Cette revue fait suite pour beaucoup d’entre nous au congrès de Strasbourg qui nous a permis d’enfin se retrouver et d’échanger entre professionnels après cette période très bizarre d’isolement due à

Publié le 1670326885000

Ce congrès a permis d’entendre et de découvrir de nombreux travaux montrant ainsi la vivacité des professionnels, ce congrès s’est terminé par une rétrospective de l’évolution de la santé au travail par les professeurs Frimat et Fantoni relatant les différentes inexions de la pratique mais scotomisant les raisons de ces inflexions que sont les évolutions de la gouvernance des services d’une part et l’adéquation imparfaite des formations des professionnels.
En effet concernant l’évolution de la gouvernance les premiers textes de 1946 parlaient de médecine du travail faite par des médecins qui prenaient le nom de médecins du travail sans un mot pour les fonctions support en les confiant implicitement aux représentants des employeurs puisqu’ils avaient le pouvoir financier. D’où la tentation de ces derniers d’axer l’activité des médecins plus sur les individus que sur la prévention primaire. De ce point de départ il a fallu que le gouvernement rappelle que cette mission de médecine du travail était une mission d’étude et d’amélioration du travail plus que de surveillance des travailleurs en rappelant la nécessité du tiers temps en 1976. Rappelant ainsi que les médecins sont des médecins du travail pour la prévention primaire et la protection des travailleurs et non des médecins des travailleurs soignant les effets du travail.
Le lobbying de la gouvernance des directeurs réagit petit à petit pour aboutir à une reconnaissance dans un premier temps des services de santé au travail comme entité et des directeurs en tant que tel et aboutir dans la dernière loi à remettre les pleins pouvoir de gestion aux directeurs, à installer d’autres préventeurs mais sans le statut d’indépendance nécessaire et à une restriction du champ d’action des médecins et un tiers temps pas toujours bien exercé faute de moyens.
Lobbying des directeurs qui s’insinue également au niveau des organisations confédérés d’employeurs pour y consolider leur légitimité et éteindre les critiques qui se font ça et là parmi les employeurs siégeant au niveau du Medef, de la CPE et de l’U2P.

À ce sujet là vous trouverez copie d’un récent courrier, très important, de l’ensemble des organisations patronales rappelant à Presanse les rôles et responsabilités de chacun entre les représentations des directeurs de service et les organisations représentatives légitimes des employeurs
Concernant la formation le problème fondamental c’est qu’elle est un peu hors sol, avec des enseignants ayant peu ou pas pratiqué ce qu’ils enseignent et n’ayant, de ce fait, pas la mesure des besoins et de leur importance réciproque. Avec également une pratique qui s’améliorerait en se déroulant plus dans le cadre de l’exercice réel au contact des problèmes tout comme les cardiologues apprennent leur métier dans les services de cardiologie pour ne prendre que cet exemple valable pour toutes les spécialités sauf celle de la médecine du travail. Sans parler des délais d’attente délirant de cinq ans pour qu’un médecin puisse se reconvertir en médecin du travail sans aucune autre raison que de protéger l’écurie universitaire. Vous trouverez dans cette revue le retour de nombreux points d’actualité qui touchent nos professions consacrées à la santé au travail.
- En particulier le dossier des délégations entre médecins, infirmiers et acteurs de l’équipe pluridisciplinaire, dossier tout à fait d’actualité avec la réaction d’un groupement d’infirmiers publié dans le monde et avec le problème de la formation en santé au travail des infirmiers qui n’est toujours pas faite ou si peu alors que c’est une obligation légale des services !
Vous verrez que ce que décrit le code du travail et ses interprétations par le conseil d’État est bien loin de la pratique dans les services où les directions s’arrogent le pouvoir, directement ou indirectement (par diverses créations de postes intermédiaires) d’organiser la répartition des prestations entre médecins, infirmiers et différents intervenants sans que cela émeuve les autorités !
Notre syndicat a exprimé de très grandes réserves sur la possibilité de déléguer les visites de pré reprise et de reprise, s’il y a bien un contexte où il faut avoir la connaissance des pathologies, de la séméiologie et de l’ergonomie c’est bien celui-là.
Sa position est claire :« Le syndicat Santé au travail CFE-CGC en accord avec la requête au Conseil d’État par le CNOM est CONTRE le principe de délégation aux infirmiers en santé au travail des visites de reprise et pré reprise. Cette délégation introduit un risque santé pour les salariés concernés et un risque juridique pour les infirmiers et les médecins du travail ».

Vous trouverez également dans ce dossier le témoignage de Kevin un infirmier qui exprime le vécu de sa mission avec passion.
- Vous trouverez également sous le chapitre statut salarié l’information sur les problèmes d’actualité qui touchent tous les salariés et donc également les salariés de la santé au travail au travers des différents communiqués de presse émis par la confédération CFE-CGC, sur le pouvoir d’achat, sur la participation au conseil de la refondation, sur le rôle des représentants du personnel et sur l’importance de la confiance et ses multiples retentissements comme l’avaient déjà évoqué Thomas Philippon dans le capitalisme d’héritiers ou Yan Algan dans son rapport sur le sujet.
- Enfin diverses informations sous le chapitre profession concernant les sujets proposés pour la formation professionnelle en santé au travail, concernant la télémédecine et enfin le choix de spécialité des internes. Dans ce cadre quelques éléments de réflexion au sujet d’une enquête réalisée par l’IGAS pour contrôler la réalité de fonctionnement des CPOM et la réalité d’implication des administrateurs salariés à la vie des services. Dans ce cadre également quelques retours d’article mettant en exergue l’importance des problèmes de santé mentale dans le milieu professionnel.
- Vous trouverez un point d’histoire de notre profession qui aurait pu changer la situation avec une proposition du Sénat de 2011 de gouvernance alternée des services de santé au travail par l’alternance de la présidence des services entre employeurs et salariés. Cela n’a pas abouti certes mais c’est intéressant de savoir que cela avait bien avancé et que cela peut être remis sur le tapis.
- Enfin un article sur la sécurité sociale qui démontre la solidité économique de cette institution par Nicolas Da Silva extrait de alternatives économiques.
- Un point sur l’article concernant la possibilité de la télémédecine en santé au travail et un article de santé et travail sur son application dans un service de santé au travail qui fonctionne quasi exclusivement avec. Article accompagné du droit de réponse du président du service.

Je vous en souhaite une bonne lecture et vous invite à exprimer vos réactions.

 

Dr Bernard SALENGRO
Expert confédéral santé au travail
Président d’honneur CFE-CGC santé au travail
Président de l’INRS

Article paru dans la revue « Syndical Général des Médecins et des Professionnels des Services de Santé au Travail » / CFE CGC n°68

L'accès à cet article est GRATUIT, mais il est restreint aux membres RESEAU PRO SANTE

Publié le 1670326885000