À l’hôpital, l’automne était pluvieux, l’hiver sera chaud !

Publié le 14 May 2022 à 05:50
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Le 20 novembre dernier, la Ministre des Solidarités et de la Santé et le Premier ministre dévoilaient le plan Hôpital du gouvernement


P.LE PORS LEMOINE*

Le constat de manque d’attractivité des postes de Praticien Hospitalier est patent et même reconnu par les directeurs : comment en serait-il autrement quand la continuité des soins – en particulier en périnatalité et aux urgences – impose le recours exponentiel à l’interim, y compris dans des conditions illégales de statut et/ou de rémunération finissant de décourager les équipes : les départs des gynécologues obstétriciens, anesthésistes pédiatres sont inquiétants, d’autant que nombre d’entre eux arrêtent définitivement la garde en maternité qu’elle soit publique ou libérale !

Ceci est grave et la France, contrairement aux autres pays européens, n’améliore pas ses résultats de périnatalité. Ceci a conduit le groupe périnatalité réuni à la DGOS à s’interroger sur une réelle volonté politique de se saisir du sujet : beaucoup de réunions, beaucoup de notes prises et semble-t-il transmises, sans aucune réponse ministérielle constructive.
Faute d’écoute des praticiens de terrain comme de leurs Intersyndicales, le Collectif Inter Hospitalier est né le feu prenant aux urgences à Paris, se propageant à toutes les disciplines, à tous les services dans la France entière : le succès de la manifestation du 14 novembre est la preuve de cette exaspération.

Le plan dévoilé le 20 novembre par la Ministre des Solidarités et de la Santé, et le Premier ministre ne représente en rien un choc d’attractivité :

  • La hausse de 0,3% de l’ONDAM (de 2,1 à 2,4%), après des années de disette, est totalement découplée des besoins de la population et l’asphyxie de l’hôpital se poursuit !
  • Les promesses de remédicalisassions du management sont floues voire mensongères, le discours du Premier ministre étant contredit dès le 21 novembre par l’annonce de la présidence des GHT par les seuls directeurs.
  • La fusion des 4 premiers échelons ne fait qu’acter la prise en compte plus que légitime des années de clinicat : aucune revalorisation réelle n’est proposée, après des années de blocage salarial plaçant les PH français en mauvaise position parmi les européens… et que dire de la permanence des soins si peu récompensée ?
  • Les primes ponctuelles ne sont qu’une tentative de diviser et n’apportent aucun espoir de stabiliser les équipes au lieu d’employer des flots d’intérimaires. Bien au contraire, ce dumping social fragilise l’ensemble des maternités !

En début, milieu ou fin de carrière, aucun interne, aucun chef de clinique, aucun Praticien Hospitalier n’est dupe !
Le SYNGOF au sein d’Avenir Praticien Hospitalier a soutenu activement le mouvement des internes en grève dès le 10 décembre et a appelé à poursuivre la mobilisation pour l’ouverture de négociations sur la réforme du management hospitalier, sur le statut de Praticien Hospitalier (menace grave sur la nomination nationale conduisant à des nominations locales à la main des directeurs) et sur la revalorisation des carrières et de la permanence des soins.

Article paru dans la revue “Syndicat National des Gynécologues Obstétriciens de France” / SYNGOF n°119

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Publié le 1652500219000