenir une unité vide en attente d’admission de «  patients psychiatriques COVID 19 +  ».
Voilà, j’espère avoir résumé un peu la situation. Si tu as besoin d’autres précisions, je suis à la disposition.
Merci pour le soutien
Amicalement

Mustapha
Secteur 3
CH de Montauban

PAYS DE LA LOIRE
Bonsoir à tous.
Les Pays de la Loire sont relativement épargnés par l’épidémie et le département de la Loire Atlantique s’est mobilisé très tôt. Sur le CH Georges Daumezon nous avons déclenché notre plan risque épidémique dès le 9 mars et créé une unité covid très tôt dotée de 10 lits. toutes les entrées symptomatiques passent 14 j en confinement avec une équipe dédiée et qui applique des règles de sécurité strictes.
Nous avons obtenu des tests et attendons les résultats pour déterminer la sortie des patients.
L’ARS a créé un groupe cellule de crise départemental pour la psychiatrie afin d’harmoniser les organisations avec un lien direct avec chacune des cellules des établissements psy. Nous avons comme dans les autres régions revu la gestion des soins en intra et en ambulatoire et mis des équipes en réserve en télétravail et teleconsultation. Nous avons refusé pour l’instant de transformer des lits de psychiatrie en lits de somatique. Nous réfléchissons à la création d’une unité covid en soins somatiques dédiée à des patients Psychiatriques afin qu’ils ne soient pas victime d’une perte de chance. J’adresse tous mes vœux de rétablissement à ceux qui sont touchés par cette épreuve. vb

Vincent

Bonjour Marc
Je vais bien merci, j’espère que toi et tes proches allez bien également.
Que veux-tu comme info ?
Pour le CH Daumezon, depuis le 13 mars, une cellule de crise se réunit tous les jours avec création d’un WhatsApp.
Réduction de l’activité ambulatoire avec fermeture des HDJ CATTP des groupes, mise en place de consultations par téléphone et d'une cellule de soutien pour les familles les professionnels confrontés à la maladie.
Organisation minimale de l’ambulatoire pour constituer une réserve sanitaire pour l’intra pas de visite, pas de permission pour les patients, contrôle de la température pour tous les professionnels tous les jours à la prise de fonction sur le site hospitalier. Les professinnels sont maintenus sur un seul site d’exercice comme les assistants partagés avec le CHU.
Pour les nouveaux patients entrants prise de température et ouverture d’une petite unité covid 19 en cours avec des soignants volontaires.
Il y a du gel, des masques à utiliser avec modération. Pour les professionnels possibilité de se restaurer sur place self ou panier froid, de se faire livrer les courses et d’avoir de l’essence gratuitement depuis ce matin. Éviction des professionnels à risque avec mise en place de teletravail. N° vert SPS 0805232336 24 pour les soignants en détresse.
J’ai certainement oublié des choses mais souligner le soutien présence et réactivité de notre direction solidarité et mobilisation des soignants.
Prends soin de toi et de tes proches/

Kahina

RÉGION SUD
Bonjour
En ce qui concerne Ajaccio, les psychologues sur sites de zones réa Covid interviennent directement dans les services.
Le DR CATTINO, président de CME et psychiatre coordonnateur CUM 2A m’indique « beaucoup de messages contradictoires sur les besoins des personnels : eux ont besoin sur le terrain ; beaucoup de problèmes de coordination venant d’en haut...». Fermetures de certains CMP et adaptation au jour pour les équipes psychiatriques ; il semble que les éléments contradictoires provoquent des difficultés de coordination entre psychiatres.
Difficultés inhérentes également au fait que les services de psychiatrie se trouvent sur zones délocalisées sur CASTELUCCIO et le centre d’hospitalisation est sur un autre site.
Difficultés inhérentes au fait que les services sont touchées par un grand nombre de patients COVID sévères avec nombreuses familles implantées.
En ce qui concerne BASTIA.
Face à la crise sanitaire exceptionnelle que connait le territoire, le plan blanc a été déclenché le 12 mars avec trois mesures clefs : 
- Renforcement de la filière COVID spécifique (ambulatoire, hospitalisation, réanimation).
- Déprogrammation de certaines activités non urgentes.
- Mobilisation des professionnels.
En ce qui concerne la psychiatrie  difficultés également ; désorganisation des équipes psychiatriques avec difficultés à la coordination. Les deux secteurs de psychiatrie avaient 40 lits ; transformation d’un secteur en service COVID avec indication de mettre un service sur la clinique de FURIANI qui a mis à disposition 12 lits pour accueillir les « patients les plus stabilisés », le deuxième service intra hospitalier accueillera les urgences psychiatriques (20 lits) ; déménagement et constitution d’une équipe sur FURIANI à compter du lundi 30 mars. Adaptation au jour le jour par l’ARS qui peut donner des indications ne tenant pas véritablement compte de la réalité du terrain et sans tenir compte de l’avis de l’ensemble des psychiatres.
Peu de lits initialement sur hôpital accueillant toutes les urgences du territoire avec apparition de décompensations psychiatriques en lien direct aux situations anxiogènes et de confinement, ce qui risque d’augmenter les décompensations psychiatriques habituelles avec restriction de lits sur hôpital.
Mise en place sur l’hôpital de binômes de psychologues par redéploiement à l’initiative du chef de pôle « permanence de soutien psychologique » CUMP activée dans le cadre du plan blanc avec cellule d’écoute et de soutien psychologique par téléphone à destination du personnel et des familles et du public (diffusion élargie), coordination avec psychologues sur sites de l’hôpital de BASTIA. Réunion de coordination hier CUMP avec projet de mettre en place PUMP avec une nouvelle ligne téléphonique ; Par ailleurs CIVIC bloqué. Particularités : sur BASTIA peu de cas COVID (formes sévères).
En ce qui concerne les deux hôpitaux : difficultés à obtenir des masques FFP2 et de solutions hydroalcoolisés pour travailler en toute sécurité ; très grandes difficultés pour les infirmiers psychiatriques de secteur qui se rendent toujours au domicile pour soutenir les patients.
La psychiatrie apparaît toujours le parent pauvre de l’hôpital ; on fait appel à la psychiatrie en désorganisant les services, toujours en attente de la vague sur BASTIA.
Cela reflète un éclairage actuel de la situation de la Corse.

Jocelyne

Bonsoir,
Je ferai tout d’abord un point sur notre situation ici au CHU.
Équipés en masques et protection certes lente mais correcte.
Pas de covid parmi nos patients hospitalisés à ce jour.
Si patient suspect covid + mis en service isolé (l’hôpital de semaine « suicidologie » ayant été fermée) tant que nous n’avons pas deux tests PCR négatifs : si – retour unité.
Si + soit IHU pour début de trt (Pr Raoult) soit passage dans une unité de suite covid en fonction de clinique avec adjonction de 2 IDE «  psy » par patient pour pouvoir s’en occuper sur plan psy et éviter toute déambulation dans soins MCO.
CATTP HOP DE JOUR fermés et nbses consultations téléphoniques IDE et docteur.
CMP rapatriés sur le site de l’hop général, on est donc tous ensemble : travail de téléconsultation +++++++, entretien tel et NAP que certains IDE libéraux ont proposé de faire eux chez le patient et quand pas de libéraux > viennent en lieu dédié au cmp devenu intra hospitalier depuis confinement.
Difficultés au télétravail car accès logiciel spécifique psy que les services techniques n’arrivent pas à mettre en marche sur le domicile.
Urgences psy très très calmes en termes de fréquentation. Psy de liaison très calme aussi.
UHSA a pensé dédier unité covid dans leur mur si nécessaire et que pas besoin d’oxygène…
J’essaie de faire le tour des collègues de région syndiqués et si j’ai des info je vous fais passer.
Les équipes IDE semblent bien supporter le choc, les collègues aussi, bcp sont de réserve, sur le pont le chef de service et 1 ph pour les 2 unités temps plein, les psycho en réserve Masi astreinte CUMP et endeuillés et ligne spéciale soignants, travailleurs sociaux en réserve, secrétariat : effectif/2.
En clair pour ici, nous sommes armés et pas encore du tout dépassés.

Jean-Marc (APHM)

Merci Marc,
Oui ça va merci, un peu dur évidemment.
En ce qui concerne Toulon :
- Sur le plan des masques nous avons été plutôt bien traité, nous avons été mis sur le même plan que les services de soins somatiques (nous sommes dans un hôpital général). Nous avons des masques depuis 10 jours environ et en quantité suffisante (deux masques chirurgicaux  par jour) depuis une semaine.
Tout le monde est en tenue hospitalière.
- En ce qui concerne les services d’hospitalisations, les sorties possibles ont été faites pour pouvoir accueillir du monde et aussi pour que les patients soient un par chambre (il y a quelques chambres doubles).
- Les HDJ et CATTP ont été fermés.
A Toulon les 3 CMP et les structures extrahospitalières sont dans un immeuble Haussmannien du centre ville.
Le maximum de consultations ont été annulées et remplacés par de consultations téléphoniques.
On a organisé l’accueil : à l’entrée on prends la température des patients, on leur fait se laver les mains 30 sec et il n’y a pas plus de 3 patients par CMP à la fois (les pièces sont petites) ; et on leur donne des papiers pour circuler.
On maintient les NAP, les piluliers, certaines consultations. Il y a des VAD au cas par cas. Les patients des HDJ et CATTP sont appelés tous les jours.
L’ensemble de la file active des CMP doit être appelée en principe.
On s’est mis en contact avec les services de tutelle et les IDE libéraux pour s’assurer qu’il n’y ait pas de rupture de prise en charge. Pour l’instant ça va, l’enjeu bien  sûr est d’éviter les ruptures de soins et d’éviter que les patients se rendent aux urgences. L’équipe EMPP poursuit son travail essentiellement par téléphone avec les différentes structures et peuvent voir les patients au cas par cas. Il y a une autre équipe qui fait les maraudes (EMPS).
- Les urgences : ne sont plus hospitalisés que les cas graves à très graves.
Les patients qui viennent aux urgences, qui ne sont pas hospitalisés et doivent être suivis, peuvent bénéficier, sur indication médicale, d’un suivi téléphonique réalisé par un psychiatre et  des IDE. Cela concerne les patients qui ne sont pas suivi par un secteur ou par un psychiatre libéral. Pour l’instant il y a moins de passage aux urgences que d’habitude.
- Les patients psychiatriques qui auront le Covid seront hospitalisés dans un service dédié, sauf s’il y en a trop, on fera alors une unité dédiée en psychiatrie.
- La CUMP : la CUMP associé au plan blanc a été activée pour le soutien aux soignants. A chaque service exposé est associé plusieurs psychologues pour les soignants, et un psychiatre pour les médecins.
- Hôpital Pierrefeu, qui est le CHS du VAR.
Moins bien loti, ce que j’en sais c’est qu’en début de semaine ils n’avaient pas de masque.
Voila je crois que j’ai fait le tour.
Pour l’instant ici c’est très calme en psychiatrie, pour le Covid la vague commence à arriver et évidemment c’est très anxiogène.
Amicalement

Véronique

Bonjour à tous,
Je peux vous faire un retour de mon établissement (distribution des masque cet aprèm prévue !!!)
- Pour l’APHM J-Marc peut le faire, tu peux me mettre en copie stp ;-)
- J’ai eu Alain A. pour le CH Edouard Toulouse hier soir : comme nous, unité covid en cours prête lundi sûrement, pas de masques pour les agents hormis ceux aux urgences  mais cela va sûrement évoluer !!
- Pour Aix j’ai eu Blandine, il on libéré unité d’addicto avec  IDE plus habitués aux soins  somatique et présence de M Généraliste pour l’unité covid, et dispensation de masque a tout le personnel depuis 1 sem au moins.
- Pour Toulon je peux demander à Véronique.

Maxence

RENFORCEMENT DES MESURES BARRIÈRES :
Affiches dans les UF rappelant les gestes barrières.
Agents fragiles  : voir médecine travail  (et déclaration CNAMTS  ?).
Agents en contact avec personne infecté  : demander avis hiérarchique et médical.
Agents doivent se prendre température tous les matins  !
Déprogrammer les réunions institutionnelles (hors réunions crise ou organisationnelle). Mise en place de roulement, statut des personnes qui restent à domicile en réserve = en poste à domicile en service commandé. Statut des personnes qui restent à domicile car télétravail impossible ou absence solution de garde pour enfant de moins de 16 ans = autorisation spéciale d’absence.

CH VALVERT
- Régulation pour la filtration supplémentaire (outre le concierge) par des soignants à l’entrée de l’hôpital.
- Favoriser télétravail et possibilité d’accès en lecture seule à son agenda depuis son smartphone.
- Effectif minium à réfléchir pour chaque structure.
- Possibilité uniquement pour les médecins depuis un ordi personnel de réaliser de la visioconsulation via d’outil Médicam.
- Cotation pour l’ambulatoire  : création d’un acte téléconsultation pour remplacer l’acte entretien.
- Tracer les actes psy réalisé pour les patients qui n’ont pas de dossier patient déjà crée (réflexion en cours et probable accord pour créer un dossier même sans voir le patient malgré problème d’identito-vigilance).
- Le médecin d’astreinte de semaine aurait accès au dossier patient depuis domicile pour limiter déplacement inutile.
- Création d‘une ligne d‘astreinte de pédopsychiatre disponible si le médecin d’astreinte de semaine à besoin de conseil pédopsychiatre en cas d’hospitalisation de mineur (moins de 12 ans per ex), numéro unique de régulation pour les soins et les urgences pedopsy de valvert.
- Lister les patients à risque de forme grave.
- Possibilité de demander via IDE hygiéniste, un spray de désinfectant pour éviter sur-consommation des lingettes désinfectantes à usage unique.
- Création base documentaire du l’intranet de l’hôpital à propos du coronavirus, info ministériel, info pour les enfants, mais aussi des sources biblio sur effet psychique du confinement et pour les équipe de soins situé en 1ère ligne.
- Proposition bénévolat pour renforcer permanence téléphonique de la CUMP de l’APHM.
- Proposition de soutien psy aux équipe somatique des hôpitaux généraux de la région (Allauch, Ciotat et Aubagne).

CATTP et SOCIO-CAFETERIA  : FERMETURE
HDJ  / CATTP : FERMETURE => Contacts téléphoniques et très rares VAD pour livraison repas  en cas d’hospitalisation à domicile.

CMP :
- Maintien d’un accueil téléphonique et report (au cas par cas) les prises en charge non urgentes et favoriser les consultations téléphoniques.
- Liste et définition de niveaux de fréquence de rappel téléphonique des patients.
- Lien avec les institutions où résident les patients pour CAT, + maison gouverné et appartement thérapeutique.
- Pas d’adressage au médecin traitant pour les RO pour ne pas emboliser la médecine générale + éviter cas contacts éventuels aux patients.
- Réflexion sur les NAP (soit VAD  ? Soit regroupement au CMP la même demie journée  ?).
- Lister des coordonnées téléphoniques des Ide libéraux et fax pharmacie de secteur.
- Probable réorientions sur les secteurs, des patients ayant sollicité la CUMP (deuil...).

URGENCES  :
- Importance à maintenir les avis psy car mesure barrière à la sur-hospitalisation en temps plein.
- Nombreuses admissions sur passage à l’acte hétéro-agressif de patient schizo ou autiste vivant en famille, ayant semble-t-il des difficultés à supporter le confinement.
- Grande difficultés d’admission en clinique privés et post-cure addictio.

HTP :
- Entraîde pour les certificats inter UF.
- Limiter propagation virus
* Port de la tenue pour les paramédical et médical ?
* Formation à venir pour des rappels sur l’habillage et déshabillage et DASRI  : le port de la surblouse, lunettes de protection à désinfecter.
* Dépistage quotidiens des signes fonctionnels (toux + température + courbature + céphalée + anosmie + rhinite + diarrhée) du personnel et des patients et pour chaque admission.
* Si doute  : utiliser le kit d’urgence  ! (FFP2 pour le soignant + chirurgical pour le cas suspect) et appel médical ou 15.
* Pas de visite ni permission pendant 14j  !
* Ouverture pavillon 9h-18h, fermeture de clef des unités medico-administrative.
* Faire sortir un maximum de patient stable psychiquement et avec domicile avant le 1er cas de COVID19 sur le pavillon.
* Essayer respecter confinement y compris pour soignants donc grouper achat de tabac des patients, ou un pot à rouler pour le service  ? Et favoriser des substituts nicotiniques++
* Arrêt chambre double.
* Ménage régulier pavillon via ASH.
* Lister les patients à risque de forme grave.
* Réflexions sur les activités de plein air.
- Si cas suspect  : Alerter.

- Lors 1er patient infecté covid+
* Isolement respiratoire stérile et repas en chambre sur le pavillon COVID.
Une unité pavillonnaire de 22 lit et 2 cit a été vidé (patient ont été reparties) en attente de patient psychiatrique asymptomatique ayant besoin de soins psychiques sans dépendance oxygène, la formation du personnel pour habillage et déshabillage et mesure d’hygiène est en cours. Pas de MG sur le CH Valvert, donc appel au bénévolat d’un interne de médecine pour visite 3/sem.
* Identifier les co-exposés ou les personnes de contact et évaluer le risque d’exposition.

LES DÉPISTAGES :
Convention en cours avec le labo du CH d’Aubagne. Nécessité de valider avec le labo les signes cliniques à partir desquels ils acceptent le réaliser le dépistage mais aussi à connaître le lieu et la modalité de prélèvement (auto/hetero écouvillonnage + crachats). Les soignants seraient prioritaires et le patient symptomatique (toux et fièvre).

LES MASQUES
Mardi 24/03 : réception de 1750 masques chirurgicaux via ARS (stock d’état).
Aucun masque FFP2 !! Date prochaine livraison inconnue, mais probable livraison étagée.
Masques chirurgicaux 1/j par agent  : distribué depuis le 09/03/2020 gérontopsychiatrie.
Masque chirurgicaux dans tous les pavillons à compter du 27/03/2020.
NB : Aucun cas COVID19+ sur Valvert à cette heure (seulement 1 cas suspect de contage avec risque faible actuellement en CIT car maniaque).
NB : Urgences dentaires  : appeler les urgences nationales 0892566766 qui nous donne un cabinet dentaire ouvert à proximité.

Lien Opérationnel par téléphone ou par mail avec les mandataires judicaires du CH Valvert. Le guichet de mise à disposition d’argent  reste assuré pour les patients en cours d’hospitalisation ½ journée par semaine, Pour les majeurs protégés qui résident en dehors de l’hôpital, l’équipe effectuera des VAD sur des points de RDV ou à domicile sur tout le secteur afin d’éviter des déplacements pénalisant pour les majeurs. A chaque entrevue, les mandataires distribueront des attestations de déplacements pré-remplies aux majeurs et elles ne manquent pas de leur rappeler les limites auxquelles ils sont astreints.

EN CAS DE RÉQUISITION du CH VALVERT POUR DES SOINS SOMATIQUES
Désignation d’une unité intersectorielle destiné habituellement aux patients névrosés en HL pour des lits de médecine.

DIFFUSION DE L’ALBUM « PAS LE CORONAVIRUS ! »

Le coronavirus expliqué par ton pédopsychiatre
Chers confrères, Madame, Monsieur,
Nous vous demandons de prêter attention à l’album que nous vous adressons à destination des enfants soignés en pédopsychiatrie ou pédiatrie, dans les centres médico-psychologiques (CMP, CMPP, CAMSP…), hôpitaux, de jour ou à temps plein, par tous les professionnels y exerçant.
L’album « Pas le coronavirus ! » a été conçu pour être lu sur smartphone, tablette ou ordinateur par les parents à leur enfant afin de l’aider à comprendre, le soutenir face à cette épidémie et aux conséquences qui en découlent pour lui.
Nous vous remercions de le mettre sur votre site et/ou d’en faire gracieusement la diffusion, le plus largement possible, aux professionnels médicaux, paramédicaux, sociaux, éducatifs et psychologues. Cet effort sera une aide précieuse à nos consultants.
Je vous prie de recevoir mes sincères salutations

Pr Gisèle APTER MD, PhD, Groupe Hospitalier du Havre,
Université de Rouen Normandie
Présidente SIP

 

À CONSULTER

GRILLE RESTE
Repérage, Evaluation et Soutien Téléphonique
- Dr Onde et Dr Bryden  Pdf à consulter sur : https://bit.ly/2WviGuL

LE COVID POUR LES NULS
Donon - Centre hospitalier Cadillac

Plan
• COVID : épidémio / clinique / bio
• CAT devant suspicion de COVID
• Orientation en unité COVID
• Fonctionnement unités COVID
• Gestion unités COVID pendant les gardes
• Gardes : gestion admissions / prévenir l’entrée du COVID dans les services ?
• Adapter nos traitements psychiatriques chez patient COVID + ou suspect
• Soignants CMP
• Comment gérer le confinement ?
• Comment protéger ses patients à risque ?
• Comment protéger se protéger soi et ses proches ?
• Que faire si je présente une hyperthermie voire une toux ?
• Rassurer ses équipes
- Pdf complet à consulter sur : https://bit.ly/3b7k7VJ
SITE "COMME DES FOUS"
- À consulter sur : https://commedesfous.com/
AIDE À LA PRESCRIPTION
Médicaments utilisés en psychiatrie – Conduites à tenir en cas de patients
suspects et/ou confirmés COVID+ Hôpital Ch Perrens
- Pdf à consulter sur : https://bit.ly/2zUrkLE
CONTRAINTES EN PSYCHIATRIE ET COVID
Attention aux excès Stéphanie Renard, maître de conférences HDR en droit public, Université Bretagne Sud. Â Extraits de santementale.fr
- consulter sur : https://bit.ly/3bRerQN
BASE DOCUMENTAIRE DE L’AP-HP SUR LE COVID-19
- À consulter sur : http://covid-documentation.aphp.fr/
MISE AU POINT QUOTIDIENNE SUR LE COVID-19
- À consulter sur : https://urgences-serveur.fr/mise-au-point-quotidienne-sur-le-covid-19.html

Article paru dans la revue “Le Syndical des Psychiatres des Hôpitaux” / SPH n°18

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Publié le 1653930102000